Le Brexit vu par les Bri­tan­niques ins­tal­lés en Cor­rèze

Cor­ré­zien de­puis 10 ans, William passe le bac à Tulle

La Montagne (Brive) - - La Une - Alain Al­bi­net alain.al­bi­net@cen­tre­france.com

Ins­tal­lé à Espagnac de­puis 10 ans, ly­céen en ter­mi­nale à Tulle et fu­tur étu­diant en An­gle­terre, William Par­ry se pré­sente comme un Eu­ro­péen convain­cu.

«Au dé­but, quand on a com­men­cé à par­ler du Brexit, je croyais que c’était une blague. Je suis né dans l’an­gle­terre qui fai­sait dé­jà par­tie de l’eu­rope, et je ne par­tage pas les rai­sons qui poussent cer­tains à vou­loir en sor­tir ».

Du haut de ses 18 ans, William Par­ry a dû bien réus­sir à son épreuve de phi­lo au bac, vu son rai­son­ne­ment très struc­tu­ré sur la si­tua­tion po­li­tique ac­tuelle dans son pays.

« Seul, on n’est rien »…

« Beau­coup de choses ne sont pas fon­dées sur le Brexit. Les ar­gu­ments sont su­per­fi­ciels. Il s’agit sur­tout d’un mou­ve­ment an­ti­émi­grés », sou­ligne ce ly­céen in­terne en sec­tion lit­té­raire, de­meu­rant à Espagnac. « Et comme je suis émi­gré moi­même en France, je ne peux pas m’y re­con­naître ».

Ses pa­rents ayant choi­si de s’ins­tal­ler en Cor­rèze, voi­ci une di­zaine d’an­nées, en y amé­na­geant des chambres d’hôtes, William place aus­si le dé­bat sur le plan éco­no­mique. « Cette po­li­tique ba­ sée sur le na­tio­na­lisme n’est pas fon­dée dans le monde d’au­jourd’hui. On n’est plus au temps de l’em­pire bri­tan­nique. Sans l’eu­rope, on n’est plus con­si­dé­ré comme une grande puis­sance. Seul, on n’est rien ».

Sur un plan en­core plus concret, il pré­cise : « La plu­part de nos clients sont An­glais et ce­la com­pli­que­ra les choses si on se dé­tache du con­tinent ».

Ce­la n’em­pê­che­ra pas William d’al­ler pour­suivre ses études uni­ver­si­taires à Londres, dans le ci­né­ma. « Mais ça m’em­bê­te­rait d’avoir à pré­sen­ter mon pas­se­port à la fron­tière, pour re­ve­nir chez moi, en Cor­rèze ».

Concer­nant le cham­pion­nat d’eu­rope de foot­ball, le ly­céen an­glais est tou­te­fois « pour l’an­gle­terre. Si­non pour la France ». Mais il pré­cise de suite : « Mon pe­tit frère de 14 ans, lui, est car­ré­ment Cor­ré­zien et beau­coup plus Fran­çais qu’an­glais ! ». ■

À TULLE. William Par­ry, 18 ans.

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