Hoo­li­gans et di­plo­ma­tie

La Rus­sie ré­agit après l’arrestation de 43 de ses sup­por­ters

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

Mos­cou a condam­né, hier, l’arrestation de 43 de res­sor­tis­sants, et dé­non­cé des « sen­ti­ments an­ti­russes » qui peuvent pe­ser sur ses re­la­tions avec Pa­ris.

France­rus­sie est l’un des matches les plus ru­gueux de l’eu­ro, mais c’est sur le ter­rain di­plo­ma­tique qu’il se joue. « L’arrestation d’un au­to­bus avec plus de qua­rante sup­por­ters russes par la po­lice est un in­ci­dent ab­so­lu­ment inad­mis­sible », a ain­si fus­ti­gé le mi­nistre russe des Af­faires étran­gères, Ser­gueï La­vrov.

Il s’ex­pri­mait avant le deuxième match de son équipe, bat­tue par la Slo­va­quie (2­1), hier après­mi­di à Lille. Clas­sée à risques par crainte de vio­lences, cette ren­contre s’est ache­vée sans heurts dans le stade. Une bonne nou­velle pour la Rus­sie, pays hôte du Mon­dial2018, me­na­cée de dis­qua­li­fi­ca­tion par L’UEFA au moindre nou­vel in­ci­dent dans un stade im­pli­quant ses sup­por­ters.

« Ag­gra­ver l’at­mo­sphère des re­la­tions fran­co­russes » (La­vrov)

Mos­cou a éga­le­ment convo­qué l’am­bas­sa­deur de France en Rus­sie, JeanMau­rice Ri­pert. « L’at­tise­ ment des sen­ti­ments an­ti­russes (du­rant l’eu­ro) est sus­cep­tible d’ag­gra­ver consi­dé­ra­ble­ment l’at­mo­sphère des re­la­tions fran­co­russes », a me­na­cé le mi­nis­tère russe des Af­faires étran­gères après cette con­vo­ca­tion.

Les 43 sup­por­ters ont été ar­rê­tés mar­di à Man­de­lieu­la­na­poule, à 170 km de Mar­seille, où de graves vio­lences ont écla­té sa­me­di en marge d’an­gle­ter­reRus­sie. Ils s’ap­prê­taient à re­joindre Lille. Ils ont été mis en garde à vue et trans­fé­rés à Mar­seille dans l’en­quête sur les vio­lences de sa­me­di. Onze ont été re­mis en li­ber­té, les autres res­taient en garde à vue à Mar­seille pour un maxi­ mum de 48 heures.

Mos­cou as­sure que son consu­lat gé­né­ral à Mar­seille n’avait pas été pré­ve­nu de cette arrestation et qu’il en a pris connais­sance via les mes­sages des sup­por­ters sur les ré­seaux so­ciaux.

Sa­lut na­zi

Par­mi eux, Alexandre Ch­pry­guine, pré­sident de l’as­so­cia­tion des sup­por­ters russes et col­la­bo­ra­teur du dé­pu­té ul­tra­na­tio­na­liste Igor Le­be­dev. Ch­pry­guine a mul­ti­plié les tweets ra­geurs mar­di pour dé­non­cer une arrestation in­juste. Sa pré­sence par­mi les in­ter­pel­lés n’a ja­mais été con­fir­mée par les au­to­ri­tés fran­çaises. Cet homme, qui a dé­jà été vu en com­pa­gnie de Vla­di­mir Pou­tine, a été pho­to­gra­phié par le pas­sé en train de faire un sa­lut na­zi en com­pa­gnie d’un mu­si­cien d’un groupe de rock d’ex­trême droite russe…

« In­dices pré­cis »

« Nous avons des in­dices pré­cis sur la par­ti­ci­pa­tion d’au moins un cer­tain nombre d’entre eux aux vio­lences » de Mar­seille, avait dé­cla­ré mar­di le pré­fet des Alpes­ma­ri­times. Mais Mos­cou a dé­non­cé le « ca­rac­tère dis­cri­mi­na­toire et non sé­lec­tif des me­sures prises à l’en­contre de ces ci­toyens russes ».

Les hoo­li­gans russes, « ex­trê­me­ment en­traî­nés » se­lon les au­to­ri­tés, étaient en pre­mière ligne lors des rixes à Mar­seille sa­me­di, mais au­cun n’avait été ar­rê­té, ce qui a va­lu des cri­tiques aux forces de l’ordre. La France, elle, a re­pro­ché à la Rus­sie d’avoir lais­sé ses hoo­li­gans les plus durs al­ler à l’eu­ro.

Au­de­là des ten­sions di­plo­ma­tiques, la crainte de nou­veaux in­ci­dents cau­sés par des hoo­li­gans à l’eu­ro reste vive. Dix per­sonnes ont été pla­cées en garde à vue à Lille après quelques heurts, mar­di en fin d’après­mi­di. Quatre d’entre elles (trois Russes et un Ukrai­nien) pour­raient être ex­pul­sées. Une chose est sûre, dans un contexte très pro­pice aux in­quié­tudes, pas ques­tion de re­lâ­cher la sur­veillance. ■

AFP

LA­VROV. Un mi­nistre des Af­faires étran­gères mé­con­tent.

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