Rob­bie Bra­dy, de l’eire, des larmes et des bières

Le po­ly­va­lent ir­lan­dais a ins­crit mer­cre­di le but de qua­li­fi­ca­tion face à l’ita­lie

La Montagne (Brive) - - Euro 2016 -

« On lui doit bien quelques bières », a com­men­té Wes Hoo­la­han, joueur em­blé­ma­tique de l’eire, après le but de la qua­li­fi­ca­tion si­gné Rob­bie Bra­dy, qui en a pleu­ré de joie, comme Di­mi­tri Payet avec la France, fu­tur ad­ver­saire en 8e de fi­nale.

« Je ne peux ex­pli­quer ce que je res­sens », a avoué le joueur de Nor­wich après avoir fait, comme son col­lègue de West Ham contre la Rou­ma­nie il y a 15 jours, cou­ler la sueur et les larmes.

« Après de tels buts, cer­tains disent que c’est comme si la conscience se dé­ta­chait du corps. C’est ce que j’ai eu la chance de res­sen­tir sur l’ins­tant. Je ne trouve vrai­ment pas mes mots. J’ai un peu la tête à l’en­vers. C’est un rêve », a­t­il quand même dé­taillé.

En sur­gis­sant de la tête à la 85e mi­nute mal­gré son mètre soixante­quinze, Bra­dy a pro­pul­sé les siens dans l’in­con­nu.

« C’était notre der­nière oc­ca­sion, on tra­vaillait dur de­puis un mo­ment. Mes jambes m’ont por­té dans la sur­face et je ne touche plus terre, a ra­con­té le héros en ape­san­teur. Je suis émo­tif. J’ai gran­di en at­ten­dant ces mo­ments et ça ar­rive de­vant ma fa­mille ».

« C’est fort pour le pays, mais cer­tai­ne­ment pour Bra­dy aus­si », a pour­sui­vi le vé­té­ran de l’eire Rob­bie Keane. « Je lui ai dit de pro­fi­ter, car ces ins­tants n’ar­rivent pas si sou­vent. Il a été brillant lors des trois matches, alors que ce n’est pas fa­cile quand vous êtes sur un cô­té de re­ve­nir dans l’axe ».

Bra­dy est en ef­fet le cou­teau suisse ir­lan­dais de­puis le dé­but du tour­noi. La­té­ral gauche con­ tre la Suède, ai­lier gauche contre la Bel­gique, il a cette fois­ci oc­cu­pé un rôle cen­tral.

C’est cette adap­ta­tion du Du­bli­nois qui avait sé­duit Man­ches­ter Uni­ted en 2008. Mais le Red De­vil n’a pas per­cé à Old Traf­ford, où il n’est ap­pa­ru qu’une seule fois, et c’est à Hull qu’il a re­bon­di en 2011.

Ar­ri­vé à Nor­wich en août, Bra­dy, qui s’est cas­sé deux dents en mars lors d’un choc avec un co­équi­pier contre Chel­sea, n’a pu évi­ter cette sai­son la re­lé­ga­tion de Pre­mier League.

Avec trois buts et deux passes dé­ci­sives en 36 matches, ses prestations n’ont pas eu le même éclat qu’un dé­but d’été qui a at­ti­ré Lei­ces­ter et West Brom­wich Al­bion.

Son pays ne l’a pour­tant ja­mais per­du de vue de­puis ses ti­ tres de meilleur es­poir na­tio­nal en 2011 et 2012.

Juste après avoir ins­crit son 7e but chez les moins de 21 ans, il avait fait des dé­buts re­mar­qués en A en sep­tembre 2012 avec un but de deux passes dé­ci­sives contre Oman (4­1).

Vingt­cinq sé­lec­tions et quatre buts plus tard, le voi­là donc face aux Bleus, pour un re­make épi­cé du duel de 2009 qui avait en­té­ri­né l’éli­mi­na­tion de l’eire dans la course au Mon­dial 2010, après une main vo­lon­taire de Thier­ry Hen­ry, vé­cue comme une in­jus­tice.

« Au tour de la France main­te­nant, s’em­balle ain­si la nouvelle star. C’est une équipe de classe mon­diale, avec des joueurs in­croyables mais si on reste sou­dé et que ça prend comme ça a pris, on peut faire mal à n’im­porte qui ». ■

JOIE. Rob­bie Bra­dy a dé­li­vré l’eire. Main­te­nant place à la France.

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