Les pas de Valls

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

Cet épi­sode a mon­tré un Ma­nuel Valls qui a fait du Valls jus­qu’à la ca­ri­ca­ture. Dans sa pos­ture sé­cu­ri­taire, le Pre­mier mi­nistre a com­mis une er­reur : in­ter­dire une ma­nif de la CGT alors qu’on cé­lèbre les 80 ans du Front po­pu­laire. La bron­ca ve­nue même de ses proches a contraint le gou­ver­ne­ment à mo­di­fier sa po­si­tion. Trop tard pour son image, cette pos­ture d’in­tran­si­geance est d’au­tant plus forte que le Pre­mier mi­nistre n’a tou­jours pas dis­cu­té avec les syn­di­cats.

Ma­nuel Valls n’est pas homme à se ter­rer, il en a don­né la preuve hier en ré­pon­dant à toutes les ques­tions im­por­tantes des sé­na­teurs pen­dant la séance des ques­tions au gou­ver­ne­ment, dans l’hé­mi­cycle du Pa­lais du Luxem­bourg. Pour dire son in­quié­tude face à la mon­tée de l’ultra­gauche qui s’en prend aux ins­ti­tu­tions, pour ajou­ter qu’il n’hé­si­te­rait pas à dis­soudre les grou­pus­cules s’ils sont bien iden­ti­fiés, pour sou­te­nir la dé­marche des syn­di­cats ré­for­mistes.

Le chef du gou­ver­ne­ment tient deux fers aux feux. Le pre­mier est la gué­rilla contre les fron­deurs et la gauche de la gauche. Il illustre ce qu’il a ap­pe­lé « les deux gauches ir­ré­con­ci­liables ». Le se­cond fer est l’af­fron­te­ment entre syn­di­cats ré­for­mistes et syn­di­cats de la rup­ture. Avec la loi El Khom­ri, le Pre­mier mi­nistre tient les deux fers et en­tend les ma­nier pour faire triom­pher cette gauche mo­derne, qu’elle s’ap­pelle so­cial­li­bé­ra­lisme ou so­cial­ré­for­misme. Au risque d’y perdre au­jourd’hui des points, mais n’est­ce pas le rôle de l’hôte de Ma­ti­gnon d’être le pa­ra­ton­nerre de l’exé­cu­tif ?

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