Hom­mage so­len­nel et poi­gnant aux po­li­ciers

MAGNANVILLE. Jes­si­ca et Jean­bap­tiste « deux hé­ros du quo­ti­dien ».

La Montagne (Brive) - - La Une -

Fran­çois Hol­lande a ren­du, hier, un hom­mage so­len­nel et poi­gnant de­vant la pré­fec­ture des Yve­lines au couple de fonc­tion­naires de po­lice as­sas­si­nés, lun­di, à l’arme blanche, par un dji­ha­diste à Magnanville (Yve­lines).

Jes­si­ca Sch­nei­der, 36 ans, et Jean­bap­tiste Sal­vaing, âgé lui de 42 ans, étaient « deux fonc­tion­naires qui ne cher­chaient ni gloire ni hon­neurs mais qui fai­saient leur de­voir avec dis­cré­tion et ri­gueur, deux hé­ros du quo­ti­dien », a dit, hier, le chef de l’état lors de la cé­ré­mo­nie d’hom­mage au couple de po­li­ciers as­sas­si­nés à Magnanville (Yve­lines), au cours de la­quelle un po­li­cier n’a d’ailleurs pas vou­lu ser­rer la main du pré­sident de la Ré­pu­blique ni celle du Pre­mier mi­nistre (*).

Une guerre in­té­rieure contre les « bar­bares », qui « se­ra longue »

« Vic­times d’un ter­ro­riste ha­bi­té par la haine, ils par­ta­geaient la même vie, avaient fon­dé un foyer et éle­vaient, avec amour, leur jeune fils Ma­thieu, âgé de trois ans » (té­moin du crime), at­il rap­pe­lé après les avoir faits che­va­liers de la Lé­gion d’hon­neur, à titre post­hume.

Les cer­cueils re­cou­verts de dra­peaux tri­co­lores avaient été por­tés de­vant la cour d’hon­neur de la pré­fec­ture, si­tuée à quelques cen­taines de mètres du Châ­teau de Ver­sailles, par des col­lègues des deux fonc­tion­naires au son gla­çant du tam­bour.

Ils ont quit­té les lieux au son de la Marche fu­nèbre, avant qu’une salve d’ap­plau­dis­se­ments sa­lue le dé­part des cor­billards tan­dis que les vi­sages sou­riants du couple, sou­ve­nirs de temps heu­reux, dé­fi­laient sur un écran géant.

Aux forces de l’ordre, Fran­çois Hol­lande a ex­pri­mé le « sou­tien », la « confiance » et la « re­con­nais­sance » de la Na­tion, qui « pour­sui­vra son im­pla­cable lutte contre le ter­ro­risme avec plus de dé­ter­mi­na­tion en­core en souvenir de leur sa­cri­fice ».

Tous deux ont éga­le­ment été ci­tés à l’ordre de la na­tion, JeanBap­tiste Sal­vaing étant pro­mu au grade de com­mis­saire.

« Le double crime de Magnanville est une agres­sion contre la Ré­pu­blique et contre celles et ceux qui ont pour mis­sion de la dé­fendre, une nou­velle at­taque contre la France sai­sie d’in­di­gna­tion et d’hor­reur », a pour­sui­vi le chef de l’état .

Le pré­sident a sai­si l’oc­ca­sion de ce dis­cours pour ac­cé­der à une me­sure ré­cla­mée par po­li­ciers et gen­darmes, outre l’au­to­ri­sa­tion du port d’arme en de­hors des heures de ser­vice. Afin d’évi­ter qu’ils ne « soient iden­ti­fiés et pris pour cibles par les mal­fai­teurs », des « me­sures se­ront prises pour ga­ran­tir leur ano­ny­mat et donc leur pro­tec­tion » (lire ci­contre).

La France mène une guerre ex­té­rieure en Sy­rie ou en Irak, et in­té­rieure contre les « bar­bares » et « cette guerre se­ra longue », a en­core rap­pe­lé Fran­çois Hol­lande qui s’était en­tre­te­nu au­pa­ra­vant, à l’abri des re­gards, avec les fa­milles.

Res­pect

Dans un cli­mat so­cial ten­du, il a aus­si as­su­ré qu’il « n’ac­cep­te­rait pas » que les po­li­ciers soient « l’ob­jet de dif­fa­ma­tions » ou « d’in­sultes ».

Se­lon la di­rec­tion gé­né­rale de la po­lice nationale, quelque 70.000 mes­sages ont été pos­tés sur le re­gistre de condo­léances ou­vert en ligne et 15.000 autres sur les ré­seaux so­ciaux.

Les hom­mages se sont suc­cé­dé de­puis lun­di avec, en par­ti­cu­lier, jeu­di, une marche blanche qui a ras­sem­blé quelque 2.500 per­sonnes, po­li­ciers, gen­darmes, pom­piers et ano­nymes de­puis les abords de l’hô­tel de po­lice de Mantes­la Jo­lie, où exer­çait Jean­bap­tiste Sal­vaing et jus­qu’au do­mi­cile du couple, à Magnanville. ■

(*) In­ter­ro­gé, hier après­mi­di, en marge d’un dé­pla­ce­ment à Pa­ris, le Pre­mier mi­nistre a es­ti­mé que l’at­ti­tude de ce po­li­cier n’avait été « en rien ir­res­pec­tueuse », et qu’elle était même « res­pec­tueuse” », la met­tant sur le compte de la dou­leur pro­vo­quée par les as­sas­si­nats.

PHOTO AFP

LÉ­GION D’HON­NEUR. Faits che­va­liers à titre post­hume.

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