Une femme rouée de coups parce qu’elle était mal ga­rée

La Montagne (Brive) - - Limousin Actualité - Co­ra­lie Zarb

La voi­là. En­core. La fa­meuse théo­rie du com­plot. Les ma­gis­trats du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Li­moges la voient res­sor­tir à toutes les sauces, même les plus in­di­gestes.

La der­nière en date a été ex­po­sée hier après­mi­di pen­dant la com­pa­ru­tion im­mé­diate où un homme de 36 ans était ju­gé pour des vio­lences et des me­naces de mort sur trois femmes, mar­di 21 juin à Li­moges.

Il est 11 heures du ma­tin, sur la pe­tite place de la rue des Co­opé­ra­teurs où les places gra­tuites sont chères… La gé­rante de l’hô­tel d’à cô­té s’est mal ga­rée, en­tra­vant la sor­tie d’un vé­hi­cule. Cons­ciente de ce fait, elle a lais­sé un petit mot in­di­quant où elle se trou­vait, au be­soin.

Quand le pro­prié­taire du vé­hi­cule blo­qué se pré­sente à l’hô­tel, le frère de la gé­rante le re­con­naît : c’est lui qui, quelques se­maines au­pa­ra­vant, avait frap­pé vio­lem­ment sa voi­ture sur le même par­king…

Rouée de coups

Tout en en­le­vant son vé­hi­cule pour le lais­ser sor­tir, la gé­rante lui de­mande pour­quoi il s’en était pris à la voi­ture de son frère. Mau­vaise ques­tion, mau­vaise pioche. L’homme l’em­poigne, la roue de coups, la frappe contre la car­ros­se­rie tout en la me­na­çant de mort.

Un voi­sin tente en vain de s’in­ter­po­ser quand une po­li­cière, en re­pos, tente de se ga­rer sur le par­king avec sa fille. Elle s’ap­proche de l’al­ter­ca­tion et l’homme se re­tourne contre elles. Ré­sul­tat : la gé­rante au­ra une ITT de 5 jours, la po­li­cière de 10 jours à cause d’une côte cas­sée et sa fille de 2 jours.

« Tous sur moi ! »

Mais, dans le box hier, le pré­ve­nu pré­nom­mé Nour­re­dine as­sure que tout ce petit monde s’est li­gué contre lui. « Ils étaient 6 ou 7 à me sau­ter des­sus ! La gé­rante, son frère, le ma­ri ! La po­li­cière a fait sem­blant de tom­ber quand ses col­lègues sont ar­ri­vés », san­glote­t­il, ex­hi­bant son tee­shirt dé­chi­ré. Ar­gu­ment choc prou­vant sa bonne foi : « J’ai eu af­faire aux tri­bu­naux toute ma vie, je sais qu’il ne faut pas le­ver la main sur une femme, ce­la peut être très dan­ge­reux ».

Pour l’agres­seur qui risque de se faire prendre bien sûr. Des dé­cla­ra­tions que les ma­gis­trats ac­cueillent avec l’air bla­sé de ceux qui en ont dé­jà trop en­ten­du… Le tri­bu­nal a re­con­nu Nour­re­dine cou­pable et l’a condam­né à six mois dont trois mois avec sur­sis mise à l’épreuve avec l’obli­ga­tion de soi­gner son agres­si­vi­té, de tra­vailler, d’in­dem­ni­ser les vic­times et de ne plus en­trer en contact avec la gé­rante. Le pré­ve­nu est par­ti di­rec­te­ment en dé­ten­tion ef­fec­tuer la par­tie ferme de sa peine.

L’af­faire a été ren­voyée sur in­té­rêt ci­vil, pour chif­frer les dom­mages cau­sés aux vic­times. ■

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