Le car­ton rouge des sup­por­ters de L’ASM

La Montagne (Brive) - - Magazine Médias - Mi­chel Fillière mi­chel.filliere@cen­tre­frnce.com

Avec six points d’avance à deux mi­nutes de la fin, com­ment L’ASM a-t-elle pu perdre sa de­mi-fi­nale du cham­pion­nat de France de rug­by ? Par manque de fraî­cheur et de lu­ci­di­té ? Par la faute de l’ar­bitre ? Nos lec­teurs de­visent.

Et si le pre­mier de la classe n’était pas le meilleur élève ? Re­gar­dez L’ASM. Après la dé­ban­dade eu­ro­péenne, elle avait ra­va­lé son blues et ca­ra­co­lait en tête du Top 14 avec une belle fraî­cheur. Va­lo­ri­sant ? Trop ! Car fi­na­le­ment, toute hié­rar­chie spor­tive est faite pour être bous­cu­lée.

En bon pro­fes­seur, Jo­sé donne le coup d’en­voi : « Le pre­mier de classe a tou­jours in­té­rêt à se faire ou­blier pour faire par­don­ner sa fa­ci­li­té. Il su­bit une pres­sion in­fer­nale car il y a tou­jours un risque de ré­tro­gra­der tan­dis que les autres ne peuvent que pro­gres­ser. » Même constat pour De­nis : « Pour

conser­ver un sta­tut de lea­der, on risque la dé­prime pour dé­fendre son titre alors que les autres n’ont rien à perdre. »

C’est un peu un re­make à l’en­vers de l’his­toire, vous sa­vez bien, toutes ces fi­nales per­dues… Jacques en ar­rive à pen­ser qu’« il faut un cham­pion­nat avec moins d’équipes où l’on consi­dère que le pre­mier du cham­pion­nat est cham­pion de France. » Une lo­gique que le rug­by fran­çais re­fuse, « alors que sou­vent c’est le troi­sième ou le qua­trième qui est sa­cré cham­pion », constate Ré­mi.

Donc L’ASM a en­core coin­cé. Parce que le pre­mier de la classe a man­qué d’as­su­rance ? À deux mi­nutes du terme, un contre « as­sas­sin » du Ra­cing 92, comme notre en­voyé spé­cial à Rennes l’a écrit. Ce que nous re­proche Da­nièle : « Ar­rê­tez avec vos com­men­taires guer­riers : as­sas­sin, is­sue cruelle, ban­de­rille dé­ci­sive, am­biance mor­ti­fère dans le même ar­ticle. C’est en­core un jeu, non?»

Un sport aus­si. Mais le grain de sable qui a en­rayé la ma­chine au­ver­gnate se­rait l’ar­bitre. Il faut bien trou­ver un cou­pable. Et l’homme au sif­flet en prend pour son grade. La cu­rée, c’est aus­si pour son col­lègue de la vi­déo. Les car­tons rouges pleuvent. Cer­tains sont à la li­mite de la dif­fa­ma­tion : ils n’ont pas leur place ici. Par­mi les pro­pos les moins ve­ni­meux, ceux de deux lec­teurs qui ré­sument la cri­tique. « C’est un in­com­pé­tent. Il n’a rien vu des fautes du Ra­cing, Azé­ma a rai­son de dire qu’on se fait vo­ler », in­siste Fran­çois. « Oui, on s’est fait flouer en beau­té et c’est scan­da­leux », en­rage Ca­ro­line.

Louis Malle en avait fait tout un ci­né­ma quand il a com­pris qu’« il y a tout dans le rug­by. Une co­mé­die hu­maine pleine de sen­si­bi­li­té d’es­pé­rance et dé­cep­tion, de rires et de larmes. »

Reste qu’au rug­by, « le meilleur moyen d’at­teindre son ob­jec­tif est d’ai­der les autres à at­teindre le leur », lance An­drée en pa­ra­phra­sant le ga­gneur John Wil­kin­son. Sur le ter­rain il y a ceux qui jouent au pia­no et ceux qui les dé­mé­nagent et qui gagnent, eux. « Per­sonne ne vous oblige à jouer mais si vous le faites ce ne doit pas être à moi­tié », plai­dait An­dré Bo­ni­face…

Si­non la sanc­tion est ter­rible et re­nou­ve­lable. Même Fran­çois Mit­ter­rand le pen­sait : « La pire er­reur n’est pas dans l’échec mais dans l’in­ca­pa­ci­té de do­mi­ner l’échec. » ■

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