Hol­lande es­père un « sur­saut »

Pour le chef de l’état, il faut « prendre conscience des in­suf­fi­sances du fonc­tion­ne­ment de l’eu­rope »

La Montagne (Brive) - - France & Monde -

Fran­çois Hol­lande a ap­pe­lé so­len­nel­le­ment, hier de­puis l’ély­sée, à un « sur­saut » eu­ro­péen pour pa­rer le « choix dou­lou­reux » fait par les Bri­tan­niques.

Dans une al­lo­cu­tion d’un peu moins de six mi­nutes, le chef de l’état a ten­té de pla­cer la France au coeur d’un re­nou­veau eu­ro­péen, as­su­rant qu’elle se­rait « à l’ini­tia­tive » pour faire face à une si­tua­tion qu’il re­grette « pro­fon­dé­ment » et qui met « gra­ve­ment l’eu­rope à l’épreuve ».

« L’eu­rope ne peut plus faire comme avant », a sou­li­gné le pré­sident de la Ré­pu­blique qui l’ap­pelle dé­sor­mais à « se concen­trer sur l’es­sen­tiel » : « l’in­ves­tis­se­ment pour la crois­sance et l’em­ploi », l’« har­mo­ni­sa­tion fis­cale et so­ciale » et « le ren­for­ce­ment de la zone eu­ro et de sa gou­ver­nance dé­mo­cra­tique ». L’UE, a­t­il in­sis­té, doit « por­ter les pro­jets et non pas se perdre en pro­cé­dures » et « être com­prise et contrô­lée par ses ci­toyens ».

Maî­tri­ser les risques

Dans l’im­mé­diat ce­pen­dant, il s’agit d’« ap­por­ter les ré­ponses né­ces­saires pour maî­tri­ser les risques éco­no­miques et fi­nan­ciers ». Ferme à l’égard de Londres, il a pré­ve­nu que « les pro­cé­dures pré­vues par les trai­tés » pour la sor­tie de L’UE se­raient « ra­pi­de­ment ap­pli­quées » comme « c’est la règle », même si la France conti­nue­ra de « tra­vailler avec ce grand pays ami ».

Pour Fran­çois Hol­lande, « la dé­ci­sion bri­tan­nique exige de prendre cons­ cience des in­suf­fi­sances du fonc­tion­ne­ment de l’eu­rope et de la perte de confiance des peuples ». « Le dan­ger est im­mense face aux ex­tré­mistes et aux po­pu­listes », a­t­il en­chaî­né. Amer, le pré­sident fran­çais a consta­té aus­si qu’« il faut tou­jours moins de temps pour dé­truire que pour construire ».

Le chan­ge­ment plu­tôt que le re­pli

« Au­jourd’hui, c’est l’his­toire qui frappe à notre porte. Ce qui se joue, c’est la di­lu­tion de l’eu­rope au risque du re­pli, ou la ré­af­fir­ma­tion de son exis­tence au prix de chan­ge­ments pro­fonds. Je fe­rai tout pour que ce soit le chan­ge­ment pro­fond plu­tôt que le re­pli », a­t­il conclu.

Il se­ra lun­di à Ber­lin, a­til par ailleurs confir­mé, pour y re­trou­ver la chan­ce­lière al­le­mande, An­ge­la Mer­kel, le chef du gou­ver­ne­ment ita­lien, Mat­teo Ren­zi, et le pré­sident du Con­seil eu­ro­péen, Do­nald Tusk. Il par­ti­ci­pe­ra en­suite, mar­di et mer­cre­di, à un som­met eu­ro­péen pré­vu de longue date.

Peu après l’an­nonce of­fi­cielle du Brexit, Hol­lande a réuni au­tour de lui les prin­ci­paux mi­nistres concer­nés. Le com­mis­saire eu­ro­péen aux Fi­nances et à l’éco­no­mie, Pierre Mos­co­vi­ci, était convié à cette réunion à la­quelle ont éga­le­ment par­ti­ci­pé Mi­chel Sa­pin, Jean­marc Ay­rault, Sté­phane Le Foll et le se­cré­taire d’état aux Af­faires eu­ro­péennes, Har­lem Dé­sir.

Dans les jours pré­cé­dant le ré­fé­ren­dum bri­tan­nique, Fran­çois Hol­lande avait mul­ti­plié les aver­tis­se­ments, dé­cla­rant qu’au­de­là de l’ave­nir du Royau­meU­ni, c’était ce­lui de l’union eu­ro­péenne qui se jouait avec ce scru­tin.

Aux yeux de Pa­ris, avait­il pré­ve­nu sans craindre de s’im­mis­cer dans le dé­bat qui fai­sait rage outre­manche, la sor­tie de la Gran­deB­re­tagne se­rait « ir­ré­ver­sible » et « au­rait for­cé­ment des consé­quences ex­trê­me­ment graves »… ■

« Nou­veau trai­té » ? Sar­ko­zy, pré­sident du par­ti Les Ré­pu­bli­cains, a de­man­dé, hier, un « nou­veau trai­té » eu­ro­péen, qui pré­voit no­tam­ment le ré­ta­blis­se­ment des contrôles aux fron­tières et l’ar­rêt du pro­ces­sus d’élar­gis­se­ment de l’union eu­ro­péenne.

Ni­co­las

PHO­TO AFP

PRÉ­SIDENT. Dé­pi­té et amer mais com­ba­tif.

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