Un ven­dre­di noir mais la crise sys­té­mique évi­tée pour l’ins­tant

La Montagne (Brive) - - Magazine - Fran­çois Mon­nier

Nos voi­sins bri­tan­niques ont donc dé­ci­dé de quit­ter l’aven­ture eu­ro­péenne. Ce Brexit est le grand ré­vé­la­teur d’une Union qui ne fait plus rê­ver grand monde. D’abord fi­nan­cière puis éco­no­mique, la crise dé­clen­chée par la faillite de Leh­man Bro­thers en 2008 est de­ve­nue so­ciale. Les classes moyennes, tou­chées par le chô­mage ou re­dou­tant une baisse de leur ni­veau de vie, re­jettent de plus en plus le sys­tème dans le­quel elles vivent. En Bourse, la livre ster­ling, les banques, les as­su­reurs et les va­leurs dites cy­cliques se sont ef­fon­drés, hier, les in­ves­tis­seurs ayant an­ti­ci­pé à tort un main­tien des Bri­tan­niques dans l’union eu­ro­péenne. Le Cac 40, qui avait re­pris 7,5 % en cinq séances, a tout re­per­du. Le risque mo­né­taire res­sur­git. Jus­qu’où la livre ster­ling peut-elle s’ef­fon­drer ? L’éco­no­mie in­quiète éga­le­ment, la pro­ba­bi­li­té d’une ré­ces­sion au Royaume-uni de­ve­nant éle­vée. En­fin, le dan­ger d’une forte hausse de taux d’in­té­rêt des pays du sud de l’eu­rope se des­sine, lui aus­si. Tou­te­fois, les banques cen­trales sont dé­jà à la ma­noeuvre et vont inon­der le mar­ché de li­qui­di­tés. La BCE a dé­jà pris des me­sures en don­nant la pos­si­bi­li­té aux banques d’échan­ger leurs obli­ga­tions d’état grecques en contre­par­tie de li­qui­di­tés. Beau­coup d’in­cer­ti­tudes donc, d’où ce ven­dre­di noir sur les places fi­nan­cières, mais pas en­core de crise sys­té­mique. Des points d’en­trée en Bourse pour­raient se si­tuer vers 3.800 points pour le Cac 40 mais il convient d’évi­ter au maxi­mum au­jourd’hui des chan­ge­ments dans les por­te­feuilles, au risque d’être pris à contre-pied.

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