« Je viens de faire l’amour », dit le pe­tit

Un jeune homme ju­gé pour agres­sion sexuelle sur mi­neur

La Montagne (Brive) - - Limousin Actualité - Co­ra­lie Zarb (*) L’af­faire a été clas­sée sans suite.

Le pe­tit gar­çon s’est dé­tour­né de ses pa­rents. Il a re­je­té son père, il ne vou­lait plus que sa ma­man lui donne le bain. Parce qu’un adulte, un jour, l’a hon­teu­se­ment tra­hi.

« Un pe­tit gar­çon de 5 ans, c’est fra­gile, vul­né­rable. Il a la fâ­cheuse ten­dance à faire confiance aux adultes. Il n’est pas to­lé­rable d’abu­ser de cette confiance », a com­men­té ven­dre­di le vice­pro­cu­reur Bru­no Ro­bi­net lors de l’au­dience cor­rec­tion­nelle à Li­moges. Car tra­hir la confiance et agres­ser sexuel­le­ment ce pe­tit gar­çon, c’est ce qu’a fait Mi­ckaël, jeune adulte de 19 ans au mo­ment des faits.

Ce soir d’août 2011, le gar­çon­net est al­lé avec ses pa­rents chez leurs voi­sins. Pen­dant que les grands bu­vaient le ca­fé et ba­var­daient de­hors, lui re­gar­dait un DVD à la té­lé. Vou­lant vi­sion­ner un autre des­sin ani­mé, il a sui­vi Mi­ckaël, le fils des voi­sins, au sous­sol pour choi­sir son film.

Là, le jeune homme qui re­gar­dait des films por­no­gra­phiques sur son té­lé­phone les a mon­trés au pe­tit. Puis, il l’a désha­billé, a mis son sexe dans sa bouche avant de lui faire tou­cher le sien.

Les adultes ont vu l’en­fant re­mon­ter du sous­sol, ar­ran­geant son short dé­fait. À leurs ques­tions pour sa­voir d’où il ve­nait et ce qu’il avait fait, il a ré­pon­du : « Je viens de faire l’amour avec Mi­ckaël ». Aus­si­tôt in­ter­ro­gé, le jeune homme a re­con­nu les faits. Sa mère a ap­pe­lé les gen­darmes dans la fou­lée.

Ju­gé cinq ans après pour cor­rup­tion de mi­neur et agres­sion sexuelle, ce jeune homme han­di­ca­pé pla­cé en foyer, sui­vi par l’as­sis­tance édu­ca­tive de­puis ses 18 mois et qui as­sure avoir été lui­même abu­sé par son beau­père*, ex­plique avoir été « pris d’une pul­sion ».

L’ex­pert psy­chiatre qui l’a exa­mi­né à l’époque parle d’une per­son­na­li­té « bor­der­line », n’ayant pas for­cé­ment un pro­fil pé­do­phi­lique mais pris de pul­sions sexuelles en­vers les en­fants par fa­ci­li­té, par crainte d’être re­je­té par les filles de son âge…

Au­jourd’hui Mi­ckaël est en couple. Il as­sure re­gret­ter ses actes et le mal qu’il a cau­sé. Un mal dé­vas­ta­teur, « un raz­de­ma­rée qui a dé­truit la fa­mille », in­dique au tri­bu­nal l’avo­cate du gar­çon et de ses pa­rents, M Co­rinne Dhaeze­la­bou­die. De­puis, la ma­man, ter­ras­sée par la culpa­bi­li­té, a ar­rê­té de tra­vailler. C’est en larmes qu’elle est ve­nue as­sis­ter au pro­cès de l’agres­seur de son fils, agrip­pée au bras de son ma­ri.

Mal­gré le dis­cours ras­su­rant du pré­ve­nu, le tri­bu­nal a pré­fé­ré pré­ve­nir tout risque de ré­ci­dive en con­dam­nant le jeune homme à douze mois de pri­son avec sur­sis, ac­com­pa­gné d’un sui­vi so­cio­ju­di­ciaire pen­dant quatre ans, avec l’obli­ga­tion de ré­pa­rer les dom­mages, de se soi­gner et l’in­ter­dic­tion d’en­trer en contact avec des mi­neurs.

Mi­ckaël se­ra pro­chai­ne­ment ju­gé de­vant une ju­ri­dic­tion pour mi­neurs, pour des viols sur sa soeur et son frère, com­mis pen­dant sa mi­no­ri­té. ■

PHOTO : T. JOUHANNAUD

CON­DAM­NÉ. Un sui­vi so­cio­ju­di­ciaire de quatre ans a été pro­non­cé à l’en­contre de l’agres­seur.

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