L’ita­lie prend date, l’es­pagne la porte

Éli­mi­née de l’eu­ro 2008 puis bat­tue en fi­nale en 2012 par l’es­pagne, l’ita­lie a frap­pé un gros coup hier en sor­tant les doubles te­nants du titre. Un suc­cès (2-0) qui ne souffre d’au­cune contes­ta­tion. De quoi voir bien plus loin pour cette très sé­dui­sante

La Montagne (Brive) - - Euro 2016 - À Saint-de­nis, Ju­lien Ben Boua­li ju­lien.ben­boua­li@cen­tre­france.com

La ré­vo­lu­tion Conte a donc payé. Quatre ans après l’hu­mi­lia­tion vé­cue en fi­nale de l’eu­ro 2012 (4­0), le peuple ita­lien tient sa re­vanche. Et il le doit en grande par­tie à son sé­lec­tion­neur.

Ar­ri­vé en août 2014 au che­vet d’une Squa­dra Az­zu­ra en per­di­tion après son éli­mi­na­tion en phase de poules à la Coupe du monde au Bré­sil, An­to­nio Conte n’a pas eu peur de tout chan­ger, ou presque.

Un 3-5-2 très ef­fi­cace

Tac­tique, joueurs, phi­lo­so­phie de jeu, l’an­cien coach de la Ju­ven­tus a ame­né en sé­lec­tion ce qui avait fait son suc­cès à Tu­rin les trois an­nées pré­cé­dentes. Et le ré­sul­tat est spec­ta­cu­laire. Le 3­5­2 et le jeu en contre des Tran­ sal­pins en font des can­di­dats lé­gi­times au titre continental le 10 juillet. D’ici là, l’al­le­magne se­ra sur la route des hommes de Conte en quart de fi­nale. Mais à l’heure où les Al­le­mands et les Belges ont dé­rou­lé face aux (très) mo­destes Hon­grois et Slo­vaques, les Ita­liens ont ren­voyé à la mai­son les doubles te­nants du titre ! Pour son pre­mier gros test de l’eu­ro 2016, l’ita­lie a tout même éteint une Es­pagne qui au­ra donc tout ga­gné entre 2008 et 2012 (une Coupe du monde et deux Eu­ros), pour tout perdre de­puis 2014. La Ro­ja au­rait peut­être dû éga­le­ment op­ter pour le chan­ge­ment après son éli­ mi­na­tion en poules au Bré­sil en 2014. Car au Stade de France hier, les hommes de Vi­cente Del Bosque, en poste de­puis 2008, ont été dé­pas­sés dans tous les do­maines, sans ja­mais trou­ver la so­lu­tion pour per­cer le mur dé­fen­sif ita­lien. Et quand les Ibé­riques par­ve­naient en­fin à se mettre en bon­ ne po­si­tion, l’in­usable Buf­fon (38 ans, 159 sé­lec­tions) se ré­vé­lait une nou­velle fois par­fait. Le gar­dien de la Ju­ven­tus stop­pait la tête de Mo­ra­ta (50e), cla­quait la vo­lée d’inies­ta (75e) avant de dé­tour­ner les frappes de Pi­qué (76e) dont la der­nière à bout por­tant (89e).

De Gea, seul Es­pa­gnol à la hau­teur

Le tour­nant du match. Sur le contre sui­vant. Dar­mian pro­fi­tait d’une dé­fense par­tie à l’abor­dage pour cen­trer vers Pel­lè qui cru­ci­fiait de près et en force De Gea (2­0, 90e). Le but du break qui en­voyait l’ita­lie en quart au plus grand bon­heur d’un An­to­nio Conte congra­tu­lé par l’en­semble de ses joueurs, conscients de l’im­por­tance de leur sé­lec­tion­neur dans les ré­sul­tats ac­tuels.

Car la grande force de cette Squa­dra Az­zu­ra, c’est sa dé­vo­tion, son en­ga­ge­ment, sa dé­bauche d’éner­gie conti­nue et to­tale. Non pas pour dé­fendre, mais pour at­ta­quer, ou plu­tôt contre­at­ta­quer à chaque ré­cu­pé­ra­tion.

Sans un De Gea ins­pi­ré, l’es­pagne au­rait d’ailleurs som­bré plus tôt. Le gar­dien es­pa­gnol sor­tait le grand jeu sur la tête de Pel­lè (8e) puis le re­tour­né de Giac­che­ri­ni (10e). Fi­na­le­ment bat­tu par Chiel­li­ni à bout por­tant, après deux ar­rêts sur Eder et Giac­che­ri­ni (1­0, 33e), il sor­tait de sa lu­carne une frappe de ce der­nier pour re­tar­der l’échéance (45e).

En vain. À l’heure où l’ita­lie se prend à rê­ver du titre, l’es­pagne, in­ca­pable d’ac­cé­lé­rer le jeu, a donc pris la porte. Cette Ro­ja ne mé­ri­tait pas d’autre sort. ■

PHOTO QUEN­TIN REIX

LIESSE. Au coup de sif­flet fi­nal, la joie des Ita­liens, qui viennent de sor­tir la Ro­ja.

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