Les pro­brexit sur la Ta­mise

Ca­me­ron me­nace d’une cure d’aus­té­ri­té

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

À huit jours du ré­fé­ren­dum sur l’union eu­ro­péenne, une flot­tille de pê­cheurs a re­mon­té hier la Ta­mise pour van­ter le Brexit.

La flot­tille d’une tren­taine de cha­lu­tiers est par­tie au pe­tit ma­tin avant d’ar­ri­ver à Londres aux en­vi­rons de 9 heures GMT, où elle a été re­jointe par Ni­gel Fa­rage, le chef du par­ti eu­ro­phobe et an­ti­im­mi­gra­tion Ukip.

L’ini­tia­tive vi­sait à dé­non­cer les dif­fi­cul­tés des pê­cheurs bri­tan­niques en les met­tant sur le compte des quo­tas de pêche fixés par Bruxelles. « Je veux que les gens réa­lisent que ce ré­fé­ren­dum op­pose les gens or­di­naires à l’es­ta­blish­ment », a lan­cé Ni­gel Fa­rage, tan­dis que des contre­ma­ni­fes­tants plai­daient la cause de L’UE sur d’autres em­bar­ca­tions.

Mises en garde

Les par­ti­sans du Brexit ont le vent en poupe après une sé­rie de son­dages en leur fa­veur, même si le der­nier en date, de l’ins­ti­tut Comres, re­don­nait une avance d’un point au main­tien (46 %) au sein de L’UE.

Ef­frayés par la pers­pec­tive d’une sor­tie du gi­ron eu­ro­péen, et même « pa­ni­qués » se­lon une par­tie de la presse bri­tan­nique, les par­ti­sans du sta­tu quo, me­nés par le Pre­mier mi­nistre conser­va­teur Da­vid Ca­me­ron, ont lan­cé hier de nou­velles mises en garde contre les consé­quences éco­no­miques d’une rup­ture avec l’union.

Le mi­nistre des Fi­nances, George Os­borne, a ain­si af­fir­mé qu’une sor­tie pour­rait dé­clen­cher la mise en place d’un « bud­get d’ur­gence » qui en­traî­ne­rait hausses d’im­pôts et ré­duc­tion des dé­penses pour com­pen­ser un trou de 30 mil­liards de livres (38 mil­liards d’eu­ros).

Écoles, hô­pi­taux et ar­mée ver­raient leurs fi­nan­ce­ments se ré­duire, a pré­ve­nu George Os­borne. « Quit­ter L’UE tou­che­rait les in­ves­tis­se­ments, nui­rait aux fa­milles et à l’éco­no­mie bri­tan­nique », a­t­il aver­ti.

« Il y au­ra un trou dans nos fi­nances si nous quit­tons L’UE », a ren­ché­ri Da­vid Ca­me­ron sur Twit­ter. « Ce­la si­gni­fie des im­pôts plus lourds, des coupes bud­gé­taires, plus d’em­prunts », a ajou­té le chef de l’exé­cu­tif, dé­jà ac­cu­sé par ses op­po­sants de me­ner une po­li­tique d’aus­té­ri­té au dé­tri­ment des re­ve­nus des plus faibles.

L’aver­tis­se­ment a aus­si­tôt sus­ci­té l’ire du camp pro­brexit et at­ti­sé les fric­tions au sein d’un par­ti conser­va­teur pro­fon­dé­ment di­vi­sé sur la ques­tion. Échau­dés par l’an­nonce de George Os­borne, un groupe de 57 dé­pu­tés conser­va­teurs pro­brexit l’a ac­cu­sé d’avoir our­di un bud­get de « pu­ni­tion » en cas de sor­tie du bloc des 28, pré­ve­nant qu’ils s’y op­po­se­raient.

Avant de si­gni­fier au mi­nistre des Fi­nances que son ave­nir au sein du gou­ver­ne­ment pour­rait être com­pro­mis en cas de Brexit. « S’il met en oeuvre ces pro­po­si­tions, la po­si­tion du chan­ce­lier de­vien­dra in­te­nable », ont dit ces par­le­men­taires dans un com­mu­ni­qué com­mun.

Au bud­get de George Os­borne, les pro­brexit ont op­po­sé hier leur pro­jet de sor­tie de l’union pro­met­tant no­tam­ment de re­di­ri­ger la contri­bu­tion bri­tan­nique à L’UE vers le sys­tème de san­té pu­blic (NHS). ■

PHOTO AFP

FLO­TILLE. « La seule so­lu­tion, c’est le Brexit », pou­vait-on lire sur les pan­cartes.

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