L’eu­rope à re­cons­truire

Une qua­ran­taine d’en­tre­prises cor­ré­ziennes ex­portent vers le Royaume­uni

La Montagne (Brive) - - La Une - PHO­TOS AFP

À 51,9 %. Se­lon les ré­sul­tats dé­fi­ni­tifs pu­bliés hier, 51,9 % des élec­teurs du Royaume­uni ont vo­té pour le Brexit (sor­tie de l’union eu­ro­péenne) lors du ré­fé­ren­dum or­ga­ni­sé la veille et mar­qué par une par­ti­ci­pa­tion im­por­tante (72,2 %).

RE­MISE EN CAUSE. La dé­ci­sion des Bri­tan­niques de quit­ter L’UE, où ils étaient en­trés en 1973 au terme de longues né­go­cia­tions, consti­tue un désa­veu cin­glant au terme de soixante ans de construc­tion eu­ro­péenne.

LI­MOU­SIN. Même si les chefs d’en­tre­prises de la ré­gion ne s’at­tendent pas à une ré­vo­lu­tion après le Brexit, ils s’in­ter­rogent sur l’ave­nir : les droits de douane, le taux de change, la hausse des prix.

Même si les chefs d’en­tre­prises cor­ré­ziens ne s’at­tendent pas à une ré­vo­lu­tion après le Brexit, ils s’in­ter­rogent sur l’ave­nir : les droits de douane, le taux de change, la hausse des prix…

Une qua­ran­taine d’en­tre­prises cor­ré­ziennes tra­vaille à l’ex­port avec le Royau­meU­ni dans des sec­teurs très di­vers : la mé­ca­nique, l’agroa­li­men­taire, le bois… Alors, hier ma­tin, à l’an­nonce de la vic­toire du « leave », les chefs d’en­tre­prises ne sont pas res­tés de marbre même si cer­tains, comme Jo­na­than Rhodes, co­di­rec­teur chez Per­lim, s’y at­ten­daient. « Je ne suis pas sur­pris, in­dique ce res­sor­tis­sant bri­tan­nique vi­vant en France. Si on pose la ques­tion à tous les pays d’eu­rope au­jourd’hui, la moi­tié di­ra la même chose ». La co­opé­ra­tive frui­tière, ins­tal­lée à Saint­au­laire, réa­lise près de 15 % de son chiffre d’af­faires en An­gle­terre contre près de 80 % il y a 30 ans. « Mais il est un peu tôt pour sa­voir ce qu’il va se pas­ser, pour­ suit­il. Notre clien­tèle risque de vivre une dé­va­lua­tion de la mon­naie. Il se­ra alors sans doute com­pli­qué de com­pen­ser le taux de change et la hausse des prix. »

Une hausse des prix qui n’est ja­mais une bonne nou­velle pour une en­tre­prise et pour Thi­bault Pon­thier, di­rec­teur gé­né­ral de la mai­son ob­ja­toise épo­nyme. « De­puis que nous avons ou­vert un bu­reau à Londres en 2014, nous avons dou­blé notre ac­ti­vi­té au Royaume­uni. Mais nous ex­por­tons dans 70 pays. Notre très forte di­ver­si­fi­ca­tion géo­gra­phique est une force ». L’en­ tre­prise, spé­cia­li­sée dans la confec­tion de pu­rées de fruits, se po­si­tionne sur un mar­ché haut de gamme moins sen­sible aux aléas.

Le ré­ta­blis­se­ment des bar­rières doua­nières sus­cite aus­si quelques in­quié­tudes. « Au­jourd’hui, on ex­porte à Londres comme on en­voie de la mar­chan­dise à Stras­bourg », note Ma­rie Cour­taud, pres­ta­taire de ser­vice ex­port ex­ter­na­li­sé dans le do­maine du luxe et no­tam­ment de la dé­co­ra­tion. Pour elle, « deux ques­tions se posent : quelles vont être les taxes et les droits de douane ? Et com­ment adap­ter l’offre com­mer­ciale fran­çaise pour res­ter com­pé­ti­tif ? » Le Royaume­uni est l’un des meilleurs mar­chés pour cet en­tre­pre­neur à la tête de MCM In­ter­na­tio­nal, ba­sé à Tulle. « Je tra­vaille très bien avec ce pays mais les ré­per­cus­sions ne se­ront pas per­cep­tibles à court terme », convient­elle.

Pour le di­rec­teur ad­joint de Me­ca­trac­tion à Pom­pa­dour, « l’im­pact se­ra plus im­por­tant sur le monde fi­nan­cier ». Laurent Jol­liet ne s’at­tend pas à une ré­vo­lu­tion sur l’ac­ti­vi­té de son en­tre­prise spé­cia­li­sée dans la connec­tique in­dus­trielle. « Je ne pense pas que les taux de douane se­ront très éle­vés entre la France et le Royau­meU­ni, pour­suit­il. Nous avons des mar­chés de quelques di­zaines de mil­liers d’eu­ros outre­manche dans des câbles in­dus­triels pour la fa­bri­ca­tion de trains, de voi­tures ou dans l’aé­ro­nau­tique. » Même s’il se montre ras­su­rant, il évoque une in­quié­tude tou­jours pré­sente face à des évé­ne­ments qui dé­sta­bi­lisent l’éco­no­mie. La Si­came, mai­son mère de Me­ca­trac­tion, dis­pose d’une « so­cié­té soeur » au Royaume­uni. « Il y au­ra sans doute des consé­quences mais j’ai du mal à les me­su­rer de mon point de vue cor­ré­zien ». ■

PHO­TO D’AR­CHIVES PAS­CAL PERROUIN

EX­PORT. La co­opé­ra­tive Per­lim réa­lise 15 % de son chiffre d’af­faires outre-manche. Une pro­por­tion qui s’est lar­ge­ment ré­duite en 30 ans.

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