En­core beau­coup de zones d’ombre

Gardes à vue pro­lon­gées de 48 heures pour trois proches de La­ros­si Ab­bal­la

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

Une marche blanche a ras­sem­blé, hier, 2.500 per­sonnes en hom­mage au po­li­cier et à sa com­pagne as­sas­si­nés, lun­di, par un dji­ha­diste. Trois de ses proches ont vu leur garde à vue pro­lon­gée.

Po­li­ciers, gen­darmes, pom­piers et ano­nymes ont hier dé­fi­lé, en si­lence et en ci­vil, de­puis les abords de l’hô­tel de po­lice de Mantes­la Jo­lie (Yve­lines), où avait tra­vaillé le com­man­dant Jean­bap­tiste Sal­vaing, 42 ans, et où sa com­pagne Jes­si­ca Sch­nei­der, 36 ans, exer­çait en tant qu’agent ad­mi­nis­tra­tif. Ils ont mar­ché jus­qu’au do­mi­cile du couple, à Ma­gnan­ville.

Vi­sages fer­més, sou­vent en pleurs : l’émo­tion dans le cor­tège était pal­pable. De­vant le pa­villon des vic­times, la foule com­pacte s’est re­cueillie dans un pro­fond si­lence pen­dant plus de dix mi­nutes, avant d’en­ta­mer spon­ta­né­ment La Mar­seillaise.

Jean­bap­tiste Sal­vaing a été tué, lun­di soir, de­vant son pa­villon, avant que le meur­trier, La­ros­si Ab­bal­la, prenne en otage son épouse qu’il a exé­cu­tée en pré­sence de leur fils Mat­thieu, 3 ans et demi, re­ trou­vé in­demne mais en état de « si­dé­ra­tion ».

Le tueur, qui dit avoir prê­té al­lé­geance aux dji­ha­distes du groupe État is­la­mique (EI), a été tué lors de l’as­saut des po­li­ciers du Raid. Les en­quê­teurs tentent d’éta­blir s’il a agi seul ou s’il a bé­né­fi­cié de com­pli­ci­tés dans la pré­pa­ra­tion ou dans l’exé­cu­tion de l’at­taque.

Trois de ses proches, des hommes âgés de 27, 29 et 44 ans, in­ter­pel­lés mar­di, ont vu leur garde à vue pro­lon­gée de 48 heures sup­plé­men­taires, hier.

Filière dji­ha­diste ?

Deux d’entre eux avaient été condam­nés avec Ab­bal­la, en 2013, au pro­cès d’une filière d’en­voi au Pa­kis­tan de vo­lon­taires pour le dji­had.

Les in­ves­ti­ga­tions avaient à l’époque mis en lu­mière « l’en­ga­ge­ment re­li­gieux ra­di­cal » de l’un des gar­dés à vue, et « son rôle par­ti­cu­liè­re­ment ac­tif dans le re­cru­te­ment de can­di­dats au dé­part ». Lors d’une per­qui­si­tion à son do­mi­cile, une im­por­tante do­cu­men­ta­tion dji­ha­diste et un plan de la Seine­saint­de­nis, men­tion­nant l’em­pla­ce­ment des com­mis­sa­riats de po­li­ ce du dé­par­te­ment, avaient été re­trou­vés par les en­quê­teurs.

L’autre, ap­pel­lé l’« émir », s’était en­vo­lé vers le Pa­kis­tan, en jan­vier 2011, où il avait été im­mé­dia­te­ment in­ter­pel­lé avant d’être ex­pul­sé vers la France trois mois plus tard.

Autre zone d’ombre : comment le ti­reur a­t­il re­pé­ré sa vic­time ? « On ne sait pas en­core le pour­quoi pré­cis de cette ci­ble­là », a ex­pli­qué une source proche de l’en­quête.

Se connais­saient­ils dans le cadre de pré­cé­dentes af­faires ? Ab­bal­la, 25 ans, était connu des ser­vices de po­lice dans les Yve­lines, où il a no­tam­ment été condam­né à deux re­prises pour un vol et un re­cel, et Jean­bap­tiste Sal­vaing a fait une bonne par­tie de sa car­rière de po­li­cier dans le dé­par­te­ment. ■

Ar­res­ta­tion à Car­cas­sonne. Con­ver­ti à l’is­lam et ra­di­ca­li­sé, un jeune homme âgé de 22 ans a été ar­rê­té, lun­di, à Car­cas­sonne (Aude), soup­çon­né de pré­pa­rer une « ac­tion vio­lente » contre des Amé­ri­cains et des Russes. Lors de son in­ter­pel­la­tion, les po­li­ciers ont re­trou­vé sur lui un cou­teau et une pe­tite masse. Il était tou­jours en garde à vue, hier soir. Les in­ves­ti­ga­tions ont été confiées à la Di­rec­tion gé­né­rale de la sé­cu­ri­té in­té­rieure (DGSI).

AFP

MARCHE BLANCHE. En hom­mage au po­li­cier et à sa com­pagne as­sas­si­nés par Ab­bal­la.

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