Opé­ré par er­reur de l’oeil : il ré­clame une contre ex­per­tise

La Montagne (Brive) - - Limousin Actualité -

Jeu­di 26 mai, nous re­la­tions dans nos co­lonnes la mésa­ven­ture de ce pa­tient, âgé de 85 ans au­jourd’hui, opé­ré à la place d’un autre au ser­vice oph­tal­mo­lo­gie de la cli­nique Ché­nieux à Li­moges, en dé­cembre 2011.

Ve­nu pour se faire opé­rer sous anes­thé­sie lo­cale d’un en­tro­pion (pau­pière qui se re­tourne), il s’est re­trou­vé sous anes­thé­sie gé­né­rale, opé­ré d’une vi­trec­to­mie, qui a pro­vo­qué l’ac­cé­lé­ra­tion de sa ca­ta­racte pré­exis­tante. Le pa­tient a de plus fait une em­bo­lie pul­mo­naire sur la table d’opé­ra­tion…

Chute bru­tale de la vi­sion d’un oeil

Su­bis­sant de­puis 2014 une chute bru­tale de sa vi­sion de l’oeil opé­ré, pro­vo­quée par une DMLA, il ré­clame une nou­velle ex­per­tise prou­vant le lien entre son han­di­cap ac­tuel et l’er­reur dont il a été vic­time. En ef­fet, la pre­mière ex­per­tise, de­man­dée par la com­mis­sion de conci­lia­tion et d’in­dem­ni­sa­tion, n’a pu éta­blir de rap­port de cau­sa­li­té.

Hier, son avo­cat, et ceux de ses ad­ver­saires que sont l’as­su­reur de la cli­nique Ché­nieux, l’anes­thé­siste et le chi­rur­gien, se sont op­po­sés sur la ques­tion de cette contre­ex­per­tise ju­di­ciaire de­vant le juge des ré­fé­rés.

Pour Me Ma­thieu Plas, qui re­pré­sente le pa­tient, la pre­mière ex­per­tise ne donne pas clai­re­ment la ré­ponse du rap­port entre l’er­reur de base, la DMLA ac­tuelle et l’em­bo­lie faite sur la table d’opé­ra­tion.

Mais pour tous les autres, une nou­velle ex­per­tise ne se jus­ti­fie pas. « Il a une DMLA de­puis 2007 et on sait quand un oeil est at­teint que l’autre le se­ra. Et l’opé­ra­tion n’a fait que dé­com­pen­ser une ca­ta­racte pré­exis­tante qu’il au­rait eue quelques mois plus tard et pour la­quelle il a été opé­ré, avance Me Cé­cile Col­lard, con­seil de l’anes­thé­siste. On peut com­prendre que mo­ra­le­ment ce­la a été dif­fi­cile pour lui mais il n’y a pas de lien de cau­sa­li­té. »

S’ils ne contestent pas l’er­reur d’iden­ti­fi­ca­tion, « à la li­mite, ce­la n’est pas la ques­tion », tranche Me Phi­lippe Clerc, re­pré­sen­tant du chi­rur­gien. S’ap­puyant sur l’ex­per­tise, l’avo­cat va jus­qu’à dé­cla­rer que l’er­reur a pro­ba­ble­ment sau­vé la vie du pa­tient.

La throm­bose dont souf­frait le pa­tient au­rait pu lui être fa­tale si un anes­thé­siste, dont la pré­sence n’était pas né­ces­saire pour son opé­ra­tion de l’en­tro­pion, n’avait pas été pré­sent…

Le juge des ré­fé­rés se pro­non­ce­ra le 13 juillet sur la né­ces­si­té ou non d’or­don­ner une nou­velle ex­per­tise. ■

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