L’IDEN­TI­FI­CA­TION : PE­TITES BOUCLES ET GRANDES OBLIGATIONS

La Montagne (Brive) - - Corrèze Actualité -

1. DA­MIEN

Da­mien Cham­pe­val est éle­veur, en Gaec fa­mi­lial, à Seil­hac. Il doit dé­cla­rer tous ses ani­maux au service d’iden­ti­fi­ca­tion, comme le font les pro­prié­taires de bo­vins, de ca­prins, d’ovins, de por­cins et les éle­vages de poules. La ré­gle­men­ta­tion est même plus exi­geante pour lui : son éle­vage est ins­crit au herd book, il n’a donc que 7 jours pour dé­cla­rer les nais­sances contre 21 jours pour les autres. La dé­cla­ra­tion, ce n’est pas le plus com­pli­qué. Le plus dur, c’est le bou­clage, soit la pose d’une boucle par oreille avec une pince spé­ciale. « Ce n’est pas fa­cile. Le pre­mier jour après le vê­lage, la mère est mé­chante, il faut l’im­mo­bi­li­ser. Et il faut bou­cler le veau dans les pre­mières heures si­non après, vous ne l’at­tra­pez plus ! »

2. LOUISON 9.805

Louison porte le numéro 9.805. Cette gé­nisse qui ne re­chigne pas de­vant l’ap­pa­reil photo est née le 22 oc­tobre 2015. Elle a été ra­pi­de­ment dé­cla­rée au service ad hoc et Da­mien lui a agra­fé une boucle en plas­tique à chaque oreille. Comme ça, elle est rock’n roll, Louison, et sur­tout elle est iden­ti­fiée. Si elle perd une boucle, il lui en reste une pour être re­con­nue, et Da­mien lui en re-com­man­de­ra une autre. Car at­ten­tion, s’il y a un contrôle, et que l’éle­veur n’a plus au­cune boucle, il de­vra payer un exa­men pour dé­mon­trer la fi­lia­tion de l’ani­mal. Et s’il reste un doute, di­rec­tion l’équar­ris­sage. En plus de ce­la, cer­taines aides sont condi­tion­nées à la bonne te­nue du trou­peau. Alors gaffe aux boucles d’oreilles, Louison ! Elles sont pré­cieuses, d’au­tant que leur numéro est unique et na­tio­nal, au­cun autre bo­vin n’au­ra le même. Perdre une boucle, ça ar­rive. « Elles tombent sou­vent, et de plus en plus, se plaint Da­mien. Sur­tout l’hi­ver, dans les sta­bu­la­tions, quand les vaches se frottent aux bar­reaux, ou à la fin de l’hi­ver quand elles tombent le poil ». Il faut re­bou­cler sans cesse, les vaches n’ap­pré­cient guère.

3. AGRI­GEEK

Le sys­tème d’iden­ti­fi­ca­tion est dé­sor­mais dé­ma­té­ria­li­sé, et Da­mien fait par­tie des quelque 55 % (ça pro­gresse chaque jour) d’éle­veurs cor­ré­ziens qui gèrent leur chep­tel en ligne. Car il faut dé­cla­rer les nais­sances (numéro, nom, sexe, poids, race, mère, père…) mais aus­si les en­trées et les sor­ties d’ani­maux de l’ex­ploi­ta­tion, et les dé­cès. Sur une bonne vieille mère qui pas­se­ra sa car­rière à la ferme, c’est plu­tôt simple. Pour un tau­reau re­pro­duc­teur, ache­té en com­mun, et qui passe de ferme en ferme pour sa­tis­faire aux joies de la per­pé­tua­tion de la race, ça se com­plique, car tout chan­ge­ment est dé­cla­ré. Pas de pro­blème pour Da­mien : il uti­lise même l’ap­pli­ca­tion smart­phone qui per­met de tout faire au fur et à me­sure, sans avoir be­soin de s’at­ta­quer à l’ad­mi­nis­tra­tion de la ferme le soir après le tur­bin. « L’ap­pli­ca­tion smart­phone, je m’en sers sur­tout pour dé­cla­rer les sor­ties, c’est plus fa­cile. Les nais­sances, je fais ça au bu­reau ».

4. PASSEPORT NÉ­CES­SAIRE

Louison veut voir du pays… La France, l’italie… Ah l’italie, la plaine du Pô… On lui en a tant par­lé. Tant de brou­tards y vont. Son passeport est prêt. Il a été édi­té dès sa nais­sance. Un pa­pier rose qui rap­pelle l’iden­ti­té, les ca­rac­té­ris­tiques de l’éle­vage, et une feuille verte qui in­dique que ce­lui-ci est exempt de toute ma­la­die : bru­cel­lose, tu­ber­cu­lose, leu­cose… Le passeport est né­ces­saire pour toute vente à un opé­ra­teur com­mer­cial, et bien sûr pour toute sor­tie du ter­ri­toire, pour que se pour­suive la tra­ça­bi­li­té au-de­là des fron­tières. Et jus­qu’à son éven­tuel re­tour en France. Un élé­ment clé de la tra­ça­bi­li­té.

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