Glaces, ta­pas et Sha­ki­ra, l’île de Ré s’adapte au goût es­pa­gnol

L’île cha­ren­taise s’est mise aux cou­leurs de la « Ro­ja »

La Montagne (Brive) - - Euro 2016 -

Glace ibé­rique avec un in­gré­dient hom­mage à Sha­ki­ra, com­pagne du dé­fen­seur Ge­rard Pi­qué, me­nus en­va­his par les ta­pas, res­tau­rants qui servent plus tard : l’île de Ré est pas­sée à l’heure es­pa­gnole pour ac­cueillir la « Ro­ja » et son cor­tège de sui­veurs es­pa­gnols à l’eu­ro.

« On di­rait de la chantilly gla­cée », s’amusent sur le port de Saint­mar­tin­deRé quelques gour­mands. Ce qu’ils dé­gustent, c’est un « he­la­do de na­ta », une glace à la crème, spé­cia­li­té es­pa­gnole adap­tée à la mode ré­taise par un gla­cier ar­ti­sa­nal de l’île de la côte at­lan­tique.

Avec un in­gré­dient in­at­ten­du : du « dulce de leche » (confi­ture de lait), da­van­tage ré­pu­té en Amé­rique du Sud qu’en Es­pagne. C’est un hom­mage à la chan­teuse co­lom­bienne Sha­ki­ra, com­pagne du dé­fen­seur es­pa­gnol Ge­rard Pi­qué, ex­plique avec ma­lice Fran­çois­xa­vier Ca­tha­la, pa­tron de cette bou­tique fa­mi­liale de glaces bap­ti­sée La Mar­ti­nière.

« Comme l’équipe d’es­pagne ar­ri­vait avec cer­tai­ ne­ment une po­pu­la­tion es­pa­gnole, on vou­lait faire un pe­tit clin d’oeil », ra­conte­t­il.

« On a es­sayé d’éla­bo­rer une glace “na­ta” à notre ma­nière parce qu’on n’a pas de ré­fé­rence de goût là­des­sus. Et pour faire un clin d’oeil à une cé­lèbre femme de joueur, on a mis un cou­lis de lait concen­tré, qui est très uti­li­sé dans tous les des­serts co­lom­biens. »

Le mé­lange semble plaire, avec quatre à cinq litres écou­lés par jour, et la ré­fé­rence mu­si­cale sé­duit.

Sous un franc so­leil, des grappes de tou­ristes se pressent de­vant les vi­trines de la bou­tique, où s’alignent des par­fums aux in­ti­tu­lés par­fois exo­tiques. Pe­tite en­tre­prise ré­taise de pro­duc­tion ar­ti­sa­nale, La Mar­ti­nière fa­brique no­tam­ment des glaces avec des ma­tières pre­mières de l’île, comme celles à la pomme de terre AOP, à l’huile d’olive ou à l’huître, au sur­pre­nant goût io­dé.

Pour la re­cette à l’es­pa­gnole, ce­la au­rait tout aus­si bien pu être cho­ri­zo­poi­vron, sou­rit Fran­çoisXa­vier Ca­tha­la en fai­sant vi­si­ter sa pe­tite ma­nu­fac­ture, éta­blie à Sainte­ma­rie­de­ré. Un peu plus à l’est, à trois ki­lo­mètres seule­ment, se trouve l’hô­tel de luxe où sé­journe l’équipe d’es­pagne le temps de l’eu­ro.

Sur l’île, qui compte en­vi­ron 15.000 ré­si­dents à l’an­née et dix fois plus pen­dant la pé­riode es­ti­vale, l’eu­ro n’a semble­t­il pas bou­le­ver­sé le quo­ti­dien.

Des ta­pas au me­nu des res­tau­rants

Mais on peut voir par­tout des dra­peaux es­pa­gnols flot­tant aux fe­nêtres ou dans les rues. Et sur les routes, les noms des dix com­munes ré­taises ont été tra­duits, Saint­clé­ment­des­ba­leines de­ve­nant « San Cle­mente de las Ba­le­nas » et Ri­ve­douxP­lage « Suave Orilla Playa ».

Ac­cueillir la « Ro­ja » a néan­moins un prix : 100.000 eu­ros in­ves­tis par la com­mune de SaintMar­tin­de­ré pour la ré­fec­tion des ter­rains du stade mu­ni­ci­pal, un mon­tant néan­moins cou­vert par plu­sieurs sub­ven­tions. Et 50.000 eu­ros dé­pen­sés par l’of­fice du tou­risme de l’île en com­mu­ni­ca­tion, afin d’at­ti­rer, à moyen terme, la clien­tèle es­pa­gnole.

Comme La Mar­ti­nière, plu­sieurs éta­blis­se­ments ont adap­té leur offre cu­li­naire aux Es­pa­gnols, no­tam­ment les quelque 200 jour­na­listes ve­nus cou­vrir la com­pé­ti­tion. Cer­tains res­tau­rants ont em­bau­ché des ser­veurs his­pa­no­phones, d’autres ont tra­duit leur carte ou bien ajou­té au me­nu des ta­pas, ces tra­di­tion­nels amuse­gueules à par­ta­ger.

Au res­tau­rant Le Skip­per, à Saint­mar­tin­de­ré, on peut dé­sor­mais gri­gno­ter des « al­bon­di­gas » (bou­lettes de viande) ou des « pa­ta­tas bra­vas » (pommes de terre frites avec une sauce pi­quante). Et les ho­raires des ser­vices ont été al­lon­gés pour conten­ter un pu­blic ha­bi­tué à dî­ner très tard. ■

À L’HEURE ES­PA­GNOLE. Un des gla­ciers de l’île a pré­pa­ré des par­fums spé­ciaux pour faire hon­neur à la « Ro­ja ».

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