Routes : le mo­bile dé­passe les bornes

L’ave­nir des ré­seaux d’ap­pels d’ur­gence tou­jours en sus­pens, deux ans après la fin du bud­get dé­dié

La Montagne (Brive) - - Région Actualité - Syl­vain Com­père syl­vain.com­pere@cen­tre­france.com

L’ave­nir des bornes d’ap­pels d’ur­gence est me­na­cé de­puis deux ans… Celles de l’au­to­route sont pré­ser­vées, mais celles qui ja­lonnent les na­tio­nales ne sont plus en­tre­te­nues.

Ces bornes oranges, or­nées d’un té­lé­phone bleu et par­fois d’un « SOS »… Leur re­flet co­lo­ré, ja­lon­nant les grands axes rou­tiers, ras­sure l’au­to­mo­bi­liste de­puis des dé­cen­nies. Mais entre ré­vo­lu­tion tech­no­lo­gique et res­tric­tion bud­gé­taire, l’ave­nir des postes d’ap­pels d’ur­gence était clai­re­ment me­na­cé. Qu’en est­il au­jourd’hui ?

Deux ré­seaux dis­tincts. « La ré­ponse n’est pas simple, sou­pire Fa­brice Sa­li­ma, char­gé de com­mu­ni­ca­tion à la Di­rec­tion in­ter­dé­par­te­men­tale des routes– Centre­ouest ( DIRCO). Pour com­men­cer, il a deux ca­té­go­ries de ré­seaux: ceux qui équipent les au­to­routes, et ceux qui équipent les na­tio­nales.

Pour les au­to­routes, qu’elles soient en ges­tion pu­blique, comme l’a20, ou concé­dées, comme l’a89, tout fonc­tionne par­fai­te­ment. Deux té­lé­phones tous les deux ki­lo­mètres ! C’est sys­té­ma­tique, car ré­gle­men­taire. Le ré­seau est in­té­gré au li­néaire de l’au­to­route et nous avons fait de ré­cents tra­vaux de mo­der­ni­sa­tion. »

Au­to­route. Sur le ré­seau au­to­rou­tier, le re­cours aux bornes d’ap­pel est plus que vi­ve­ment re­com­man­

dé. « Uti­li­sez ex­clu­si­ve­ment les bornes d’ap­pels d’ur­gence », in­siste la Di­rec­tion gé­né­rale de la concur­rence, de la consom­ma­tion et de la ré­pres­sion des fraudes ( DGCCRF). No­tam­ment en cas de panne, car ce­la sim­pli­fie la tâche du dé­pan­neur et le trai­te­ment du dos­sier par les as­su­rances.

« Les bornes ne sont plus en­tre­te­nues et tombent en panne »

Par contre, « pour les na­tio­nales, le ni­veau d’équi­pe­ment est plus va­riable. Mais sur­tout, les bornes ne sont plus en­tre­te­nues et tombent en panne. Le mar­ché de l’en­tre­tien de ces bornes n’a pas été re­con­duit par le mi­nis­tère de l’en­vi­ron­ne­ment… »

Dans la ré­gion, ce­la concerne les na­tio­nales 21, 141, 145 et 147. des routes qui voient pas­ser 5.000 à 10.000 vé­hi­cules par jour, avec des pointes à plus de 15.000 l’été. « Le ré­seau n’est pas aban­don­né, mais nous n’ avons plus les moyens de l’en­tre­te­nir et le fait qu’il n’y ait pas de bud­get dé­dié est un su­jet ré­cur­rent », convient Fa­brice Sa­li­ma.

Pro­blème. De­puis juillet 2014, les bornes hors ser­vice ne sont donc ni ré­pa­rées, ni rem­pla­cées, et le pro­blème est le même pour les ré­seaux fi­laires dont elles dé­pendent… Il s’agit d’un mar­ché na­tio­nal d’en­vi­ron un mil­lion d’eu­ros par an pour l’en­tre­tien de 3.000 postes d’ap­pels d’ur­gence sous res­pon­sa­bi­li­té di­recte de l’état.

Té­lé­phones por­tables. Et au frei­nage bud­gé­taire s’ajoute un vi­rage tech­no­lo­gique. Car, « jus­qu’à ces der­nières an­nées, re­marque dé­jà un rap­port de 2001 (*) sur ces routes, les équipements dy­na­miques rou­tiers que sont les postes d’ap­pels d’ur­gence (PAU) étaient les seuls moyens à dis­po­si­tion de l’usa­ger, gé­ né­ra­le­ment en si­tua­tion de dé­tresse, pour ob­te­nir se­cours ou conseils sur les axes rou­tiers. »

Les moyens de com­mu­ni­ca­tion ont consi­dé­ra­ble­ment évo­lué de­puis vingt ans et le té­lé­phone por­table, dé­sor­mais géo­lo­ca­li­sable, s’est au­jourd’hui sub­sti­tué à la borne orange en cas de panne. « Se­lon les chiffres des gen­darmes – le centre d’ap­pel de la po­lice traite les ap­ pels émis sur l’ag­glo­mé­ra­tion li­mou­geaude, NDLR ­, ils re­çoivent une très forte pro­por­tion d’ap­pels ve­nant de té­lé­phones por­tables, sou­ligne Fa­brice Sa­li­ba. Et ces bornes sont très peu uti­li­sées. Le mes­sage est au­jourd’hui : faites le 112. D’ailleurs, c’est ce qu’in­vite à faire l’au­to­col­lant qui fi­gure sur les man­chons qui pro­tègent les postes en panne. » Pas en­core sur ceux, gai­nés de noir, si­tués le long de la RN147 au nord de Cou­zeix…

Zones blanches en Li­mou­sin

Autre pro­blème : l’ab­sence de ré­seau de té­lé­pho­nie mo­bile sur cer­taines sec­tions de cette même route, de même que sur cer­tains tron­çons d’autres na­tio­nales li­mou­sines… « Le contraste entre des ter­ri­toires for­te­ment maillés, comme la ré­gion pa­ri­sienne, et les zones blanches du Li­mou­sin, a été évo­qué à Pa­ris », as­sure Fa­brice Sa­li­ma.

E-call. Les ser­vices du mi­nis­tère étu­dient no­tam­ment des dis­po­si­tifs in­té­grés aux vé­hi­cules, ca­pables d’aler­ter au­to­ma­ti­que­ment les se­cours et de géo­lo­ca­li­ser l’usa­ger en dif­fi­cul­té. Ce dis­po­si­tif, bap­ti­sé E­call, est mis au point dans le cadre d’une dé­marche lan­cée au ni­veau eu­ro­péen. ■

PHO­TO STÉ­PHANE LEFÈVRE

RN 147. Le long de la na­tio­nale 147, cer­tains postes d’ap­pels d’ur­gence sont en panne, d’autres semblent en­core fonc­tion­ner. Le por­table, lui, ne passe pas par­tout…

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