Ani­maux iden­ti­fiés tra­ça­bi­li­té as­su­rée

Tout le monde l’a ob­ser­vé : les vaches portent une boucle à chaque oreille. À quoi ça sert ? Ré­ponse avec le Service d’iden­ti­fi­ca­tion ani­male, ba­sé à Tulle et qui vient de prendre une di­men­sion ré­gio­nale.

La Montagne (Brive) - - La Une - PHOTO AGNÈS GAUDIN

■ CORRÈZE. Elle est dé­sor­mais le siège du plus im­por­tant service fran­çais d’iden­ti­fi­ca­tion ani­male en races al­lai­tantes, qui rayonne sur quatre dé­par­te­ments.

■ SAN­TÉ. Pour les éle­veurs, la contrainte quo­ti­dienne de l’iden­ti­fi­ca­tion de leurs ani­maux est le gage d’une bonne tra­ça­bi­li­té des pro­duits car­nés.

Ça sert à quoi, les boucles d’oreilles ? Sur les chan­teurs bra­mants de nos sa­me­dis soirs té­lé­vi­suels : à rien. Sur Louison, 7 mois, gé­nisse li­mou­sine à l’oeil vif : c’est vi­tal. Ce sont ses pièces d’iden­ti­té. Elles disent son nom, sa vie, at­testent de son par­cours. Elles per­mettent de re­trou­ver ses traces le jour où se pose un pro­blème sa­ni­taire. Bref, ce n’est pas de l’es­thé­tique, c’est de la san­té pu­blique.

L’iden­ti­fi­ca­tion ani­male est vi­ tale dans la chaîne de la tra­ça­bi­li­té ali­men­taire. En Corrèze, le service qui la gère est ins­tal­lé à la Chambre d’agri­cul­ture. Il est agré­men­té, cer­ti­fié, sous tu­telle des ser­vices de l’état, et as­sure une mis­sion de service public.

Ce service cor­ré­zien, vi­tal pour les éle­veurs, vient de chan­ger de di­men­sion. À l’ini­tia­tive de la Chambre d’agri­cul­ture cor­ré­zienne, les ser­vices de la Corrèze, de la Haute­vienne, de la Dor­dogne et de la Creuse ont dé­ci­dé de se re­grou­per pour créer le service iden­ti­fi­ca­tion Pé­ri­gord­limousin. Est dé­sor­mais ba­sé à Tulle (en gar­dant ses an­tennes et ses in­ter­ven­tions lo­cales) le plus grand service en race al­lai­tante de France.

Le but de cette mu­tua­li­sa­tion est de « faire bais­ser les coûts payés par les éle­veurs, as­sure Ka­rine De­mi­chel, en charge du service cor­ré­zien et che­ville ou­vrière de la ré­gio­na­li­sa­tion. Nous vou­lons aus­si équi­li­brer les coûts entre les pro­duc­tions, pour que cha­cun paye le coût réel de l’iden­ti­fi­ca­tion ».

Le dan­ger qu’au­rait re­pré­sen­té une ab­sorp­tion par une en­ti­té ba­sée à Bor­deaux est écar­té. « Ain­si la proxi­mi­té avec les éle­veurs va de­meu­rer », ajoute Ka­rine De­mi­chel. Le service se veut ré­ac­tif et pré­sent. Il ré­pond dès 7 h 30, toute l’an­née, et « on tient même des per­ma­nences à Noël ». Car les vê­lages ne prennent pas de va­cances, et la tra­ça­bi­li­té non plus.

La ré­gio­na­li­sa­tion fa­ci­li­te­ra le par­tage des don­nées et don­ne­ra une pho­to­gra­phie plus pré­cise des pro­duc­tions ani­males sur le ter­ri­toire. Ce­la per­met aus­si plus de ré­ac­ti­vi­té en cas de crise sa­ni­taire ou d’aléa éco­no­mique. Car le service en­re­gistre les don­nées is­sues de chaque éle­vage, mais pro­duit éga­le­ment des bi­lans par éle­vage en terme de re­pro­duc­ti­vi­té, de ré­par­ti­tion des vê­lages, de com­pa­rai­son avec d’autres éle­vages… S’y ajoute un ap­pui tech­nique qui par­ti­cipe, lui aus­si, à amé­lio­rer la qua­li­té de la pro­duc­tion. ■

PHOTOS LOUIS FAYET

NUMÉROS. Boucles aux oreilles, les gé­nisses peuvent jus­ti­fier de leur iden­ti­té à tout contrôle.

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