Grandes ma­noeuvres en vue

Le som­met eu­ro­péen qui s’ouvre de­main va être ca­pi­tal pour l’ave­nir de l’union eu­ro­péenne

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

Les di­ri­geants eu­ro­péens et même amé­ri­cains sont en ébul­li­tion après la dé­ci­sion bri­tan­nique de quit­ter L’UE. Les ma­noeuvres di­plo­ma­tiques se mul­ti­plient.

La chan­ce­lière al­le­mande An­ge­la Mer­kel, a re­çu hier le pré­sident fran­çais Fran­çois Hol­lande et le Pre­mier mi­nistre ita­lien Mat­teo Ren­zi, alors que le som­met eu­ro­péen d’ au­jourd’ hui s’ an­nonce ca­pi­tal à Bruxelles.

Se­lon plu­sieurs sources, une ini­tia­tive du couple fran­co­al­le­mand – long­temps le « mo­teur » de l’union – se­rait à l’étude pour re­lan­cer le pro­jet eu­ro­péen. « Il est de la res­pon­sa­bi­li­té de la France et de l’al­le­magne de prendre l’ini­tia­tive », a plai­dé hier le pré­sident Fran­çois Hol­lande, même si la pre­mière pa­raît da­van­tage de­man­deuse que la se­conde.

La chan­ce­lière a d’ailleurs adop­té un ton plu­tôt conci­liant à l’égard de Londres, en ap­pe­lant à « ana­ly­ser la si­tua­tion avec calme et re­te­nue ». An­ge­la Mer­kel doit aus­si s’en­tre­te­nir sé­pa­ré­ment au­jourd’hui avec le pré­sident du Conseil eu­ro­péen ( qui re­pré­sente les 28 États membres), Do­nald Tusk, qui n’a pas ca­ché sa crainte d’une conta­gion du Brexit por­tée par la fièvre eu­ros­cep­tique qui se­coue le Vieux conti­nent.

L’ar­ticle 50 pas d’em­blée dé­clen­ché

Do­nald Tusk va pré­si­der pen­dant deux jours, de­main et mer­cre­di, un des som­mets les plus ten­dus de l’his­toire de l’union. Le dî­ner de de­main se­ra dé­dié au Brexit avec les « ex­pli­ca­tions » post­mor­tem du Pre­mier mi­nistre bri­tan­nique Da­vid Ca­me­ron.

Ce der­nier, se­lon un of­fi­ciel eu­ro­péen, ne de­vrait pas dé­clen­cher « à ce stade » l’ar­ticle 50, la clause du trai­té de Lis­bonne qui en­clen­che­ra of­fi­ciel­le­ment la sor­tie du Royaume­uni de L’UE.

Le pré­sident du Conseil compte aus­si or­ga­ni­ser une réunion « in­for­melle » avec les 27 autres chefs d’états et de gou­ver­ne­ment, sans le Royaume­uni, afin de dis­cu­ter des consé­quences de la rup­ture bri­tan­nique. « Il se­rait in­sen­sé pour nous d’igno­rer un si­gnal d’alarme tel que le ré­fé­ren­dum bri­tan­nique » , avait­il re­con­nu avant même le vote. Les di­ri­geants eu­ro­péens veulent ac­ter « au plus vite » la pro­cé­dure de di­vorce.

D’outre­at­lan­tique, le se­cré­taire d’état amé­ri­cain John Ker­ry s’est in­vi­té dans la « po­ly­crise » eu­ro­péenne, se­lon l’ex­pres­sion de Jean­claude Jun­cker, le pré­sident de la Com­mis­sion. Bou­le­ver­sant son agen­da, John Kerr y se rend au­jourd’hui à Bruxelles pour des en­tre­tiens avec la chef de la di­plo­ma­tie eu­ro­péenne Fe­de­ri­ca Mo­ghe­ri­ni, avant de s’en­vo­ler pour Lon­ dres. Il a re­con­nu que les ÉtatsU­nis au­raient pré­fé­ré que les Br itan­niques prennent une « autre di­rec­tion ». Wa­shing­ton re­doute par­ti­cu­liè­re­ment l’im­pact du Brexit sur la crois­sance mon­diale et des se­cousses sur les mar­chés fi­nan­ciers. ■

« Prendre l’ini­tia­tive ». Fran­çois Hol­lande a af­fir­mé hier que la France et l’al­le­magne de­vaient « prendre l’ini­tia­tive » après le Brexit. « Un pays ami, un pays al­lié avec le­quel nous avons tant de liens, vient de dé­ci­der de se sé­pa­rer de notre union, l’union eu­ro­péenne, qu’on croyait in­des­truc­tible, in­dis­so­luble », a consta­té le pré­sident lors de la cé­ré­mo­nie d’inau­gu­ra­tion du mé­mo­rial de Dun-les-places (Nièvre).

PHO­TO AFP

LONDRES. Ré­ac­tions en cas­cade… Après le choix du Brexit, re­je­té par 62 % d’écos­sais, plus de la moi­tié d’entre eux sont fa­vo­rables à un nou­veau ré­fé­ren­dum d’in­dé­pen­dance.

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