Des fruits très raf­fi­nés et in­no­vants

Les Raf­fi­neurs de fruits, au pe­di­gree 100 % Li­mou­sin, sont ins­tal­lés à Saint­viance de­puis avril

La Montagne (Brive) - - Limousin Actualité - Sé­bas­tien Du­bois se­bas­tien.du­bois@cen­tre­france.com

De la confi­ture sans sucre. C’est l’idée dé­ve­lop­pée par la so­cié­té les Raf­fi­neurs de fruits, ba­sée à Saint-viance. Une en­tre­prise in­no­vante et 100 % « made in Li­mou­sin ».

Une ré­vo­lu­tion dans des pots en verre. Pour les consom­ma­teurs, l’agroa­li­men­taire n’est pas le pre­mier sec­teur qui vient à l’idée quand on parle d’in­no­va­tion. Trois en­tre­pre­neurs, ins­tal­lés dans la Zone de la Nau, à Saint­viance, sont pour­tant en train de chan­ger la donne. Leur pro­duit « for­te­ment in­no­vant » se­lon le di­rec­teur gé­né­ral de l’en­tre­prise, Laurent Pra­deilles, se ré­sume en une pro­po­si­tion for­te­ment an­ti­no­mique : de la confi­ture sans sucre.

Mar­ché en forte crois­sance

« D’ha­bi­tude, la confi­ture, c’est à moi­tié du sucre, à moi­tié des fruits, ex­plique le DG. Nous, on a un ni­veau de sucre très bas et une for­mu­la­tion 100 % fruit. » Fi­na­le­ment bap­ti­sée les Raf­fi­neurs de fruit, la so­cié­té, ins­tal­lée en Cor­rèze de­puis le mois d’avril, por­tait au dé­part le nom de Con­frui­pure. Tout un pro­gramme.

Laurent Pra­deilles re­çoit dans les bu­reaux de l’in­cu­ba­teur ré­gio­nal, à Li­mo­ ges Es­ter. Le dis­po­si­tif dé­pend de l’agence de va­lo­ri­sa­tion de la re­cherche de l’uni­ver­si­té (AVRUL), mais ce­la fait quelques an­nées que lui et ses deux par­te­naires ont quit­té les bancs de l’école. « Na­tu­rel­le­ment, l’in­no­va­tion est plu­tôt le fait des étu­diants ou des in­gé­nieurs qui sortent de l’école, pour­suit le res­pon­sable. Ils s’orientent vers la re­cherche et rentrent en­suite dans l’in­cu­ba­teur. Mais c’est aus­si ou­vert aux per­sonnes qui veulent mon­ter une en­tre­prise in­no­vante. »

Avant de créer Les raf­fi­neurs de fruit, Laurent Pra­deilles (47 ans) a oeu­vré pen­dant de longues an­nées, comme « in­gé­nieur agroa­li­men­taire », no­tam­ment chez Ma­drange, puis dans une en­tre­prise cor­ré­zienne. Là, il croise Éric Ber­ger, fa­bri­cant de ma­chines spé­cia­li­sées, « pour le condi­tion­ne­ment des pro­duits en pot de verre », ex­plique le DG. « C’est en voyant ses clients se dé­ve­lop­per qu’il a eu l’idée », ex­plique­t­il : près de 10 % de crois­sance entre 2013 et 2014. De­puis, le duo est de­ve­nu trio, en s’ad­joi­gnant les ser­vices d’hervé Mar­teau, « une re­la­tion de M. Ber­ger, qui nous aide dans l’ac­com­pa­gne­ment et la créa­tion de l’en­tre­prise », ex­plique Laurent Pra­deilles.

L’ac­ti­vi­té de la so­cié­té re­pose sur un pro­cess, qui ré­vo­lu­tionne la cuis­son et la fa­bri­ca­tion des confi­tures. Son atout et son sa­voir­faire. « Par rap­port à notre vo­lon­té de créer l’en­tre­prise, c’était une né­ces­si­té pour que le pro­jet soit viable, ex­plique le qua­dra­gé­naire, phra­sé et re­gard francs. Ça nous per­met de ne pas af­fron­ter la concur­rence di­recte avec les lea­ders du mar­ché. » Au lieu de cuire dans des chau­drons, les fruits bé­né­fi­cient « d’une cuis­son douce », dans un échan­geur ther­mique, ce qui « ne dé­na­ture pas le fruit ». « Ce­la donne un pro­duit peu su­cré et peu ca­lo­rique », ex­plique le DG.

« 3.000 pots à l’heure »

Au sein de No­va­pôle, à Saint­viance, les Raf­fi­neurs dis­posent de deux lignes de pro­duc­tion, per­met­tant de rem­plir « 3.000 pots à l’heure ». Trois gammes de pro­duits, tou­ tes dé­cli­nées en bio­lo­gique, sont dis­po­nibles : « le 100 % fruit qui se consom­me­ra comme de la confi­ture, le cou­lis et la com­po­tée avec mor­ceaux », ex­plique­t­il. Les fruits, « mi­ra­belles de Lor­raine, abri­cots du Rous­sillon, fraises de Dor­dogne » sont « 100 % fran­çais », as­sure l’en­tre­pre­neur. « On se po­si­tionne sur du haut de gamme », re­prend­il. Les pro­duits se­ront dis­tri­bués « en épi­ce­rie fine, dans les hô­tels de luxe et chez les dis­tri­bu­teurs spé­cia­li­sés », dé­taille­t­il. « On est éga­le­ment es­tam­pillé par L’ALIA, l’as­so­cia­tion li­mou­sine des in­dus­tries ali­men­taires », ajoute­t­il.

Le pe­di­gree de l’en­tre­prise est éga­le­ment 100 % Li­mou­sin. Membres du Ré­seau En­tre­prendre, sou­te­nus par Li­mou­sin ex­pan­sion et le ré­seau consu­laire, mû­ris à l’ombre de struc­ture telle que L’IUT gé­nie mé­ca­nique, L’ENSCI et le la­bo­ra­toire de chi­mie et de science na­tu­relle de Li­moges, les Raf­fi­neurs sont le fruit d’un éco­sys­tème, mé­con­nu por­té sur l’in­no­va­tion. « C’est un pro­duit et une idée tout à fait ori­gi­naux, conclut Ma­thieu Va­le­tas, le di­rec­teur de l’in­cu­ba­teur de L’AVRUL. Il y a vrai­ment du po­ten­tiel. » Toute res­sem­blance avec une ré­gion et une in­dus­trie mé­con­nue ne sau­rait to­ta­le­ment for­tuite. ■

PHOTO PAS­CAL PERROUIN

ÉQUIPE. Le Raf­fi­neurs de fruits, une équipe dé­sor­mais ins­tal­lée à Saint-viance en Cor­rèze.

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