La cam­pagne tourne au drame

Jo Cox, dé­pu­tée tra­vailliste pro­ue, a été tuée par balles près de Leeds (nord de l’an­gle­terre)

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

La dé­pu­tée bri­tan­nique proeu­ro­péenne Jo Cox a été tuée par balles hier, un drame qui a en­traî­né la sus­pen­sion de la cam­pagne pour le ré­fé­ren­dum sur le main­tien ou non du Royaume-uni dans l’union eu­ro­péenne.

Le meurtre de Jo Cox, une dé­pu­tée tra­vailliste pro­ue, tuée par balles hier à Birs­tall (nord de l’an­gle­terre), a fait bas­cu­ler dans le drame la cam­pagne du ré­fé­ren­dum sur l’ap­par­te­nance du Royaume­uni à l’union eu­ro­péenne, à une se­maine du vote.

En dé­but d’après­mi­di, un homme a ti­ré plu­sieurs balles contre la jeune dé­pu­tée, qui s’est ef­fon­drée en sang. Un sus­pect a été in­ter­pel­lé par la po­lice peu après le meurtre, un homme de 52 ans, dé­crit par ses voi­sins comme un « so­li­taire » et iden­ti­fié par les mé­dias comme s’ap­pe­lant Tom­my Mair.

Ses mo­tifs n’étaient pas en­core connus mais se­lon un té­moin ci­té par les mé­dias, le meur­trier au­rait crié « Bri­tain first », soit « Le Royaume­uni d’abord ».

Aus­si­tôt l’agres­sion connue, le camp mi­li­tant pour le main­tien du Royau­meU­ni dans L’UE a an­non­cé la sus­pen­sion de sa cam­pagne jus­qu’à sa­me­di.

L’an­cien maire de Londres et chef de file du camp pro­sor­tie de L’UE Bo­ris John­son a éga­le­ment an­non­cé qu’il ces­sait de faire cam­pagne, hier, tan­dis que Da­vid Ca­me­ron a an­nu­lé un mee­ting proUE pré­vu dans la soi­rée à Gi­bral­tar.

À Gi­bral­tar, le Pre­mier mi­nistre a sa­lué dans un dis­cours une femme « au grand coeur » qui a « un bi­lan im­pres­sion­nant en ma­tière d’aide aux ré­fu­giés ».

Le chef du Par­ti tra­vailliste Je­re­my Cor­byn a sa­lué la mé­moire d’une mi­li­tante et « par­le­men­taire exem­plaire » lors d’une veillée en sa mé­moire qui a ras­sem­blé des di­zaines de per­sonnes près du par­le­ment de West­mins­ter dans la soi­rée à Londres.

« Ce soir, son ma­ri Bren­ dan est ef­fon­dré et leur deux en­fants ont per­du une ma­man qu’ils ne re­ver­ront plus ja­mais, a­t­il dit, en­tou­ré de col­lègues en larmes. Ce qui s’est pas­sé va au­de­là de l’hor­reur. »

Une veillée était éga­le­ment or­ga­ni­sée à Birs­tall, à proxi­mi­té de la bi­blio­thèque mu­ni­ci­pale où la dé­pu­tée avait pour ha­bi­tude de ren­con­trer ré­gu­liè­re­ment ses ad­mi­nis­trés.

Le Brexit en tête dans les son­dages

Le meurtre de la dé­pu­tée de 41 ans, étoile mon­tante de son par­ti, in­ter­vient alors que deux nou­veaux son­dages ont don­né ga­gnant hier un Brexit (Bri­tish Exit), ren­for­çant l’in­quié­tude à Bruxelles et dans les mi­lieux éco­no­miques.

À Londres, la livre ster­ling a at­teint un plus bas en dix se­maines face au dol­lar, à 1,4013 dol­lar à 14 h 35.

La Banque d’an­gle­terre a rap­pe­lé qu’elle consi­dé­rait le ré­fé­ren­dum comme le « plus gros risque im­mé­diat » pour les mar­chés fi­nan­ciers bri­tan­niques et mon­diaux. Son gou­ver­neur, Mark Car­ney, a an­nu­lé le dis­cours qu’il de­vait pro­non­cer hier soir suite au meurtre de Jo Cox.

Nombre de res­pon­sables eu­ro­péens par­mi les­quels les Pre­miers mi­nistres belge, luxem­bour­geois, da­nois et fin­lan­dais ain­si que la mi­nistre des Af­faires étran­gères sué­doise, ont pré­sen­té leurs condoléances. Le pré­sident fran­çais Fran­çois Hollande a fait part de sa « pro­fonde émo­tion » et le Pre­mier mi­nistre Ma­nuel Valls a ju­gé qu’« à tra­vers elle, notre idéal dé­mo­cra­tique a été vi­sé ».

Le se­cré­taire d’état amé­ri­cain John Ker­ry, en vi­site à Co­pen­hague, a es­ti­mé que c’était « une at­taque contre tous ceux pour qui la dé­mo­cra­tie im­porte ». ■

PHOTO AFP

JO COX. La dé­pu­tée tra­vailliste a été tuée par balles dans le nord du Pays.

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