« Al­lez, je t’in­vite à man­ger au Res­to U »

Les étu­diants bri­vistes peuvent man­ger pour 3,25 € tous les jours

La Montagne (Brive) - - Brive Vivre Sa Ville - Émi­lie Auf­fret

Entre 150 et 400 re­pas sont ser­vis chaque jour au Res­tau­rant uni­ver­si­taire de Brive. Plon­gée au coeur de ce self ou­vert de­puis plus de vingt ans.

Le Res­to U, ça vous rap­pelle quelque chose ? Et bien, pour vous per­mettre de re­plon­ger dans vos an­nées es­tu­dian­tines, nous sommes al­lés y man­ger. Notre der­nière carte d’étu­diant re­monte un peu, mais peu im­porte… Stéphanie Cos­ta, qui gère l’an­tenne du Crous à Brive, doit nous per­mettre d’ac­cé­der au buf­fet.

Ce jour­là, elle se charge de la caisse au cô­té de Pascal Magne, res­pon­sable des ap­pro­vi­sion­ne­ments et des me­nus. Elle se po­si­tionne au bout de la chaîne sur une chaise haute, de­vant un or­di­na­teur. Il est près de mi­di, le dé­fi­lé com­mence.

« Un maxi­mum de frais »

Après avoir gar­ni leurs pla­teaux, les étu­diants paient la note. « C’est 3,25 € pour en­trée­plat­des­sert. Mais s’ils n’en prennent que deux, ils paient moins cher », pré­ cise Pascal Magne, qui sa­lue les jeunes un par un. « Moi, il faut que je confec­tionne un re­pas com­plet pour 1,60 € en moyenne sur un mois, en pro­po­sant un maxi­mum de frais », glisse ce­lui qui est là de­puis l’ou­ver­ture du res­tau­rant uni­ver­si­taire bri­viste le 1er sep­tembre 1994. Pen­dant 10 ans, il a fonc­tion­né mi­di et soir avant de fer­mer ses portes pour le dî­ner.

Chaque jour, entre 11 h 45 et 13 h 30, entre 150 et 400 re­pas sont ser­vis dans cette grande salle au rez­de­chaus­sée de la ré­si­dence uni­ver­si­taire, « Ce n’est pas tou­jours évident de jau­ger. Ça peut être cin­quante en plus un jour et cent en moins le len­de­main. C’est ça, la dif­fi­cul­té ».

Car toute per­sonne mu­ nie d’une carte d’étu­diant peut y dé­jeu­ner, qu’elle suive un cur­sus à L’IUT ou au ly­cée Dan­ton, à la fac de droit ou à l’école d’es­thé­tique Syl­via Ter­rade. Et le « RU », comme on dit, a ses adeptes. « Cer­tains viennent tous les jours ». Ceux­là, Stéphanie Cos­ta les connaît bien. Elle a un petit mot pour cha­cun. « Ça, c’est notre star de l’an­née », lance­t­elle à une jo­lie jeune femme ti­rée à quatre épingles. « J’ai en­ten­du par­ler de toi. Tu as fait des tiennes ce week­end », à un jeune homme au re­gard ma­li­cieux.

« On en a pour notre ar­gent »

Quelques mi­nutes plus tard, un autre grand da­dais pré­sente son pla­teau. « Je n’ai plus d’ar­gent. C’est lui qui ré­gale au­jourd’hui », dit­il en dé­si­gnant un des co­pains. Tout ce­la sur le ton de l’hu­mour, bien sûr. Mais se­lon Stéphanie Cos­ta, qui cô­toie ces jeunes au quo­ti­dien, « la pré­ca­ri­té chez les étu­diants est réelle. Il y en a qui ne mangent pas à leur faim. Cer­tains ne viennent pas au Res­to U, pré­fé­rant s’ou­vrir une boîte de conserve chez eux. Même 3,25 €, c’est trop cher ».

Pour­tant, Inès, 20 ans, se­rait prête à payer plus cher pour un peu plus de qua­li­té. « C’est un peu gras. C’est le pro­blème de toutes les can­tines. Mais je sais que je suis quel­qu’un de dif­fi­cile ». Sa voi­sine, Lu­cie, n’est pas aus­si sé­vère. « On en a pour notre ar­gent. Et moi, je fi­nis très ré­gu­liè­re­ment mon as­siette ».

Des as­siettes très sou­vent gar­nies de frites, qui sont af­fi­chées tous les jours au me­nu. « C’est dom­mage, car ça peut être au dé­tri­ment d’autres fé­cu­lents. Moi, j’en peux plus des frites ! », pour­suit l’exi­geante Inès.

À une table de gars, un peu plus loin, les frites quo­ti­diennes ne gênent pas grand monde. « Le jeu­di, il y a même des piz­zas. Et la viande est bonne », s’ex­clame Maxime, 19 ans. « On ne se pose pas la ques­tion d’où on mange. De toute fa­çon, on ne peut pas trou­ver moins cher ailleurs », pour­suit son voi­sin, Alexis.

Même après des an­nées à ce poste, Pascal Magne s’étonne en­core des goûts des jeunes. « L’an­douillette part très bien, tout comme l’épaule d’agneau. Par­fois, nous fai­sons mique­petit sa­lé et ça plaît beau­coup… J’ai aus­si re­mar­qué que les filles ne man­geaient pas for­cé­ment plus de lé­gumes que les gar­çons ». ■

PHO­TO PASCAL PERROUIN

SELF. Chaque jour de l’an­née uni­ver­si­taire, entre 11 h 45 et 13 h 30, entre 250 et 400 re­pas sont ser­vis au res­tau­rant uni­ver­si­taire de Brive.

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