La cam­pagne la plus cli­vante et vile, se­lon le Dai­ly Mir­ror

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

« Le plus cho­quant avec ce référendum, c’est le tour per­son­nel et in­ju­rieux qu’il a pris », re­grette, en larmes, An­tho­ny Dunn. Ce Lon­do­nien de 58 ans ra­conte qu’il a été ac­cu­sé d’être un traître parce qu’il mi­lite pour le « Re­main » (res­ter), lors de mee­tings. On lui a même dit qu’il de­vait s’exi­ler.

Toute cette vio­lence, se­lon lui, c’est la faute en pre­mier lieu des conser­va­teurs du Pre­mier mi­nistre Da­vid Ca­me­ron, qui ont vou­lu ce référendum avant de se battre comme des chif­fon­niers sur son is­sue.

« Je suis conster­né en voyant ce que les To­ries ont fait à ce pays. Ils nous ont pous­sés à nous entre­dé­chi­rer », dit­il de­vant la salle de spec­tacle de Wem­bley où il a as­sis­té à un grand mee­ting qui a no­tam­ment op­po­sé l’an­cien maire de Londres, le conser­va­teur Bo­ris John­son, pro­brexit, à son suc­ces­seur tra­vailliste Sa­diq Khan, pro­ue.

« Haine » et « peur »

Les ac­cu­sa­tions de men­songes ont fu­sé entre les deux camps, voire les in­sultes. Le camp du « In » a été taxé de « pro­jet de la peur » pour avoir pro­nos­ti­qué un ef­fon­dre­ment économique en cas de sor­tie, ce­lui du « Out » de « pro­jet de la haine » pour ses dé­non­cia­tions de l’im­mi­gra­tion. Cha­cun des deux camps a été ac­cu­sé par des or­ga­nismes in­dé­pen­dants de dé­for­mer les faits.

L’agres­si­vi­té du dé­bat a pro­vo­qué le ma­laise, en­core plus après le meurtre de la dé­pu­tée pro­ue Jo Cox la se­maine der­nière, mais les ana­lystes s’at­ten­daient ce­pen­dant à une forte par­ti­ci­pa­tion.

Les passions se sont dé­chaî­nées au­tour de deux prin­ci­paux thèmes : l’éco­no­mie et l’im­mi­gra­tion. Si les Bri­tan­niques n’ont en gé­né­ral pas un amour dé­me­su­ré pour L’UE, la plu­part consi­dé­raient ces dix der­nières an­nées qu’il s’agis­sait d’une ques­tion se­con­daire, sur la­quelle ils sont net­te­ment mal in­for­més. La cam­pagne « a été très né­ga­tive et s’est concen­trée sur les peurs des gens, en jouant sur l’émo­tion, au lieu de don­ner des in­for­ma­tions nuan­cées », es­time une ana­lyste. ■

AFP

D. CA­ME­RON. Il a ou­vert la boîte de Pan­dore.

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