Le plai­sir sur un pla­teau... de fro­mages

Le vide lais­sé par l’an­cienne Phar­ma­cie de Beaulieu a vite été com­blé. De­puis quinze jours, La Fro­ma­ge­rie y a pris ses marques.

La Montagne (Brive) - - Brive Vivre Sa Ville - Pris­cille Peyre

Ar­ri­vé à Brive il y a plus de 25 ans, Bru­no Cour­si­vaud est en bonne voie de conqué­rir la ville… une se­conde fois. Sa stra­té­gie ? L’ou­ver­ture d’une fro­ma­ge­rie ­ so­bre­ment af­fu­blée du même nom ­ en plein centre­ville.

De­puis le 1er juin, les pas­sants dé­filent dans sa bou­tique si­tuée à l’angle des rues de la Ré­pu­blique et de l’hô­tel­de­ville. Beau­coup dé­couvrent un vi­sage jus­qu’alors méconnu, mais sans doute ame­né à de­ve­nir fa­mi­lier. Pour­tant, Bru­no Cour­si­vaud n’est pas une jeune pousse. Le com­merce, il connaît bien, très bien même. Mais ses ac­ti­vi­tés concer­naient jus­qu’à pré­sent un tout autre do­maine. « J’ai été di­rec­teur ad­joint chez Fly pen­dant près de 25 ans. Quand l’aven­ture a pris fin, il y a deux ans, il a fal­lu se re­con­ver­tir ».

Cap sur le raf­fi­ne­ment

À l’heure du choix, le quin­qua­gé­naire bi­furque à 180 de­grés. Exit la grande sur­face, les en­tre­pôts rem­plis de meubles, les équipes de sa­la­riés à gé­rer. Dé­sor­mais, il tra­vaille seul dans un es­pace de 90m2 , 50 pour la bou­tique, 40 pour la cave en sous­sol. À l’étage, un pe­tit bu­reau. Tout sim­ple­ment. « Ma dé­marche, c’est de trou­ver du plai­sir et de le par­ta­ger ».

Reste qu’on ne change pas si fa­ci­le­ment d’uni­vers. « J’ai fait des for­ma­tions à Li­moges, Bor­deaux et Pa­ris pour ap­prendre le mé­tier ». Il garde éga­le­ment un goût pro­non­cé pour le de­si­gn d’in­té­rieur. « On a beau­coup soi­gné l’amé­na­ge­ment. La pre­mière chose que l’on voit en en­trant, c’est un grand mur ovale au pa­pier fleu­ri. C’est lui qui doit gui­der le re­gard sur le reste de la bou­tique ».

Ain­si se dé­voile un pan de mur lam­bris­sé, des plans de tra­vail en marbre vé­ri­table, une mo­saïque dis­crète sur le sol. « Je vou­lais une bou­tique per­son­na­li­sée, mo­derne, avec beau­coup de fraî­cheur. Un en­droit “bio­chic” où l’on ait en­vie d’en­trer ». À en croire l’ins­crip­tion sur­plom­bant la vi­trine, le client s’ar­rête ici au seuil du pa­ra­dis : « On ne peut pas ache­ter le bon­heur, ce­pen­dant on peut ache­ter du fro­mage ; c’est pra­ti­que­ment pa­reil ».

Ce bon­heur pour fins pa­lais, Bru­no Cour­si­vaud en prend grand soin. Au to­tal, près de 70 ré­fé­rences qu’il bi­chonne, conscient de ma­ni­pu­ler un pro­duit vi­vant. « Même si je ne suis pas un af­fi­neur, je re­tourne les fro­mages une à deux fois par jour. Il faut aus­si s’oc­cu­per des dé­ coupes, de l’ap­pro­vi­sion­ne­ment, de la vente, etc. Quand on est tout seul, ça fait beau­coup de tâches ! »

Si tout se passe bien, l’en­tre­pre­neur es­père em­bau­cher ra­pi­de­ment. À condi­tion, bien sûr, d’avoir su s’im­plan­ter du­ra­ble­ment sur le mar­ché bri­viste. Alors, pour faire la dif­fé­rence, le fro­ma­ger dé­ve­loppe ses ar­gu­ments de vente.

Et après…

Au­jourd’hui, il gage sur la qua­li­té des pro­duits (« Que du lait cru, pas de pas­teu­ri­sé »), l’acha­lan­dage du rayon cré­me­rie (ori­gine lo­cale ga­ran­tie !), la va­rié­té des fro­mages (ve­nus de Corse, d’ita­lie, de Suisse, d’es­pagne ou même d’an­gle­terre), l’ori­gi­na­li­té de l’épi­ce­rie fine (un poivre du Cam­bodge, un luxe pour spécialiste). À l’ave­nir, il compte dé­ve­lop­per ses gammes, son site In­ter­net, des cré­neaux de dé­gus­ta­tion de vins et fro­mages as­sor­tis. « Des idées, j’en ai. Il faut juste du temps pour les mettre en oeuvre ».

Deux se­maines après le grand saut, un sou­rire de sa­tis­fac­tion illu­mine son vi­sage, ré­com­pense de longs mois de ré­flexion, de re­cherches et d’étude de mar­ché. « Mal­gré mon ex­pé­rience et mon âge, vous ne pou­vez pas ima­gi­ner mon an­xié­té à 48 heures de l’ou­ver­ture. Je n’ai pas beau­coup dor­mi ! » Pas sûr qu’il dorme beau­coup plus dans les se­maines à ve­nir… ■

Pra­tique. La Fro­ma­ge­rie, 2 rue de l’hô­tel-de-ville. Ou­vert du mar­di au ven­dre­di, de 9 h 30 à 12 h 30 et de 15 heures à 19 h 30 ; le sa­me­di, de 9 h 30 à 13 heures et de 15 heures à 19 h 30.

PHO­TO FRÉDÉRIC LHER­PI­NIERE

BRU­NO COUR­SI­VAUD. « Prendre du plai­sir et le par­ta­ger ».

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