As­su­rance vie : nou­velle donne

La Montagne (Brive) - - Magazine / Tendances Bourse - Éric Le­roux

L’as­su­rance-vie conserve de nom­breux atouts mais les contrats en eu­ros ont at­teint leurs li­mites dans un contexte de taux d’in­té­rêt au plus bas. Les sup­ports en uni­tés de compte pro­curent des ren­de­ments plus at­trayants avec dif­fé­rents pro­fils de risque.

L’as­su­rance­vie a plus d’un tour dans son sac ! Après avoir mi­sé pen­dant des an­nées sur le cock­tail ma­gique des fonds en eu­ros, elle prend au­jourd’hui le tour­nant des uni­tés de compte, c’est­à­dire les fonds re­pré­sen­ta­tifs de Si­cav, FCP, voire des SCPI et des ETF. Une vraie boîte à ou­tils, ca­pable de ré­pondre aux en­jeux d’un mar­ché à taux nul, où plus au­cun pla­ce­ment ne rap­porte.

Ac­cès res­treint

Si les fonds ga­ran­tis en eu­ros de l’as­su­rance­vie ont fait le bon­heur des épar­gnants, ils at­teignent au­jourd’hui leurs li­mites : les ren­de­ments se sont si­tués à 2,3 % l’an der­nier, contre 4,1 % pour les contrats en uni­tés de compte. Ils de­vraient en­core for­te­ment di­mi­nuer cette an­née, pour pas­ser sous la barre des 2 %. La Banque de France et le Haut Conseil du sec­teur fi­nan­cier (HCSF) ap­pellent d’ailleurs les as­su­reurs à abais­ser les taux de fa­çon plus dras­tique qu’ils ne l’ont fait jus­qu’ici.

Dans le même temps, de plus en plus d’as­su­reurs re­streignent l’ac­cès à leurs fonds en eu­ros, car il leur est im­pos­sible au­jourd’hui de pla­cer les sommes col­lec­tées sans dé­gra­der le ren­de­ment de leurs por­te­feuilles. Spi­ri­ca, fi­liale de Cré­dit Agri­cole As­su­rances, a ain­si an­non­cé qu’elle re­fu­se­rait les sous­crip­tions à 100 % sur le fonds en eu­ros à par­tir de sep­tembre. Elles ne pour­ront re­pré­sen­ter au maxi­mum que 75 % des ver­se­ments, les 25 % res­tants de­vant être in­ves­tis dans des sup­ports en uni­tés de compte.

Une page est donc en train de se tour­ner pour les fonds en eu­ros, d’au­tant qu’un amen­de­ment à la loi Sa­pin II pré­ voit d’aug­men­ter les pou­voirs du HCSF en ma­tière de consti­tu­tion de ré­serves ou de blocage des re­traits sur les fonds en eu­ros, si les condi­tions de mar­ché dé­fa­vo­rables sont sus­cep­tibles d’en­traî­ner une dé­faillance de l’as­su­reur.

Pour tous les goûts

À tra­vers les sup­ports en uni­tés de compte, l’as­su­rance­vie pro­pose de mul­tiples so­lu­tions pour di­ver­si­fier son épargne avec des ni­veaux de risque adap­tés à chaque sous­crip­teur. La plu­part des contrats mo­dernes offrent, en ef­fet, un pa­nel de sup­ports re­pré­sen­tant les prin­ci­pales classes d’ac­tifs. Il y en a pour tous les goûts, des pro­duits simples qui ne com­prennent que quelques sup­ports pour les épar­gnants non ini­tiés aux contrats so­phis­ti­qués qui, eux, ren­ferment plu­sieurs cen­taines de fonds par­mi les plus poin­tus et les plus per­for­mants.

Ven­dus prin­ci­pa­le­ment par des conseillers en ges­tion de pa­tri­moine, sur In­ter­net et, dans une moindre me­sure, par des banques pri­vées, ces contrats sont par­fai­te­ment ar­més pour vous ai­der à trans­por­ter votre épargne au gré des élé­ments, puisque vous pour­rez adap­ter en per­ma­nence votre al­lo­ca­tion d’ac­tifs. ■

PHOTO L’ÉCHO RÉ­PU­BLI­CAIN

REN­DE­MENTS. 2,3 % l’an der­nier pour les fonds ga­ran­tis qui at­teignent leur li­mites contre 4,1 % pour les contrats en uni­tés de compte.

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