Trois idées re­çues dé­cryp­tées par Anne-ma­rie Sou­lié

La Montagne (Brive) - - Le Fait Du Jour Limousin -

Au­tant l’hyp­nose de mu­sic-hall fas­cine et en­voûte le grand public, au­tant elle ir­rite les soi­gnants qui uti­lisent ce moyen pour ai­der leurs pa­tients, car elle contri­bue se­lon eux à vé­hi­cu­ler des idées re­çues.

1 L’hyp­nose est un état de som­meil. FAUX. « C’est un état de conscience mo­di­fié du cer­veau en éveil », ex­plique Anne-ma­rie Sou­lié, mé­de­cin gé­né­ra­liste, membre de l’as­so­cia­tion cor­ré­zienne Ac­tiif Hyp­nose. « Le dé­ve­lop­pe­ment des neu­ros­ciences a per­mis d’en sa­voir un peu sur ce qui se pas­sait dans le cer­veau en hyp­nose. On est tou­jours conscient et en même temps on est ailleurs. Ce pro­ces­sus nous touche plu­sieurs fois par jour, quand nous sommes dans la lune, quand nous condui­sons mais que notre es­prit va­ga­bonde, quand nous sommes ab­sor­bés par un film à la télévision. Mais ce n’est pas du lâ­cher-prise, au contraire. »

2 L’hyp­nose marche avec tout le monde. VRAI et FAUX. « Cer­taines per­sonnes, plus ré­cep­tives que d’autres, entrent plus fa­ci­le­ment dans ce pro­ces­sus », pour­suit Anne-ma­rie Sou­lié. Les en­fants, les ar­tistes et les spor­tifs en font no­tam­ment par­tie. Mais pour que ce­la fonc­tionne, « il faut que la per­sonne soit vo­lon­taire ». « Le rôle du thé­ra­peute est d’ai­der le pa­tient à faire tra­vailler son cer­veau dif­fé­rem­ment et à trou­ver les res­sources pour se sen­tir mieux, mais ce n’est pas la pa­na­cée uni­ver­selle. »

3 L’hyp­nose fait perdre le contrôle. FAUX. « Elle ne va pas à l’en­contre de la vo­lon­té d’une per­sonne. Quand un spec­ta­teur ac­cepte de mon­ter sur scène pour se faire hyp­no­ti­ser, il est dans l’idée de par­ti­ci­per à quelque chose de spec­ta­cu­laire. L’hyp­no­ti­seur teste et choi­sit “les plus doués” dans le public. L’hyp­nose pra­ti­quée sur scène est tra­di­tion­nelle, avec des ordres di­rects, un en­vi­ron­ne­ment avec lu­mières puis­santes et musique forte. Elle dif­fère de l’hyp­nose erick­so­nienne, plus per­mis­sive, que nous pra­ti­quons dans les soins, avec des mé­ta­phores, où le pa­tient est ex­pert de son pro­blème. Si on n’a pas cla­ri­fié l’ob­jec­tif avec ce der­nier, ce­la peut don­ner des choses bi­zarres comme de faux sou­ve­nirs ou le cas ré­cent de ce mon­sieur hyp­no­ti­sé de­vant sa té­lé. Il faut donc être vi­gi­lant quand on dé­cide de re­cou­rir à l’hyp­nose pour un pro­blème de san­té. » ■

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