L’es­pagne joue avec le feu

Au­cun par­ti ne de­vrait avoir de ma­jo­ri­té dans le pro­chain Par­le­ment

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités - Jean-charles Sain­tonge 4380,03 pts 2978,31 pts 17851,88 pts

Il est grand temps que les élec­teurs es­pa­gnols se rendent aux urnes. Après l’in­ter­mède de l’ab­sence – pen­dant six mois – de gou­ver­ne­ment is­su des élec­tions du 20 dé­cembre, la cam­pagne pour les nou­velles lé­gis­la­tives, di­manche, s’achève dans de fu­tiles po­lé­miques et les coups bas.

L’Es­pagne n’a plus de temps à perdre dans la non­gou­ver­nance. Ses pro­blèmes éco­no­miques et fi­nan­ciers res­tent en­tiers en dé­pit d’une amé­lio­ra­tion de sa crois­sance et du taux de chô­mage. Bruxelles n’a de cesse de lui rap­pe­ler ses obligations en ma­tière de dé­fi­cit pu­blic.

Les en­quêtes d’opi­nion ne semblent pas ap­por­ter de ré­ponse po­li­tique adé­quate. Toutes convergent pour mon­trer qu’au­cun par­ti n’au­ra de ma­jo­ri­té ab­so­lue et que le Par­ti po­pu­laire (Pp/droite) de Ma­ria­no Ra­joy, au pou­voir, de­vrait en­core fi­gu­rer à la pre­mière place avec, gros­so mo­do, le même ré­sul­tat élec­to­ral.

La seule nou­veau­té est en trompe l’oeil. L’émer­gence de la coa­li­tion Uni­do Po­de­mos (UP) entre Po­de­mos et Iz­quier­da uni­da (IU), deux for­ma­tions de la gauche ra­di­cale. Elle de­vrait ra­fler au Par­ti so­cia­ + 0,29 %

liste (PSOE) la deuxième place du scru­tin di­manche. En fait, le to­tal des voix de IU et de Po­de­mos dé­pas­sait dé­jà, le 20 dé­cembre, d’un de­mi­mil­lion de voix ce­lui du PSOE. Mais, sys­tème élec­to­ral ai­dant, le PSOE ob­te­nait 19 sièges de plus. Il de­vrait lo­gi­que­ment perdre plu­sieurs man­dats.

Le rap­pro­che­ment est pu­re­ment élec­to­ra­liste entre Po­de­mos et Iz­quier­da uni­da. Il vise à faire dis­pa­raître des écrans, no­tam­ment mé­dia­tiques, le PSOE et per­mettre à la coa­li­tion Uni­do Po­de­mos d’in­car­ner, seule, l’op­po­si­tion au fu­tur gou­ver­ne­ment mi­no­ri­taire de l’ac­tuel ré­sident du pa­lais de la Mon­cloa, Ma­ria­no Ra­joy, ou plus vrai­sem­bla­ble­ment d’un suc­ces­seur dont l’image se­ra moins ter­nie par les scan­dales de cor­rup­tion de ces der­nières an­nées.

Il existe une conver­gence d’in­té­rêts entre la droite de Ra­joy et la gauche ra­di­cale d’uni­do Po­de­mos. Re­trou­ver les dé­lices de la L’ÉVO­LU­TION DU CAC 40 + 0,37 % Var. 31/12 : - bi­po­la­ri­sa­tion de la vie po­li­tique es­pa­gnole qui avait dis­pa­ru ces der­nières an­nées avec l’ap­pa­ri­tion de Po­de­mos et du par­ti de centre droit Ciu­da­da­nos. Une bi­po­la­ri­sa­tion toute au bé­né­fice d’une droite main­te­nue au pou­voir par la gauche ra­di­cale et qui trou­ve­ra des ma­jo­ri­tés de gou­ver­ne­ment au gré des dos­siers exa­mi­nés au Par­le­ment.

Les échéances éco­no­miques et fi­nan­cières de l’es­pagne lui im­posent – quel que soit le gou­ver­ne­ment en place – une po­li­tique d’aus­té­ri­té ac­crue.

Le dé­fi­cit pu­blic n’est tou­jours pas dans les clous, la ré­forme fis­cale n’a por­té que sur le ni­veau d’im­po­si­tion, le fi­nan­ce­ment des re­traites n’est as­su­ré qu’à l’ho­ri­zon 2021.

Pour l’heure, seule la ré­forme du mar­ché du travail a don­né des ré­sul­tats.

L’es­pagne est idéo­lo­gi­que­ment au centre gauche. Se­ lon un ré­cent son­dage, 57 % des élec­teurs ne vo­te­raient ja­mais pour le PP, 43 % ja­mais pour Po­de­mos alors que seuls 14 % ex­cluent la pos­si­bi­li­té de vo­ter soit pour le PSOE soit pour Ciu­da­da­nos.

La ten­ta­tive de coa­li­tion Psoe­ciu­da­da­nos au len­de­main des lé­gis­la­tives de dé­cembre s’est heur­tée les 2 et 4 mars à la ma­jo­ri­té de cir­cons­tance consti­tuée par le PP et Po­de­mos lors de la ses­sion d’in­ves­ti­ture au Par­le­ment.

Po­de­mos et son al­lié d’iz­quier­da uni­da veulent bien gou­ver­ner avec le PSOE mais à la seule condi­tion que ce­lui­ci ne soit qu’un sup­plé­tif. Coa­li­tion in­en­vi­sa­geable tant les pro­grammes éco­no­miques sont di­ver­gents. L’ar­ri­vée d’uni­do Po­de­mos au pou­voir se tra­dui­rait ra­pi­de­ment par une is­sue à la grecque ou à la por­tu­gaise (jus­qu’en 2014), sous tu­telle de la troï­ka (UE, FMI et BCE), scé­na­rio ex­clu par le PSOE. ■

Lé­gis­la­tives. 350 sièges sont à pour­voir. La moyenne des son­dages don­ne­rait de 113 à 131 sièges au PP ; de 78 à 92 à Uni­do Po­de­mos ; de 73 à 85 au PSOE et de 33 à 48 à Ciu­da­da­nos. + 0,12 %

AFP

PO­LI­TIQUE DE LA TERRE BRÛ­LÉE. Si le Par­ti po­pu­laire se main­tient au pou­voir, avec ou sans son lea­der Ma­ria­no Ra­joy, ce se­ra grâce à Pa­blo Igle­sias (Po­de­mos).

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