Sale temps

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités - FLORENCE CHÉDOTAL florence.che­do­tal@cen­tre­france.com

La messe était dite de­puis

long­temps. À tel point qu’il n’a pas fal­lu vingt mi­nutes de séance pour que les par­te­naires so­ciaux, qui maî­trisent moins bien que les Bleus les ver­tiges du sus­pense, « constatent » l’échec. Et au­tant au gou­ver­ne­ment pour poin­ter du doigt le pa­tro­nat et pro­ro­ger dans la fou­lée l’ac­cord ac­tuel, tout en ap­pe­lant de ses voeux – ça ne coûte rien – une pai­sible re­prise des né­go­cia­tions (à la­quelle per­sonne ne croit au pas­sage) en sep­tembre. Après le foot, après cette loi Tra­vail qui a to­ta­le­ment pa­ra­si­té les dis­cus­sions, après les va­cances. Et puis, tant qu’à faire, au­tant re­fi­ler la pa­tate chaude au pro­chain gou­ver­ne­ment.

Il au­rait été pé­rilleux pour l’exé­cu­tif d’avoir quelques vel­léi­tés de re­prendre réel­le­ment la main, comme en 1982, du temps de Gat­taz père, et d’ap­pli­quer au­to­ri­tai­re­ment quelques idées sui­ci­daires à dix mois de la pré­si­den­tielle, comme la dé­gres­si­vi­té des al­lo­ca­tions. La barque est as­sez char­gée avec la loi El Khom­ri et l’épique sé­quence sur la dé­chéance de na­tio­na­li­té. Pour­quoi ne pas pen­ser à im­po­ser une hausse des co­ti­sa­tions pa­tro­nales, ou une sur­taxa­tion des contrats courts comme pro­ mis aux or­ga­ni­sa­tions de jeu­nesse, il y a peu ? Ce ne se­rait pas, entre autres, très co­hé­rent au re­gard du pacte de res­pon­sa­bi­li­té à l’oeuvre de­puis 2015.

Tant pis pour un sys­tème d’as­su­rance chô­mage à bout de souffle et ses huit exer­cices dé­fi­ci­taires d’af­fi­lée. Tant pis s’il faut ba­fouiller à Bruxelles après la pro­messe faite, au prin­temps der­nier, d’éco­no­mi­ser 800 mil­lions d’eu­ros par an… L’heure n’est pas à se mouiller, mais à faire por­ter le cha­peau aux autres, quel que soit le camp. Tout en « pre­nant ses res­pon­sa­bi­li­tés ». Une ex­pres­sion très à la mode ces der­niers temps et qui per­met de gar­der la face, en toutes cir­cons­tances.

Sale temps pour es­pé­rer né­go­cier ou ré­for­mer quoi que ce soit, la tête froide. Il en va ain­si, certes, de toutes les pé­riodes pré­élec­to­rales. Mais, cette fois, nous sommes en­trés dans une époque étrange, où il pa­raît presque in­con­gru de ma­ni­fes­ter pour dé­fendre son CDI quand la me­nace ter­ro­riste place le cur­seur ailleurs. Et sans doute, bien­tôt, ces­se­ra­t­on en­fin de croire que les ver­tus thé­ra­peu­tiques du foot­ball peuvent sau­ver la France. Il en fau­dra plus, c’est évident.

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