Gian­lui­gi Buf­fon et Da­vid De Gea, fauves en cage

Match dans le match entre le gar­dien ita­lien et le por­tier es­pa­gnol, lun­di (21 heures)

La Montagne (Brive) - - Sports -

Ils vont de­voir mon­trer les crocs : l’ex­pé­ri­men­té Gian­lui­gi Buf­fon et le pro­met­teur Da­vid de Gea fe­ront tout pour dé­fendre leurs cages res­pec­tives lun­di à l’eu­ro 2016 lors d’un al­lé­chant hui­tième de fi­nale entre l’ita­lie et l’es­pagne, re­vanche de la fi­nale 2012.

Buf­fon, le vieux lion. Gar­dien, ca­pi­taine, doyen, re­cord­man, « ban­die­ra » (em­blème)… Buf­fon est tout ce­la pour la Na­zio­nale et l’une des rares cé­lé­bri­tés de l’équipe ita­lienne dans cet Eu­ro. « C’est parce qu’à mon âge (38 ans), on me connaît de­puis long­temps, on s’est ha­bi­tué à me voir », sou­ligne « Gi­gi », mo­deste.

Buf­fon veut pous­ser jus­qu’à la Coupe du Monde 2018

Ses co­équi­piers savent qu’il est l’ul­time ver­rou de leur ro­buste dé­fense, clai­re­ment le point fort de l’ita­lie. Et il fait tou­jours par­tie des meilleurs gar­diens du monde pour son neu­vième tour­noi ma­jeur, ce qui lui per­met de pous­ser chaque match plus loin le re­cord de sé­lec­tions « az­zurre », avec sa pro­bable 160e ap­pa­ri­tion lun­di au stade de France.

Im­per­méable à la pres­sion, l’ex­pé­ri­men­té por­tier a su res­ter per­for­mant même lors­qu’il s’est re­trou­vé ex­po­sé dans la presse pour son aven­ture avec la pré­sen­ta­trice star du foot Ila­ria D’ami­co. Il s’est sé­pa­ré d’avec sa femme, Ale­na Se­re­do­va, et a eu dé­but jan­vier un gar­çon, Leo­pol­do, avec sa nou­velle com­pagne.

In­sa­tiable, Buf­fon garde un oeil sur un autre re­cord, ce­lui de Coupes du monde dis­pu­tées. Il en est à cinq, comme le gar­dien mexi­cain An­to­nio Car­ba­jal et le mi­lieu al­le­mand Lo­thar Mat­thäus. Et il pour­rait les dis­tan­cer s’il dure jus­qu’au Mon­dial russe en 2018. À 40 ans, Di­no Zoff avait été cham­pion du monde 1982 dans les buts ita­liens…

Si cet Eu­ro de­vait être son der­nier grand tour­noi, Buf­fon a as­su­ré n’avoir « au­cun type de nos­tal­gie ni de sen­sa­tion in­hi­bi­trice, seule­ment beau­coup d’en­thou­siasme ».

En outre, il a aus­si une double re­vanche per­son­ nelle à prendre sur l’es­pagne : im­puis­sant lors de la séance de tirs au but per­due en quarts de fi­nale de l’eu­ro­2008 (0­0, 4 t.a.b. à 2), il avait été ca­nar­dé lors de la fi­nale 2012 (4­0).

De Gea, le jeune loup. Da­vid de Gea, lui, n’ima­gi­nait sans doute pas un contexte aus­si agi­té pour sa pre­mière com­pé­ti­tion ma­jeure comme ti­tu­laire avec l’es­pagne. Bom­bar­dé n° 1 en lieu et place de l’icône et ca­pi­taine Iker Ca­sillas (35 ans), le jeune por­tier de Man­ches­ter Uni­ted (25 ans) est de­puis contraint de jon­gler entre les at­tentes, for­cé­ment éle­vées, les cri­tiques et les boules puantes.

De Gea fé­brile face à la Croa­tie

Le fias­co du Mon­dial2014 ayant ac­té le vieillis­se­ment de « San Iker » (167 sé­lec­tions), ti­tu­laire lors de la fi­nale 2012, le sé­lec­tion­neur Vi­cente del Bosque a prô­né une « tran­si­tion douce » pour ins­tal­ler pro­gres­si­ve­ment son suc­ces­seur (12 sé­lec­tions).

Mais si De Gea n’a pas eu grand­chose à faire sur les deux pre­miers matches de la « Ro­ja » dans le grou­ pe D, il a été très cri­ti­qué après le choc per­du mar­di contre la Croa­tie (2­1).

Re­lance au pied man­quée qui abou­tit à une frappe croate sur la trans­ver­sale, in­ter­ven­tions fé­briles, sor­tie aé­rienne ap­proxi­ma­tive… Et deux buts en­cais­sés, à chaque fois sur son pre­mier po­teau, une zone que les gar­diens s’at­tachent ha­bi­tuel­le­ment à cou­vrir.

« On n’est dé­fait que quand on perd l’en­thou­siasme. Mer­ci pour les cri­tiques, elles me mo­tivent. Le com­bat conti­nue ! », a ré­agi De Gea sur Twit­ter.

Le gar­dien ori­gi­naire de Ma­drid, con­si­dé­ré comme l’un des meilleurs por­tiers du Cham­pion­nat d’an­gle­terre, a aus­si es­suyé d’autres types de po­lé­miques ces der­niers jours. Au pre­mier jour de l’eu­ro, le 10 juillet, De Gea a été écla­bous­sé par un scan­dale de moeurs en Es­pagne, avec le té­moi­gnage d’une femme l’ac­cu­sant d’avoir or­ga­ni­sé une fête où au­raient été com­mis des abus sexuels.

Da­vid de Gea sau­ra­t­il en faire abs­trac­tion lun­di contre l’ita­lie ? C’est l’une des clés de son face­à­face avec Gian­lui­gi Buf­fon. ■

DUEL. L’ita­lien Gian­lui­gi Buf­fon et sa rage de vaincre, avant de dé­fier l’es­pagne lun­di.

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