L’en­tre­prise GMP Industries fait son trou

Ce spé­cia­liste de la tô­le­rie et chau­dron­ne­rie dans l’agroa­li­men­taire a fait le pa­ri de la di­ver­si­fi­ca­tion

La Montagne (Brive) - - L'économie En Limousin - Vir­gi­nie Mayet vir­gi­nie.mayet@cen­tre­france.com

GMP In­dus­trie, spé­cia­li­sée dans la sous-trai­tance en tô­le­rie et chau­dron­ne­rie s’agran­dit et semble avoir réus­si le pa­ri de la di­ver­si­fi­ca­tion.

Pas­cal Ma­quin est un homme heu­reux. Même s’il pré­fère res­ter pru­dent, le PDG de GMP Industries joue la carte de l’in­ves­tis­se­ment.

Tout com­mence en 2009 lors­qu’il ra­chète la so­cié­té Au­belle de Cham­bon­surVoueize. « Je me suis po­sé de nom­breuses ques­tions et fi­na­le­ment j’ai dé­ci­dé de m’ins­tal­ler à Gouzon. »

Le bâ­ti­ment en construc­tion per­met­tra de dou­bler la su­per­fi­cie des lo­caux

Si Pas­cal Ma­quin change de lieu, il opte aus­si pour une nou­velle stra­té­gie : la di­ver­si­fi­ca­tion. D’un client prin­ci­pal – Elec­tro­lux à Au­bus­son –, GMP passe à plu­sieurs. « Au­jourd’hui, on en a 5,6 prin­ci­pa­le­ment dans l’agroa­li­men­taire. » Mais aus­si dans les do­maines du luxe et du bien­être, comme nous le montre le PDG en nous en­traî­nant dans l’ate­lier de fa­bri­ca­tion où trônent de drôles de pièces. Il s’agit de châs­sis des­ti­nés à ac­cueillir des pé­da­liers pour pra­ti­quer l’aqua­bi­king !

In­ox, tôle gal­va­ni­sée, grillages, ma­tières de dif­fé­rentes épais­seurs sont en­tre­po­sées à l’en­trée et de­vant. « Nous n’avons plus as­sez de place pour tout lo­ger. Ce qui nous oblige à en sor­tir le ma­tin et à tout ren­trer le soir ! »

D’où la construc­tion d’un nou­veau bâ­ti­ment, en pro­lon­ge­ment. Cet agran­dis­se­ment va per­ mettre de dou­bler la su­per­fi­cie de GMP, en pas­sant de 1.200 à 2.200 m2.

Ici, les pièces sont d’abord ci­saillées ou sciées. C’est la pré­pa­ra­tion de la ma­tière pre­mière. Der­rière, la poin­çon­neuse se fait en­tendre. Ré­sonne. Elle per­met la mise en forme.

La pièce est en­suite pliée et sou­dée si be­soin. Jean­ François, in­té­ri­maire, est en train de réa­li­ser une com­mande des­ti­née à une bou­lan­ge­rie in­dus­trielle, tout en je­tant un oeil sur le plan de temps en temps. La sou­dure lui per­met d’as­sem­bler plu­sieurs pièces. « Dif­fé­rentes tech­niques de sou­dure existent se­lon la ma­tière », ex­plique le pa­tron qui a in­ves­ti dans de nou­velles ma­chi­ nes de­puis 2013. La der­nière plieuse vient d’ar­ri­ver ce ma­tin.

Ces ma­chines ré­centes fonc­tionnent avec un ro­bot. Ce qui per­met de ga­gner du temps et d’évi­ter de de­voir ré­gler à chaque dé­coupe ou fa­çon­nage. L’opé­ra­teur les pro­gramme et a plus de temps pour d’autres tâches. Par­fois, cer­taines pièces pas­ sent par une der­nière étape : celle de la fi­ni­tion. « Il s’agit de su­bli­mer le tra­vail des co­pains à l’aide de pro­jec­tion de mi­cro­billes de verres, sur le même prin­cipe que le sa­blage. »

GMP est pas­sée de 7 sa­la­riés, lors de la re­prise, à 12 au­jourd’hui. Six d’entre eux sont des in­té­ri­maires mais les choses de­vraient évo­luer dans les pro­chains mois, no­tam­ment dès la ré­cep­tion du nou­veau bâ­ti­ment en sep­tembre. Pour ce faire, il faut for­mer les opé­ra­teurs. « En Creuse, j’ai du mal à trou­ver du per­son­nel qua­li­fié dans ce do­maine. »

Di­ver­si­fi­ca­tion, agran­dis­se­ment, dé­ve­lop­pe­ment, on peut dire que pour l’ins­tant, cet an­cien sa­la­rié, qui avait en­vie de vo­ler de ses propres ailes, a réus­si son pa­ri. ■

PHO­TO MI­CHÈLE DELPY

FA­BRI­CA­TION. Ci­saillée, poin­çon­née puis pliée, la pièce en in­ox est en­suite sou­dée.

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