Ces cam­brio­lages qui laissent cent maux

Plu­sieurs vic­times té­moignent du trau­ma­tisme su­bi après avoir vu leur mai­son pillée

La Montagne (Brive) - - Le Fait Du Jour Limousin - Pierre Vi­gnaud pierre.vi­gnaud@cen­tre­france.com

À Saint-just-le-mar­tel, plu­sieurs fa­milles ont été cam­brio­lées ces der­nières an­nées. Les vic­times nous livrent leur ex­pé­rience « post-cam­brio­lage ».

Leur in­ter­ven­tion ne dure que quelques mi­nutes. Il leur ar­rive de ne lais­ser qua­si­ment au­cune trace, d’autres fois la mai­son est com­plè­te­ment re­tour­née. Mais dans tous les cas, ils laissent en hé­ri­tage de leur pas­sage un trau­ma­tisme dif­fi­cile à di­gé­rer pour toute la fa­mille.

À Saint­just­le­mar­tel, plu­sieurs ha­bi­tants ont ain­si été vic­times de cam­brio­lages ces der­nières an­nées. « Ce­la ar­rive par vague, puis ça se calme quelque temps et ce­la re­vient », ex­plique Ma­nuel Ver­ger, maire ad­joint de la com­mune et lui­même vic­time d’un cam­brio­lage il y a quelques se­maines. « Nous étions par­tis en week­end pour l’as­cen­sion. La mai­son a été pillée en plein après­mi­di, alors que mes pa­rents qui vivent à cô­té, étaient pré­sents. Il y avait même nos deux chiens mais les vo­leurs les ont ta­bas­sés, le temps de faire leur af­faire. Main­te­nant ils fuient, dès qu’ils voient une ca­mion­nette », ra­conte l’élu.

Une vio­la­tion de l’es­pace d’in­ti­mi­té

À la vio­lence phy­sique, qui par­fois s’abat sur les ha­bi­tants eux­mêmes, s’ajoute la vio­lence des images. Celles de voir sa mai­son re­tour­née, son es­pace d’in­ti­mi­té pié­ti­né. Jean­luc se sou­vient de ce mo­ment où il re­ve­nait d’une soi­rée au res­tau­rant en 2014. « J’ai en­ten­du ma femme crier “on a été cam­brio­lé”. Puis on a vu que tout était par terre dans la salle de bain et dans les deux chambres. Nous étions sur­veillés, c’est évident. Ils sont en­trés au pied­de­biche », ex­plique Jean­luc. Cette vio­la­tion de l’in­time fran­chit une nou­velle étape quand on fait le bi­lan de ce qui a dis­pa­ru. La va­leur sen­ti­men­tale dé­passe sou­vent le prix réel des ob­jets dé­ro­bés. « Ma fille a per­du tous ses sou­ve­nirs de ses an­nées pas­sées aux États­unis. Toutes ses pho­tos étaient sto­ckées dans son or­di­na­teur por­table qui lui a été vo­lé », re­grette Mi­reille, une autre vic­time de la com­mune. « Ils ne cher­chaient que de l’or. Il y avait la bague de fian­çailles de ma femme, des bi­joux of­ferts par les en­fants, et la montre que mon père m’avait lais­sée à sa mort », ex­plique Mi­chel de son cô­té.

La mau­vaise sur­prise des as­su­rances

Ce der­nier ha­bite un lo­tis­se­ment de la com­mune et n’hé­site pas à em­ployer le terme de “viol” pour dé­crire ce trau­ma­tisme. « Cet épi­sode a lais­sé des marques, même trois ans après. Mon épouse en est res­sor­tie très mar­quée. Ça a été un peu moins dur pour moi. Ma femme étant ma­lade à cette époque, tout ce­la res­tait plus ma­té­riel pour moi, même si c’était dif­fi­cile. Main­te­nant, nous fai­sons très at­ten­tion à bien fer­mer la mai­son », té­moigne Mi­chel.

Et si la va­leur sen­ti­men­tale dé­passe le prix réel de l’ob­jet, celle que lui at­tri­buent les experts en as­su­rance a de quoi sur­prendre. « Sur les 10.000 eu­ros de bi­joux que l’on m’a vo­lés, j’ai été rem­bour­sé 3.000 eu­ros », se sou­vient Mi­chel. Pour Mi­reille, la pi­lule a en­core du mal à pas­ser. Son col­lier payé 650 eu­ros lui a été rem­bour­sé 50 eu­ros. « On m’a dit qu’il était usé alors qu’il était en or et que je ne le met­tais pas tous les jours », ra­con­ te­t­elle. « On ne vit ja­mais dans l’op­tique de se faire cam­brio­ler mais si j’avais un conseil à don­ner, ce se­rait de bien mettre à jour ses contrats d’as­su­rance », ex­plique Ma­nuel Ver­ger, maire ad­joint de Saint­just­le­mar­tel.

Reste pour ces vic­times à re­prendre leur quo­ti­dien, sou­vent gui­dé par le sen­ti­ment d’in­sé­cu­ri­té dans les pre­miers temps. Cer­tains dé­cident même d’ins­tal­ler une alarme dans leur do­mi­cile. « L’ins­tal­la­tion et l’achat du ma­té­riel coûtent cher, ex­plique Ma­nuel Ver­ger, qui n’a pas pas­sé ce cap. Moi j’avais des chiens ce­la ne les a pas dis­sua­dés. Et de toute fa­çon, il n’y a plus grand­chose à vo­ler chez moi main­te­nant. » ■

PHO­TO BRU­NO BARLIER

IN­TRU­SION. En plus du vol d’ob­jets de va­leur, la vio­la­tion de la mai­son comme « es­pace de vie pri­vée » est dif­fi­cile à vivre pour les vic­times.

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