Le re­tour du so­leil re­donne es­poir aux ca­fe­tiers

Le mau­vais temps de ces der­nières se­maines a pri­vé les dé­bits de bois­sons de ter­rasses et de chiffre d’af­faires.

La Montagne (Brive) - - La Une - Pris­cille Peyre

La ter­rasse : un vé­ri­table atout pour les bars, bistrots, ca­fés ou res­tau­rants en tous genres. Rares sont ceux qui ne dis­posent pas d’un bout de ter­rain en ex­té­rieur. En­core faut­il pou­voir en dis­po­ser…

La mé­téo de ces der­nières se­maines a in­con­tes­ta­ble­ment mi­né le mo­ral… et le commerce. Un pe­tit tour de ville, à Brive, suf­fit à s’en rendre compte. Gé­rant du bar Le Sham­rock de­puis plus de neuf ans, Thier­ry Por­ton fait par­tie des moins im­pac­tés. « Notre plus gros chiffre, nous le fai­sons pen­dant l’hi­ver, grâce à notre am­biance “pub”. Quand la ter­rasse est pleine, c’est que la salle est vide. Il n’y a pas un dou­ble­ment de la clien­tèle, mais un dé­pla­ce­ment de l’in­té­rieur vers l’ex­té­rieur ». Pour lui, la mé­téo reste un fac­teur re­la­ti­ve­ment se­con­daire, bien qu’elle ait plom­bé le chiffre d’af­faires d’avril et mai mal­gré tout.

« On voit la dif­fé­rence avec juin 2015 »

Chez Ma­ry­line Au­de­bert, le dis­cours se veut un peu plus mi­ti­gé. Son ca­fé­res­tau­rant Un coin de cam­pagne a souf­fert des aléas cli­ma­tiques. « Heu­reu­se­ment, j’ai une clien­tèle de fi­dèles, et des concur­rents qui ont fer­mé. Mais ça ne suf­fit pas à com­pen­ser le manque à ga­gner. On voit la dif­fé­rence avec juin 2015 du­rant le­quel il avait fait très beau ».

Avec 30 places en l’in­té­rieur et une quin­zaine en bor­dure de bou­le­vard, cette jeune gé­rante a pu main­te­nir un cer­tain équi­libre. Une ma­noeuvre plus com­pli­quée pour ceux qui comptent sur leur ter­rasse. « J’ai une amie qui a une im­mense ter­rasse et un tout pe­tit de­dans : ça a été ca­tas­tro­phique ».

Le ca­fé Bo­go­ta éta­blit le même constat : « On a au moins deux fois plus de places as­sises à l’ex­té­rieur. Même en ou­vrant les pa­ra­sols, on ne peut uti­li­ser que quatre tables, les autres étant mouillées. Ça a été une mau­vai­ se sai­son ; la se­maine der­nière, on a mis une se­maine à at­teindre le chiffre qu’on au­rait dû faire en deux jours ! », com­plète Sé­bas­tien Mendes, ser­veur de­puis deux ans.

La mé­téo joue éga­le­ment à d’autres ni­veaux, et cer­tains com­mer­çants ont re­le­vé la grise mine des pas­sants tout au long du prin­temps. « Dès que le so­leil sort, ils ont en­vie de man­ger en de­hors de chez eux, de se re­trou­ver, ils sou­rient… », com­mente Ma­ry­line Au­de­bert.

En­fin, il y a tous ces fac­teurs an­nexes qui rendent le mé­tier de plus en plus dif­fi­cile. Ain­si le pa­tron du Sham­rock énu­mère’éten­due des pa­ra­mètres à prendre en compte : le pou­voir d’achat en berne, le dur­cis­se­ment de la lé­gis­la­tion sur l’al­cool, le manque de res­pect crois­sant de la part de la clien­tèle, une cer­taine forme d’in­di­vi­dua­lisme… « Les gens s’amusent dif­fé­rem­ment. Pour l’eu­ro de foot, ça ne se passe pas comme les autres fois. Là ils achètent un pack de bière, une piz­za, et ils font ça chez eux ». Es­pé­rons que le so­leil ra­mène la bonne hu­meur avec lui… ■

PHO­TO FRÉ­DÉ­RIC LHERPINIÈRE

RA­FRAέCHIS­SE­MENT. Les clients sont de re­tour sur les ter­rasses après plu­sieurs se­maines d’ab­sence.

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