Gou­ver­née, mais quand ?

Le Par­ti po­pu­laire vainqueur des lé­gis­la­tives mais sans ma­jo­ri­té

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

Six mois de trac­ta­tions in­fruc­tueuses ; de nou­velles élec­tions sans pour au­tant de ma­jo­ri­té ; et de nou­velles trac­ta­tions : l’es­pagne se cherche un gou­ver­ne­ment stable.

Le chef du gou­ver­ne­ment es­pa­gnol sor­tant, le conser­va­teur Ma­ria­no Ra­joy, 61 ans, a an­non­cé hier qu’il al­lait en­ga­ger des né­go­cia­tions avec d’autres par­tis dans le but de for­mer un gou­ver­ne­ment et mettre fin cet été à la pa­ra­ly­sie po­li­tique, après sa vic­toire aux lé­gis­la­tives.

Ra­joy est sor­ti ren­for­cé des nou­velles élec­tions lé­gis­la­tives or­ga­ni­sées dimanche mais reste dé­pour­vu de ma­jo­ri­té ab­so­lue (176 dé­pu­tés). Sa for­ma­tion a réuni 33 % des suf­frages et pro­gres­sé de près de 700.000 voix. Elle compte à pré­sent 137 sièges de dé­pu­tés sur 350, soit 14 de plus qu’après le scru­tin de dé­cembre.

Double peur

Les po­li­to­logues consi­dèrent gé­né­ra­le­ment que la droite a su ti­rer pro­fit d’une cam­pagne cen­trée sur « la peur d’uni­dos Po­de­mos », la coa­li­tion an­ti­aus­té­ri­té qui avait le vent en poupe, sys­té­ma­ti­que­ment pré­sen­tée comme une dan­ge­reuse « al­liance d’ex­tré­mistes et de com­mu­nistes ». Le PP a aus­si pro­fi­té d’un ré­flexe conser­va­teur de l’élec­to­rat après le choc du Brexit, le dé­part du Royaume­uni de l’union eu­ro­péenne.

Les trois autres grandes for­ma­tions ont toutes per­du des plumes.

Le Par­ti so­cia­liste (PSOE), avec 22,66 % des voix, reste la deuxième for­ma­tion d’es­pagne mais avec cinq sièges de moins qu’en dé­cembre.

Uni­dos Po­de­mos ­ qui comp­tait bien dé­pas­ser le PSOE ­ a re­cu­lé de plus d’un mil­lion de voix à 21,1 % et 71 sièges.

Quand au par­ti li­bé­ral Ciu­da­da­nos, il perd huit sièges au pro­fit du PP.

« C’est une vic­toire per­son­nelle pour Ma­ria­no Ra­joy », juge An­ton Losada, po­li­to­logue de gauche. Lui qui était ac­cu­sé par ses dé­trac­teurs d’avoir lais­sé pros­pé­rer la cor­rup­tion comme pré­sident du PP de­puis 2004 et du gou­ver­ne­ment à par­tir de 2011, semble re­de­ve­nu in­con­tour­nable.

« Évin­cer Ra­joy »

Avec ses 85 dé­pu­tés, le PSOE va de­voir tran­cher. Soit il bloque l’in­ves­ti­ture de Ra­joy ­ dont il a tant dé­non­cé « les po­li­tiques in­justes et an­ti­so­ciales », soit il fi­nit par s’abs­te­nir pour le lais­ser gou­ver­ner le pays.

Le PSOE ne sem­blait pas hier en­core prêt à lui fa­ci­li­ter la tâche.

Quant aux cen­tristes de Ciu­da­da­nos, ils ont ou­vert la porte à la né­go­cia­tion, en se di­sant prêt à par­ler de ré­formes. Leur di­ri­geant, Al­bert Ri­ve­ra, est ce­pen­dant res­té am­bi­gu : « nous n’al­lons pas ap­puyer un gou­ver­ne­ment de M. Ra­joy », a­t­il dit, comme s’il ré­cla­mait en­core que le PP lui trouve un rem­pla­çant pour di­ri­ger le pays.

Un nou­veau blo­cage pour­rait être mal per­çu par l’élec­to­rat, en pleine tem­pête du Brexit. Mais un proche du di­ri­geant so­cia­liste Pe­dro San­chez a as­su­ré qu’il fau­drait « s’at­tendre à de longues né­go­cia­tions ». « Notre vo­ca­tion est d’évin­cer Ra­joy », a dé­cla­ré Ce­sar Lue­na, nu­mé­ro deux du par­ti, ajou­tant : « Nous n’ap­puie­rons Ra­joy ni par ac­tion ni par omis­sion ». ■

AFP

MA­RIA­NO RA­JOY. L’ac­tuel pré­sident du gou­ver­ne­ment est-il une so­lu­tion ou un pro­blème à l’émer­gence d’une ma­jo­ri­té ?

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