Le Sa­lon en li­mou­sine

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités - Do­mi­nique Dio­gon do­mi­nique.dio­gon@cen­tre­france.com

Avant de de­ve­nir res­pon­sable de l’éle­vage au Sa­lon de l’agri­cul­ture, à Pa­ris, Ro­main Fer­rier, le dé­sor­mais ex-di­rec­teur de la com­mu­ni­ca­tion de la race li­mou­sine, sou­ligne le dé­fi­cit d’image dont souffre le monde agri­cole. ture de Pa­ris. « Je vais gé­rer tous les halls où sont ex­po­sés des ani­maux, en par­ti­cu­lier l’im­plan­ta­tion des stands », ex­plique­t­il.

De par son ex­pé­rience, Ro­main Fer­rier en est per­sua­dé : le monde agri­cole en gé­né­ral et l’éle­vage en par­ti­cu­lier doivent mul­ti­plier les opé­ra­tions de com­mu­ni­ca­tion en di­rec­tion du consom­ma­teur.

« On a beau avoir les meilleurs pro­duits, si on ne le fait pas sa­voir, ce­la ne sert à rien. Nous sommes dans une pé­riode où le ” viande­ba­shing ” est à la mode. Les agri­cul­teurs doivent ap­por­ter leurs ré­ponses, ex­pli­quer que ce sont des fi­lières de qua­li­té et qu’elles sont pour­voyeuses d’em­plois. Il faut sen­si­bi­li­ser les jeunes à ces mé­tiers. Et contrer des lea­ders d’opi­nion comme Yann Ar­thus­ber­trand qui as­si­mile l’éle­vage aux feed­lots amé­ri­cains alors que ce n’est pas la réa­li­té du Mas­sif cen­tral. »

Avant de fi­nir les car­tons et de bou­cler ses va­lises, Ro­main Fer­rier re­garde avec un pin­ce­ment au coeur dans le ré­tro­vi­seur. « Sur une courte pé­riode, j’ai ren­con­tré une race, des éle­veurs, ache­té ma pre­mière mai­son, je me suis ma­rié et j’ai eu mes deux en­fants », ré­sume­t­il.

« À la fin de mon mas­ter de mar­ke­ting, j’avais trois cibles prio­ri­taires pour exer­cer mon mé­tier : le sport, la mu­sique et l’agri­cul­ture. J’ai tes­té les deux pre­miers mais c’étaient des mondes as­sez su­per­fi­ciels et creux, qui ne me plai­saient pas for­cé­ment au ni­veau des va­leurs hu­maines. Au contraire de ce que j’ai trou­vé dans l’agri­cul­ture. »

Entre 2006 et 2016, les ef­fec­tifs de la race li­mou­sine sont pas­sés de 940.000 à 1.100.000 ani­maux. « Alors que, dans le même temps, le chep­tel fran­çais bais­ sait de 5 %. Mais je n’ai fait qu’ac­com­pa­gner une dy­na­mique en­clen­chée dès les an­nées 1960. Je n’ai qu’ap­por­té que ma pe­tite contri­bu­tion », com­plète­t­il.

Par­mi ses plus grosses sa­tis­fac­tions, outre le lan­ce­ment du Li­mou­sine park (lire­contre), le Cor­ré­zien d’adop­tion cite spon­ta­né­ment l’opération “Ti­tine sur Seine”. « En 2007, une vache li­mou­sine avait été choi­sie comme mas­cotte du Sa­lon de l’agri­cul­ture. Le 14 fé­vrier, le jour de la Saint­va­len­tin, nous avons mis Ti­tine sur une pé­niche. Ce­la a fait un buzz ter­rible et de­puis, la vache mas­cotte du Sa­lon est très mé­dia­ti­sée. Je pour­rais éga­le­ment ci­ter le Na­tio­nal de 2013 or­ga­ni­sé en plein centre de Nan­cy. Un mo­ment ma­gni­fique, ma­gique, qui a en­traî­né une belle dy­na­mique dans tout l’est de la France avec vingt points de vente sup­plé­men­taires en deux ans pour le La­bel rouge li­mou­sin », conclut­il. ■

PHO­TO FRÉ­DÉ­RIC LHERPINIÈRE

REN­CONTRES. « Sur une courte pé­riode, j’ai ren­con­tré une race, des éle­veurs, ache­té ma pre­mière mai­son, je me suis ma­rié et j’ai eu mes deux en­fants », ré­sume, un brin nos­tal­gique, Ro­main Fer­rier.

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