Eve­lyne va ran­ger ses brosses et ci­seaux

La Montagne (Brive) - - Chez Nos Voisins / Dordogne -

40 ans pas­sée dans le même quar­tier, pour un mé­tier qui l’a pas­sion­née : « Si c’était à re­faire, je le re­fe­rais » et qu’elle va ar­rê­ter pour prendre sa re­traite et pen­ser un peu à elle. Eve­lyne cé­de­ra, à la fin du mois, son sa­lon de coif­fure à Jé­rôme, son der­nier sa­la­rié qui prend sa suite.

At­ti­rée très tôt par la coif­fure, Eve­lyne ap­prend le mé­tier en 1969, comme ap­pren­tie à Pé­ri­gueux. Elle passe un CAP, puis un bre­vet de maî­trise et com­mence à tra­vailler, « chez Mi­reille » à Ter­ras­son. Une ville qu’elle ne quit­te­ra plus. Elle s’ins­talle à son compte en 1976, rue Basse, en face de la mai­rie.

Au fil des ans, elle se forge une so­lide clien­tèle, de­ve­nue « sa fa­mille » avec la­quelle elle par­tage les évé­ne­ments de la vie et fête ses an­nées sa­lon. Elle se re­mé­more avec Fran­çoise, une cliente et amie, la folle soi­rée an­ni­ver­saire des 35 ans de son sa­lon, mais aus­si ce bon mo­ment par­ta­gé pour ses 60 ans. Chez Eve­lyne, on vient pour se faire coif­fer à la per­fec­tion, mais bien plus en­core : par­ta­ger les bons et moins bons mo­ments de la vie, dis­cu­ter, don­ner des nou­velles des en­fants, pe­tits en­fants, ar­rières pe­tits­en­fants : « Je coiffe jus­qu'à cinq gé­né­ra­tions, il faut sa­voir adap­ter les styles et les modes à cha­cun ». Du­rant toute sa car­rière Eve­lyne n’au­ra de cesse « d’ap­prendre ». Elle se rend tous les ans au Mon­dial de la coif­fure, pour dé­cou­vrir les der­nières ten­dances, elle suit des for­ma­tions, part en sé­mi­naire, de re­tour, elle échange les tech­niques, donne des as­tuces. Du­rant sa vie pro­fes­sion­nelle, Eve­lyne a trans­mis sa pas­sion du tra­vail bien fait à une quin­zaine d’ap­pren­tis et sa­la­riés qui ont sou­hai­té à leur tour s’ins­tal­ler et même par­ti­ci­per à des concours. En dé­cembre, elle a re­çu le di­plôme d’ex­cel­lence de l’ar­ti­sa­nat cou­ron­nant ses 40 ans de car­rière. Elle avoue avec un pe­tit pin­ce­ment au coeur que ce­la va être dif­fi­cile d’ar­rê­ter, c’est pour ce­la qu’elle avait an­ti­ci­pé, re­cru­té son der­nier sa­la­rié afin de le pré­pa­rer à prendre la suite. Le contact avec ses clientes va lui man­quer.

Eve­lyne va pas­ser la main « pour pro­fi­ter un peu », « je n’ai ja­mais pris de va­cances, je me suis juste ar­rê­tée 8 jours pour ac­cou­cher de mon fils, j’ai eu un très beau par­cours, et ren­con­tré des gens gé­né­reux, mais il faut sa­voir s’ar­rê­ter ».

Le 1er juillet, le sa­lon Eve­lyne Coif­fure de­vien­dra Jé­rôme Coiff, sou­hai­tons à son jeune re­pre­neur une aus­si longue et belle car­rière. ■

COIF­FURE. Eve­lyne en­tou­rée de Jé­rôme, le der­nier de ses sa­la­riés et Mar­tine re­cru­tée en 1976.

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