La phi­lo­so­phie ouvre le bal

500.000 cer­veaux sont en­trés en ébul­li­tion, hier ma­tin

La Montagne (Brive) - - Jeux -

Les 500.000 can­di­dats aux bacs gé­né­ral et tech­no­lo­gique ont plan­ché hier ma­tin sur l’épreuve de phi­lo­so­phie, coup d’en­voi du bac­ca­lau­réat. Les 200.000 can­di­dats du bac pro­fes­sion­nel pas­saient, eux, l’épreuve de fran­çais.

C’est une tra­di­tion : chaque an­née, le casse­tête phi­lo­so­phique inau­gure le bac. Exemples de su­jets de dis­ser­ta­tion pro­po­sés aux can­di­dats : « Pour être juste, suf­fit­il d’obéir aux lois ? », « Sa­vons­nous tou­jours ce que nous dé­si­rons ? ». De leur cô­té, ceux qui ont choi­si le com­men­taire de texte ont plan­ché sur un ex­trait ti­ré des écrits de Han­nah Arendt pour la sé­rie L, Des­cartes pour les ES, Ma­chia­vel pour les S et Mer­leau­pon­ty pour les bacs tech­no.

Les plus ra­pides – ou les moins ins­pi­rés ? – ont quit­té les salles d’exa­men deux heures après le dé­but de l’épreuve, soit à mi­par­cours. De­vant le ly­cée Berg­son à Pa­ris, Ar­nold, en ter­mi­nale S, fait par­tie des « ra­pides ». Il a choi­si « Tra­vailler moins, est­ce vivre mieux ? ». Pour faire le lien avec la no­tion de dé­sir, sur la­quelle il es­pé­rait tom­ber, il a conclu que « vivre mieux, ce n’est pas tra­vailler moins, mais ac­com­plir ce que l’on dé­sire ».

« Ça va, ça passe, c’est la phi­lo. » (une élève de ter­mi­nale S)

En re­vanche, le pre­mier sor­ti de cet éta­blis­se­ment, Ar­thur, en ter­mi­nale tech­no­lo­gique STI, confie y être al­lé « un peu au ta­lent, comme pour le bac en gé­né­ral ». Il a choi­si « Pou­vons­nous tou­jours jus­ti­fier nos croyances ? » et a évo­qué « Jeanne d’arc, qui au­rait bot­té les fesses des An­glais après une ré­vé­la­tion di­vine ».

« Ca va, ça va, ça passe, c’est la phi­lo. Même si on a été sur­pris par les su­jets très po­li­tiques », re­lève Marion, élève de ter­mi­nale S, de­vant le ly­cée Am­père Saxe de Lyon, sor­tie au bout des quatre heures. Le site de Phi­lo­so­phie Ma­ga­zine a pu­blié à mi­di des cor­ri­gés des su­jets pro­po­sés en sec­tions S, L, ES et tech­no­lo­ gie. Pré­ci­sion aux an­gois­sés : en phi­lo, il n’y a pas de plan type, ce sont des cor­ri­gés par­mi d’autres.

Le couac de la ma­ti­née est ve­nu du mi­nis­tère de l’édu­ca­tion, qui a en­voyé aux mé­dias des su­jets er­ro­nés : ceux sur les­quels ont plan­ché mar­di les can­di­dats de Guyane et non ceux de mé­tro­pole…

Sur Twit­ter, le mot­dièse le plus usi­té de la ma­ti­née était #Bac­phi­lo. Même la star­lette Na­billa a sou­hai­té bonne chance aux can­di­dats, pré­ci­sant qu’elle n’a « ja­mais pas­sé le bac » et qu’elle « le re­grette ». Et un jeune homme pense aux « pa­rents qui voient leur ga­min dé­jà in­ter­viewé à 10 heures par ITÉLÉ ».

Dis­trac­tions po­ten­tielles et per­tur­ba­tions

Comme chaque an­née, la phi­lo a don­né le coup d’en­voi au gros des épreuves écrites pour les bacs gé­né­raux et tech­no. Une ses­sion 2016 mar­quée par une sé­rie de dis­trac­tions po­ten­tielles, ou de per­tur­ba­tions : Eu­ro de foot­ball, grèves de trans­port, sé­cu­ri­té ren­for­cée, ra­ma­dan… « Les trans­ports, c’est hor­rible, ils au­raient pu choi­sir un autre jour que ce­lui du bac », s’in­di­gnait Ma­non, hier en dé­but de ma­ti­née, avant de s’en­gouf­frer dans son centre d’exa­men à Nan­cy. « Mon train s’est ar­rê­té en plein mi­lieu de la voie », ren­ché­ris­sait sa ca­ma­rade, Lorraine.

Comme chaque an­née, groupes de ré­flexion et res­pon­sables po­li­tiques ri­va­lisent de sug­ges­tions pour « amé­lio­rer » le bac, ju­gé par cer­tains trop coû­teux et peu ef­fi­cace (voir ci­des­sous).

Mais pour l’heure, ce n’est pas la pré­oc­cu­pa­tion pre­mière des can­di­dats, qui se sont pour la plu­part re­plon­gés dans les ré­vi­sions dès la fin de l’épreuve de phi­lo, en pré­vi­sion des épreuves d’au­jourd’hui : his­toire et géo­gra­phie pour les bacs gé­né­raux (Au­jourd’hui Des­cartes, de­main des cartes », twee­tait hier @Ke­vi­nat­ton), his­toire­géo ou ma­thé­ma­tiques pour les bacs tech­no, arts ap­pli­qués et cultures ar­tis­tiques pour les bacs pro de mé­tro­pole. Fin des écrits dès de­main pour ces der­niers – qui pas­saient les épreuves pra­tiques dé­but juin – et mer­cre­di pro­chain pour les autres. ■

AFP

PA­RÉE. Cette can­di­date a pris toutes les pré­cau­tions, hier à Stras­bourg.

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