Ca­me­ron en ap­pelle à la to­lé­rance

Le Pre­mier mi­nistre rap­pelle le par­le­ment lun­di pour une ses­sion ex­tra­or­di­naire

La Montagne (Brive) - - France & Monde / Actualités -

Da­vid Ca­me­ron a lan­cé un ap­pel à la to­lé­rance, hier, en ren­dant hom­mage, à Birs­tall, à la dé­pu­tée tra­vailliste Jo Cox, tuée la veille dans cette ville du nord de l’an­gle­terre.

La po­lice bri­tan­nique en­quê­tait sur de pos­sibles liens avec l’ex­trême droite du meur­trier pré­su­mé de Jo Cox, tuée en pleine rue jeu­di dans sa cir­cons­crip­tion du nord de l’an­gle­terre où s’est ren­du hier Da­vid Ca­me­ron pour rendre hom­mage à la dé­pu­tée, à l’unis­son d’un pays sous le choc.

« Là où nous voyons de la haine, là où nous voyons des di­vi­sions, nous de­vrions les chas­ser de notre vie po­li­tique, de notre vie pu­blique, de nos com­mu­nau­tés », a dé­cla­ré à Birs­tall le Pre­mier mi­nistre, après avoir dé­po­sé une gerbe de fleurs, en­tou­ré du chef de l’op­po­si­tion tra­vailliste Je­re­my Cor­byn et du pré­sident du Par­le­ment John Ber­cow.

Je­re­my Cor­byn a an­non­cé que le Par­le­ment, en va­cances pour cause de ré­fé­ren­dum sur L’UE jeu­di, avait été rap­pe­lé à sa de­mande pour rendre lun­di « l’hom­mage qui est dû (à Jo Cox) au nom de tous ceux qui dans ce pays ché­rissent la dé­mo­cra­tie, la li­ber­té de pa­role et d’ex­pres­sion po­li­tique ».

« At­taque ci­blée »

Le meurtre de Jo Cox, 41 ans, mère de deux jeunes en­fants, a pro­vo­qué une im­mense émo­tion au Royaume­uni ain­si que la sus­pen­sion im­mé­diate de la cam­pagne pour le ré­fé­ren­dum. Elle res­te­ra sus­pen­due au moins jus­qu’à de­main.

La po­lice a dit étu­dier la piste de pos­sibles liens avec l’ex­trême droite du prin­ci­pal sus­pect, un homme de 52 ans, qui au­rait crié « Bri­tain first ! » (« La Grande­bre­tagne d’abord ! »), se­lon des té­moins.

La po­lice a confir­mé que le sus­pect, dans « une at­taque ci­blée », avait ti­ré sur la dé­pu­tée avant de la poi­gnar­der, alors qu’elle gi­sait en sang sur le sol.

Des mé­dias n’hé­si­taient pas à mettre en cause l’agres­si­vi­té de la cam­pa­ gne po­li­tique dans son acte. Le quo­ti­dien The Guar­dian a dé­non­cé « un ton bru­tal qui at­tise les di­vi­sions ».

Le Spec­ta­tor a blâ­mé jeu­di soir le camp mi­li­tant pour la sor­tie de L’UE, met­tant di­rec­te­ment en cause le di­ri­geant du par­ti eu­ro­phobe Ukip Ni­gel Fa­rage et les chefs de file de la cam­pagne pour le Brexit, avant de re­ti­rer ce pas­sage.

Consé­quences im­pré­vi­sibles

Le ton de­vrait dé­sor­mais chan­ger, es­timent les ana­lystes. « Ce drame va avoir un ef­fet apai­sant sur une cam­pagne qui a été agres­sive, avec des conflits de per­sonnes », dé­clare Wyn Grant, pro­fes­seur de po­li­tique an­glaise à l’uni­ver­si­té de War­wick.

« Le camp du Brexit va de­voir faire plus at­ten­tion à son lan­gage », es­time John Cur­tice, pro­fes­seur en sciences po­li­tiques de l’uni­ver­si­té de Stra­th­clyde.

Mais au­cun ne s’aven­ture à pré­dire les consé­quences de ce drame sur le ré­sul­tat du vote alors que les der­nières en­quêtes d’opi­nion, avant le meurtre, don­naient les par­ti­sans du Brexit en tête. ■

PHOTO AFP

ÉMO­TION. La Grande-bre­tagne sous le choc.

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