« Pas de dé­parts, mais moins d’ar­ri­vées »

Steve Mar­tin­dale, l’édi­teur de The Bugle, vit dans la Creuse

La Montagne (Brive) - - Le Brexit En Limousin - Re­cueilli par Ju­lien Ra­pe­gno

Steve Mar­tin­dale, 39 ans, est le fon­da­teur, édi­teur et ré­dac­teur en chef de The Bugle (Le Clai­ron), « le seul jour­nal gra­tuit en langue an­glaise en France ».

De­puis Saint­yrieix­lesBois, près de Gué­ret, ce men­suel est dif­fu­sé à 15.000 exem­plaires dans plus de 300 dé­pôts en Li­mou­sin. Steve Mar­tin­dale a lan­cé en 2013 une édi­tion en Dor­dogne qu’il dif­fuse à 13.000 exem­plaires.

■ Est-ce la pa­nique chez les Bri­tan­niques du Li­mou­sin ? Non, car per­sonne ne peut en­core me­su­rer les consé­quences de ce vote. À mon sens, ce qui va être dé­ter­mi­nant, c’est le fait que la Grande­bre­tagne reste dans l’as­so­cia­tion eu­ro­péenne de libre­échange (Aele), ou pas. Si on reste dans l’aele, Il y au­ra des ac­cords bi­la­té­raux, on pour­ra tra­vailler en France, comme les Suisses.

Si on sort de cet es­pace éco­no­mique eu­ro­péen (1), on peut craindre une aug­men­ta­tion des taxes, des dif­fi­cul­tés pour fi­nan­cer la san­té. L’ab­sence de cou­ver­ture san­té, c’est ce que re­doutent beau­coup de res­sor­tis­sants bri­tan­ni­ ques âgés.

■ Avons-nous ten­dance en France à dra­ma­ti­ser les consé­quences du « Brexit » ? Hon­nê­te­ment, je pense que pen­dant un an ou deux, le temps des né­go­cia­tions, rien ne va chan­ger dans nos vies de tous les jours. En­suite, c’est l’in­con­nu.

■ Beau­coup de Bri­tan­niques éta­blis en France ont créé leur en­tre­prise. Est-ce que ça va de­ve­nir plus com­pli­qué pour eux ? J’ima­gine que oui. Est­ce que c’est plus com­pli­qué pour un Aus­tra­lien de créer une en­tre­prise en France que pour un Al­le­mand ? On se­ra comme des Amé­ri­cains ou des Aus­tra­liens.

Le bu­si­ness gé­né­ré par la pré­sence des Bri­tan­niques en France tient sur­tout à un flux dans les deux sens : il y a tou­jours des Bri­tan­niques qui ar­rivent et d’autres qui re­partent et ça s’équi­libre. Cette pé­riode d’in­cer­ti­tude qui s’ouvre va pro­ba­ble­ment dis­sua­der les An­glais d’ache­ter en France. Le taux de change va être dé­fa­vo­rable et il y au­ra donc un ren­ché­ris­se­ment mé­ca­nique du prix de l’im­mo­bi­lier en France. Les gens vont at­tendre.

Ce­la au­ra des ré­per­cus­sions sur les pe­tites en­tre­prises des ex­pa­triés en Li­mou­sin : les agences im­mo­bi­lières, les ar­ti­sans, les bars, les ca­fés. Je dis tou­jours : les res­sor­tis­sants qui ha­bitent ici n’ont pas d’ar­gent, mais ceux qui ar­rivent en ont beau­coup. Ils achètent, ils font des tra­vaux…

■ Est-ce que ce­la peut pro­vo­quer un re­flux et donc un re­tour mas­sif des Bri­tan­niques ins­tal­lés en Li­mou­sin ? Je ne pense pas que les gens vont ren­trer parce qu’on est sor­ti. J’ai peur que les gens ne viennent plus. Et comme chaque an­née il y a un cer­tain pour­cen­tage de Bri­tan­niques qui rentrent, nous se­rons peut­être moins nom­breux dans quelques an­nées. ■

(*) L’es­pace éco­no­mique eu­ro­péen est l’ad­di­tion des pays de l’aele et de ceux de l’union eu­ro­péenne.

Sur le web. < www.la­mon­tagne.fr et www.le­po­pu­laire.fr

PHO­TO AN­TOINE FUMAT

PRESSE AN­GLO­PHONE. Steve Mar­tin­dale.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.