La po­li­tique de la ville se veut plus simple et plus ef­fi­cace

La nou­velle po­li­tique de la ville me­née par l’état se veut plus simple et plus ef­fi­cace

La Montagne (Brive) - - La Une - Laurent Bo­nilla

Jusque-là ex­trê­me­ment com­plexe et do­tée d’un bi­lan peu flat­teur, la po­li­tique de la ville, des­ti­née à sou­te­nir les quar­tiers pauvres, a chan­gé. Ex­pli­ca­tions.

Des dis­po­si­tifs par­ci par­là, des sigles en veux­tu en voi­là, des agences gou­ver­ne­men­tales et autres co­mi­tés comme s’il en pleu­vait, une bu­reau­cra­tie en­va­his­sante, des mil­liards dé­ver­sés sur les quar­tiers pauvres, pour… pas grand­chose au fi­nal (voir par ailleurs).

Le sé­vère bi­lan qu’ont dres­sé maints ob­ser­va­teurs de la po­li­tique de la ville me­née par l’état de­puis qua­rante ans a conduit ce der­nier à chan­ger son fu­sil d’épaule.

Quar­tiers. L’un des prin­ci­paux re­proches fait à la po­li­tique de la ville me­née jus­qu’à pré­sent ré­si­dait dans un sau­pou­drage de cré­dits se ré­vé­lant peu ef­fi­cace. L’état a donc re­vu sa co­pie. De 2.300 quar­tiers prio­ri­taires en France, on est pas­sé à 1.500 (soit de 8 mil­lions d’ha­bi­tants à 5 mil­lions). Ces 1.500 quar­tiers sont cen­sés concen­trer les poches de pau­vre­té les plus ai­guës (un seul cri­tère re­te­nu, le re­ve­nu).

Li­mou­sin. Treize quar­tiers ont été re­te­nus en Li­mou­sin : à Li­moges, La Bas­tide, Beau­breuil, Val de l’au­rence nord et Val de l’au­rence sud, Le Vi­ge­nal, Les Portes Fer­rées, Bel­le­vue, Le Sa­blard, Les Cou­tures ; à Brive, Ri­vet, Tu­jac et Les Cha­pé­lies ; à Gué­ret, L’al­ba­tros (*). Soit 31.470 ha­bi­tants (4,2 % de la po­pu­la­tion to­tale li­mou­sine) pour un re­ve­nu moyen an­nuel de 8.992 €.

Contrats. Exit les dif­fé­rents sigles (en­fin, pas tous), place dé­sor­mais au « contrat de ville » que les mu­ni­ci­pa­li­tés et l’état co­signent (Li­moges, Brive et Gué­ret l’ont dé­jà fait). Par­ti­cu­la­ri­té de ces contrats va­lables cinq ans (ils exis­taient dé­jà de 1994 à 1999…) : ils as­so­cient de nom­breux par­te­naires lo­caux (CAF, col­lec­ti­vi­tés lo­cales, bailleurs so­ciaux, Pôle Em­ploi, Édu­ca­tion na­tio­nale, agence ré­gio­nale de san­té, etc.).

Ces contrats re­posent sur quatre pi­liers : « co­hé­sion so­ciale », « cadre de vie et re­nou­vel­le­ment ur­bain », « in­ser­tion, for­ma­tion, em­ploi, dé­ve­lop­pe­ment éco­no­ mique », « po­li­tiques trans­ver­sales » (dis­cri­mi­na­tions, éga­li­té hommes/femmes, jeu­nesse…). Les ac­teurs de ter­rain lancent des ap­pels à pro­jets sus­cep­tibles d’être fi­nan­cés, les­quels pro­jets doivent en­suite être éva­lués.

Les contrats pré­voient éga­le­ment la mise en place – fa­cul­ta­tive – de « con­seils ci­toyens », où siègent les ins­ti­tu­tion­nels, les as­so­cia­tions, les ha­bi­tants.

Fi­nan­ce­ment. Les contrats de ville re­posent pour par­tie sur le co­fi­nan­ce­ment entre l’état (et cer­tains or­ga­nismes qui y sont af­fi­liés telle la Caisse des dé­pôts et con­si­gna­tions) et les par­te­naires lo­caux. « Mais le bud­get glo­ bal al­loué aux quar­tiers ne baisse pas. C’est une prio­ri­té de l’état », plaide Ra­phaël Le Mé­hau­té, pré­fet de la Haute­vienne, qui connaît bien le su­jet pour avoir été se­cré­taire gé­né­ral du co­mi­té in­ter­mi­nis­té­riel des villes et com­mis­saire gé­né­ral à l’éga­li­té des territoires. À de rares ex­cep­tions près, il n’est pas pos­sible pour l’ins­tant de don­ner les mon­tants des cré­dits al­loués ici et là puis­qu’il ne s’agit pas for­cé­ment « d’en­ve­loppes toutes prêtes ».

Fis­ca­li­té. Les avan­tages fis­caux aux en­tre­prises et com­merces s’ins­tal­lant dans les quar­tiers res­tent en place.

De même, les ac­cé­dants à la pro­prié­té bé­né­fi­cient d’une TVA à 5,5 % au lieu de 20 % lors de leur achat. Me­sure louable qui se heurte à la dure réa­li­té des faits : un mé­nage ayant la pos­si­bi­li­té d’ache­ter son bien im­mo­bi­lier le fait très ra­re­ment dans ces quar­tiers !

ANRU. L’agence na­tio­nale de ré­no­va­tion ur­baine existe tou­jours. Elle a lis­té deux cents quar­tiers dits d’in­té­rêt na­tio­nal, qui bé­né­fi­cie­ront de cré­dits sup­plé­men­taires. Il y a en deux en Li­mou­sin, à Li­moges (Beau­breuil et Au­rence sud). ■

(*) Deux autres quar­tiers à Li­moges, Cou­ber­tin et Le Mas­neuf, font l’ob­jet d’une “veille” de l’ad­mi­nis­tra­tion. Ils fi­gu­raient dans la pré­cé­dente mou­ture de la po­li­tique de la ville.

PHO­TO STÉ­PHANE LE­FÈVRE

QUAR­TIER. Le Val de l’au­rence à Li­moges fi­gure par­mi les quar­tiers prio­ri­taires bé­né­fi­ciant de la po­li­tique de la ville.

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