Les Bleus s’im­posent dans la dou­leur

Les Fran­çais ont eu toutes les peines du monde à battre les Al­ba­nais Deux buts de Griez­mann et Payet en toute fin de ren­contre ont per­mis à la France de s’im­po­ser hier soir à Mar­seille face à l’al­ba­nie. Mais Dieu que ce­la a été la­bo­rieux.

La Montagne (Brive) - - Euro 2016 - À Mar­seille, Di­dier Cros

Une vic­toire et la qua­li­fi­ca­tion mais Dieu que ce­la a été dur et pé­nible. En s’im­po­sant dans la dou­leur face à l’al­ba­nie hier soir à Mar­seille (1­0), la France a as­su­ré sa place en hui­tième de fi­nale de la com­pé­ti­tion grace à des buts si­gnés Griez­mann et Payet, au bout d’une ren­contre qu’elle a long­temp ba­fouillée.

Les Bleus ont as­su­ré l’es­sen­tiel face à une équipe al­ba­naise cou­ra­geuse, bien or­ga­ni­sée qui a ven­du chè­re­ment sa peau mais cette vic­toire laisse beau­coup d’in­ter­ro­ga­tions sur son po­tien­tiel.

Di­dier Des­champs avait brouillé les cartes lors de la mise en place. Hier, le sé­lec­tion­neur avait tran­ché en ti­tu­la­ri­sant Co­man et Mar­tial à la place de Griez­mann et Pog­ba. Un double chan­ge­ment qui après leur dé­ce­vante pres­ta­tion contre la Rou­ma­nie res­sem­blait à une sanc­tion pour le mi­lieu tu­ri­nois et à la vo­lon­té de ré­gé­né­rer l’at­ta­quant ma­dri­lène avant le match contre la Suisse.

Ce­la a per­mis à la France de pas­ser du 4­3­3 au 4­2­3­1, avec Payet en me­neur de jeu, l’or­ga­ni­sa­tion dans la­quelle elle s’était mon­trée net­te­ment plus en­tre­pre­nante en fin de match, ven­dre­di der­nier.

Une pre­mière mi­temps in­si­pide et sans re­lief

Mais ce chan­ge­ment de sys­tème n’a pas vrai­ment eu les ef­fets es­comp­tés. Le jeu de passes vers l’avant des Fran­çais n’a pas été as­sez pré­cis ni spon­ta­née pour dé­sta­bi­li­ser des Al­ba­nais qui dé­fen­daient très bas et très bien. À l’image de Mar­tial qui a ra­té tout ou presque ce qu’il en­tre­pre­nait de­vant et de Ma­tui­di qui ga­gnait trop peu de duels au mi­lieu, les Bleus ont ba­fouillé leur foot­ball en pre­mière pé­riode.

Ils ne se sont pas créé une seule oc­ca­sion digne de ce nom et ils n’ont in­quié­té le gar­dien Be­ri­scha que sur les coups de pied ar­rê­tés frap­pés par Payet par ailleurs trop peu in­fluent dans le jeu (quatre coups francs ex­cen­trés et un cor­ner). Der­rière sur les rares at­taques al­ba­naises, la dé­fense ne dé­ga­geait pas non plus une franche sé­ré­ni­té.

Bref, ce pre­mier acte sans re­lief où seul Kan­té avait sur­na­gé, a lais­sé un sen­ti­ment désa­gréable de dé­jà­vu et c’est sous des sif­flets d’un Vé­lo­drome dé­çu que les Bleus ont quit­té la pe­louse tête basse à la pause.

La sanc­tion de Des­champs est tom­bée dans le ves­tiaire avec le rem­pla­ce­ment de Mar­tial par Pob­ga et le re­tour au 4­3­3.

Rap­port de cause à ef­fet ? Peut être pas en­core mais la France se pro­cu­rée d’en­trée une belle oc­ca­sion par Co­man (46e) mais c’est Llo­ris qui était sau­vé par son mon­tant gauche peu après (52e).

Néan­moins à l’image de cette de­mi vo­lée et de cette frappe non ca­drées de Pog­ba (54e) et Co­man (56e ), il y avait plus de vie et d’ins­pi­ra­tion chez les Bleus qui ré­cu­pé­raient aus­si des bal­lons beau­coup plus haut mais qui ne par­ve­naient tou­jours pas à ca­drer leur ten­ta­tives comme cette tête de Gi­roud qui mou­rait sur la base ex­tè­rieur du mon­tant (69e). Le gar­dien al­ba­nais n’avait d’ailleurs pas eu un seul ar­rêt à ef­fec­tuer au cours de la ren­contre. Preuve que les Fran­çais ont aus­si long­telps man­qué de pré­ci­sion au mo­ment de conclure.

Les en­trées de Griez­mann puis de Gi­gnac, long­temps ré­cla­mé par le pu­blic n’al­laient pas ap­por­ter la so­lu­tion mi­racle jus­qu”à ce centre de Ra­mi re­pris vic­to­rieu­se­ment...par Griez­mann (90e). In­es­pé­ré et Payet dou­blait la mise dans le temps ad­di­tion­nel pour don­ner au score une am­pleur sans rap­port avec la phy­sio­no­mie de la ren­contre.

Di­manche à Lille (21 heures) face aux Hel­vètes te­nus en échec par les Rou­mains hier après­mi­di, la France n’ au­ra be­soin que d’un pour as­su­rer t la pre­mière place du groupe A. Mais elle de­vra faire beau­coup mieux. Car hier, trop de choses ont lais­sé à dé­si­rer. La France n’au­ra be­soin que d’un nul. ■

Hom­mage. En hom­mage aux deux po­li­ciers pa­ri­siens as­sas­si­nés lun­di soir, une mi­nute d’ap­plau­dis­se­ments a été ef­fec­tuée avant le coup d’en­voi par le pu­bl.

BU­TEUR. Di­mi­tri Payet a mar­qué son deuxième but de la com­pé­ti­tion, hier en fin de match au Vé­lo­drome.

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