Huit ans de pri­son de plus

Con­dam­né pour le bra­quage du ma­ga­sin Casino à Li­moges

La Montagne (Brive) - - Limousin Actualité - Co­ra­lie Zarb

Au terme de deux jours de pro­cès, Ibra­hi­ma Drame a été con­dam­né à huit ans de ré­clu­sion cri­mi­nelle pour le bra­quage du Casino, rue Wa­gner, à Li­moges.

«Ac­cu­sé, le­vez­vous. Avez­vous quelque chose à dire avant la fer­me­ture des dé­bats ? » Pour la pre­mière fois de la jour­née, Ibra­hi­ma Drame (*) lève les yeux du sol et re­garde la cour. « Quelle que soit la sanc­tion, je l’ac­cep­te­rai, c’est tout. Les ex­cuses que j’avais à faire, je les ai faites, je n’ai rien à ajou­ter. » Il baisse le mi­cro d’un geste dé­fi­ni­tif et se ras­soit.

Hier, pour avoir bra­qué avec une arme de poing ­ a prio­ri fac­tice mais ja­mais re­trou­vée ­ le su­per­mar­ché Casino de la rue Wa­gner à Li­moges le 27 no­vembre 2012, Ibra­hi­ma Drame a été con­dam­né à huit ans de pri­son ferme, à une in­ter­dic­tion de pa­raître en Haute­vienne pen­dant dix ans à par­tir de sa sor­tie et à une in­ter­dic­tion de port d’arme pen­dant cinq ans, de fait.

L’avo­cat gé­né­ral Xa­vier Pas­tu­rel avait re­quis dix ans pour ce­lui qui a dé­jà été con­dam­né à huit ans pour les mêmes faits à Brive il y a quelques mois.

Eton­nante per­son­na­li­té que celle de l’ac­cu­sé. Étran­ge­ment hon­nête pour un mal­fai­teur aus­si achar­né, qui au­ra fait du vol et du bra­quage un mode de vie. « J’avais choi­si l’ar­gent fa­cile, avoue­t­il. Main­te­nant, je me suis fait at­tra­per, à par­tir de là, j’as­sume. »

Pain bé­ni pour les ins­pec­teurs de po­lice qui n’avait au­cun élé­ment ma­té­riel contre lui, juste une sus­pi­cion de­vant le mode opé­ra­toire si­mi­laire avec le bra­quage de la bi­jou­te­rie Phi­lip­pa­rie à Li­moges. Il avoue­ra de lui­même.

A la barre, il li­vre­ra tous les dé­tails, où il a chan­gé d’ha­bits pour ne pas être re­pé­ré après les faits, comment il s’est ca­ché dans le ma­ga­sin, comment a ré­agi la mal­heu­reuse em­ployée qui s’est re­trou­vée avec une arme poin­tée sur elle. Il par­le­ra de son che­mi­ne­ment in­té­rieur par rap­port aux vic­times, di­ra com­prendre au­jourd’hui leur souf­france, éprou­ver de la « honte d’avoir dé­truit des vies », pré­sen­te­ra des ex­cuses.

Le pré­sident évo­que­ra son en­fance dans un quar­tier dé­fa­vo­ri­sé de Mon­treuil pour ten­ter de com­prendre comment cet homme in­tel­li­gent s’est re­trou­vé bra­queur pro­fes­sion­nel. Ibra­hi­ma Drame ne s’en­gouffre pas dans la brèche. « Ce n’est pas le quar­tier, ni mes pa­rents, c’est mon libre ar­bitre, on a le choix dans la vie. »

« Ah, l’en­fance mal­heu­reuse ! La grande in­vi­tée des pro­cès d’as­sises ne se­ra pas là au­jourd’hui », confir­me­ra son avo­cate Me Ju­lia Bé­naïm dans sa plai­doi­rie. Elle poin­te­ra mal­gré tout du doigt ce conseiller d’orien­ta­tion qui a en­voyé son client en ap­pren­tis­sage en plom­be­rie quand lui vou­lait de­ve­nir cui­si­nier. « J’ai com­men­cé à sé­cher, à fu­mer… », re­la­te­ra l’ac­cu­sé.

« Au­jourd’hui, Drame est un spectre, re­prend son avo­cate. Il est con­dam­né à une mort so­ciale. A quel âge sor­ti­ra­t­il de pri­son?»

Si les ju­rés ont bais­sé les ré­qui­si­tions de deux ans, Ibra­hi­ma Drame n’en a pas en­core fi­ni avec la jus­tice. D’autres af­faires l’im­pli­quant sont ac­tuel­le­ment en cour d’ins­truc­tion. ■

(*) Une er­reur s’est glis­sée dans notre ar­ticle d’hier. L’ac­cu­sé se nomme Ibra­hi­ma Drame et non Brame.

PHO­TO : THO­MAS JOUHANNAUD

JU­GÉ. Dé­jà con­dam­né à huit ans à Brive pour le bra­quage de La Poste du Tu­jac.

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