« 10 à 20 mil­liards de re­cettes en moins »

Un im­pact di­rect sur la France pour Al­bé­ric de Mont­gol­fier

La Montagne (Brive) - - France & Monde - Em­ma­nuel Brun em­ma­nuel.brun@cen­tre­france.com

Le Royaume-uni paie­ra cher le Brexit, mais la France aus­si, pré­vient Al­bé­ric de Mont­gol­fier, sé­na­teur Les Ré­pu­bli­cains d’eure-et-loir et rap­por­teur gé­né­ral de la com­mis­sion des Fi­nances.

■ Quelles sont les consé­quences éco­no­miques de ce Brexit ? Pour le Royau­meU­ni, ce­la en­traî­ne­ra une mu­ta­tion de ses échanges com­mer­ciaux avec l’eu­rope. Par exemple, la banque et l’as­su­rance, qui pèsent 12 % du PIB bri­tan­nique, risquent d’en souf­frir. Ces poids lourds de l’in­dus­trie fi­nan­cière pour­raient perdre leur « pas­se­port eu­ro­péen » qui leur donne le droit de vendre des pro­duits dans toute l’eu­rope. En­fin, ce Brexit pour­rait faire bais­ser l’in­ves­tis­se­ment. Au fi­nal, le pro­duit in­té­rieur brut bri­tan­nique pour­rait bais­ser jus­qu’à 4,1 %.

■ Et la France dans tout ça ? Notre crois­sance risque de flé­chir de 0,4 à 0,8 %, soit 10 à 20 mil­liards de re­cettes pu­bliques en moins. De plus, la France de­vra abon­der da­van­tage le bud­get de l’union pour com­pen­ser la perte de la contri­bu­tion bri­tan­nique. ■ De quel ordre ? Tout dé­pen­dra de la pé­riode de deux ans qui s’ouvre. Le Royaume­uni va­t­il cou­per les ponts avec l’eu­rope de la fa­çon la plus ra­di­cale ou in­ter­mé­diaire, sur le mo­dèle d’un par­te­na­riat com­pa­rable avec la Suisse ou le Ca­na­da ? Troi­sième hy­po­thèse, tout en n’étant plus dans l’union eu­ro­péenne, le Royaume­uni adhère à l’es­pace éco­no­mique eu­ro­ péen, comme le Liech­ten­stein ou l’is­lande, qui contri­buent un pe­tit peu au bud­get. Dans le pire des cas, la France ver­rait gon­fler sa contri­bu­tion pour L’UE de 1,2 mil­liard d’eu­ros. L’al­le­magne, elle, de­vrait trou­ver 2,8 mil­liards.

■ Existe-t-il un élé­ment po­si­tif dans ce Brexit ? Ce n’est pas le bon terme, mais on peut dire que ce se­ra à la France de se mon­trer plus at­trac­tive. Des banques avaient dit qu’elles ra­pa­trie­raient des sa­la­riés sur le conti­nent en cas de Brexit. Cô­té bri­tan­nique, les éco­no­mies réa­li­sées pro­mettent d’être li­mi­tées, de 760 mil­lions s’ils re­joignent l’es­pace eu­ro­péen éco­no­mique à 8,5 mil­liards s’ils s’éloignent de l’eu­rope.

■ Com­ment ju­gez-vous la chute des bourses eu­ro­péennes ? Elles avaient re­mon­té la se­maine der­nière car elles pen­saient que le Brexit ne pas­se­rait pas. Là, elles sur­réa­gissent.

■ Doit-on être in­quiet pour l’ave­nir de l’eu­rope ? Ce Brexit est une pre­mière. C’est un évé­ne­ment ma­jeur, source d’in­cer­ti­tudes. Mais la sor­tie du Royaume­uni ne se­ra pas ef­fec­tive dès de­main. Un dé­lai de deux ans est pré­vu. Aux États de ré­agir avec force pour re­lan­cer l’eu­rope. Car de nou­veaux dé­parts d’autres pays se­raient au­tre­ment plus graves. L’eu­rope, ce n’est pas que de la bu­reau­cra­tie. C’est aus­si des avan­tages et un vec­teur de crois­sance. ■

PHO­TO QUEN­TIN REIX

AVE­NIR. Al­bé­ric de Mont­gol­fier at­tend une ré­ac­tion forte des États face à ce Brexit pour re­lan­cer l’eu­rope.

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