Le match des an­ti et des pro foot­ball

Et vous, dans quel camp êtes-vous ? Dans ce­lui qui pense que la vie conti­nue en de­hors de l’eu­ro ? Ou dans ce­lui qui ne loupe au­cun match à la té­lé ? Nos lec­teurs té­moignent : le foot­ball est bien un ca­ta­ly­seur des émo­tions.

La Montagne (Brive) - - Magazine Médias - Mi­chel Fillière mi­chel.filliere@cen­tre­france.com

Quitte à pas­ser pour des em­pê­cheurs de tour­ner en rond, des lec­teurs – dans une belle pa­ri­té, alors que la com­mu­nion avec l’eu­ro 2016 de­vrait être par­faite (?) – sont al­ler­giques au foot­ball ! Vous n’y croyez pas ? Lise donne le coup d’en­voi des an­ti : « Ven­dre­di, j’ai re­gar­dé Ju­lia Ro­berts dans Pret­ty wo­man, tel­le­ment plus agréable que ce France­rou­ma­nie dont on nous a re­bat­tu les oreilles. » « Moi, c’est cette over­dose de foot qui me donne la mi­graine. Faites comme moi, chan­gez de chaîne, c’est plus ef­fi­cace que de râ­ler de­vant sa té­lé », conseille Da­mien.

« Pour faire plai­sir à mon ma­ri, j’ai consen­ti à re­gar­der, dé­jà, la cé­ré­mo­nie de lan­ce­ment de l’eu­ro à la Tour Eif­fel », écrit Pau­lette. « Mais avec tout ce play­back, c’était in­sup­por­table, alors le len­de­main, pas ques­tion de re­gar­der les foo­teux, je suis al­lée chez une co­pine et on a vu une sé­rie sym­pa… »

Et puis il y a les « vrais » an­ti. « Ceux qui badent en écou­tant Anaïs chan­ter Ton foot je shoote de­dans », comme Pierre ;ou en af­fir­mant « avoir une in­dif­fé­rence to­tale pour le foot alors que le rug­by me trans­cende avec ces beaux gaillards », comme Maryse ; ou « être dé­so­lé de se voir im­po­ser du foot et de le su­bir pen­dant un mois », comme Marc. At­ten­tion, ces abs­ten­tion­nistes du bal­lon rond n’ont « ni haine ni re­proches » par­ti­cu­liers. Ils n’aiment pas, et tel Pierre en­core, re­grettent le spec­tacle de « la plus grosse com­pé­ti­ tion de bu­vage de bière » comme le chante Anaïs.

Si les an­ti ont la nau­sée, ils ne doivent pas dé­goû­ter les pro. Les plus nom­breux (de 7 à 77 ans et plus) qui es­pèrent leur dose d’opium de foot et voir leur adré­na­line mon­ter jus­qu’à la fi­nale. « Car le foot rend bou­li­mique », té­moigne Max « avide de re­vanche, car tant que les Bleus ga­gne­ront, nous pour­rons nous res­sou­der après les tra­giques at­ten­tats qui nous ont tous bou­le­ver­sés ». Aux scep­tiques, il dé­livre un seul mes­sage : « C’est for­mi­dable de voir le dra­peau fran­çais aux cô­tés de ceux des autres pays unis dans la même fra­ter­ni­té… »

C’est vrai que peu de sports ras­semblent au­tant que le foot. Jean en veut pour preuve « qu’au­de­là de l’image d’un groupe d’abru­tis, anal­pha­bètes ca­ri­ca­tu­rés par les mé­dias, les plus grands foot­bal­leurs donnent aus­si des mil­lions pour des fon­da­tions ca­ri­ta­tives, et là, cha­peau bas, si­lence dans les rangs, et lais­sez­nous à notre joie. »

C’est vrai aus­si que le foot, se­lon Ber­nard We­ber, cé­lèbre pour sa tri­lo­gie sur les four­mis, « per­met aux peuples de briller à la face du monde sans te­nir compte de dif­fé­rences de langues, de re­li­gion, de culture, de ri­chesse. »

Sur­tout, et avec le voeu de ré­con­ci­lier les an­ti et les pro, croyons tous Vincent Ro­ca : « Au foot­ball seul le bal­lon n’est pas payé, c’est pour­tant lui qui se prend le plus de coups. » ■

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