Pru­dence

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités - Alexandre Mo­rel

Les lé­gis­la­tives es­pa­gnoles consti­tuent la pre­mière ré­plique au ré­fé­ren­dum bri­tan­nique. On de­vait as­sis­ter au triomphe de Po­de­mos, dont le dis­cours ra­di­cal, fruit de la déses­pé­rance so­ciale, avait sé­duit lors du pré­cé­dent scru­tin, il y a six mois. À tel point que le par­ti de Pa­blo Igle­sias s’était sen­ti pous­ser des ailes, blo­quant toute for­mule de coa­li­tion avec le Par­ti so­cia­liste es­pa­gnol. L’ob­jec­tif : rin­gar­di­ser le PSOE de la même ma­nière que Sy­ri­za, en Grèce, l’avait fait avec le Pa­sok, re­lé­gué au ma­ga­sin des ac­ces­soires his­to­riques. Seule­ment voi­là, le saut dans le vide au­quel les su­jets de Sa Gra­cieuse Ma­jes­té ont pro­cé­dé la se­maine der­nière a in­ci­té les élec­teurs es­pa­gnols à la pru­dence. En pre­mier lieu ceux de Po­de­mos, dont Pa­blo Igle­sias a un peu vite ou­blié que la grande ma­jo­ri­té, is­sue du PSOE lors du scru­tin de dé­cembre, n’a pas di­gé­ré le ra­di­ca­lisme de sa cam­pagne. L’es­pagne vient donc d’in­ti­mer l’ordre aux lea­ders des prin­ci­paux par­tis de nouer en­fin des al­liances aux­quelles ils n’ont pas vou­lu pro­cé­der ce der­nier se­mestre. Et ex­pri­mé le dé­sir de ne pas bra­der les ré­sul­tats d’an­nées de sa­cri­fices dont la com­pé­ti­ti­vi­té re­trou­vée de l’éco­no­mie dé­montre en­fin l’uti­li­té. jus­qu’à quatre. Les pro­prié­taires ont du mal à lâ­cher leurs gar­çons, se battent même entre eux pour leurs beaux yeux ; les ta­li­bans le savent.

« Ils ont dé­cou­vert la plus grande fai­blesse de nos forces de po­lice », ré­sume ain­si un an­cien chef de po­lice pro­vin­ciale, évo­quant une arme plus re­dou­table en­core que les ka­mi­kazes. « Une ad­dic­tion pire que l’opium », dit en­core un juge. Les ta­li­bans, qui avaient in­ter­dit le « ba­cha ba­zi » lors­qu’ils étaient au pou­voir entre 1996 et 2001, uti­lisent ces jeunes hommes comme de vé­ri­tables che­vaux de Troie. Mais ils dé­mentent, au nom de la ver­tu. « Nous avons des bri­gades de moud­ja­hi­dines pour ce genre d’opé­ra­tions. Ce sont des hommes adultes avec des barbes ».

En dé­cembre, le Congrès amé­ri­cain me­na­çait de ne plus sou­te­nir les forces de sé­cu­ri­té af­ghane, gan­gre­nées par de tels pré­da­teurs sexuels, mi­nant les ef­forts fi­nan­ciers consen­tis par Wa­shing­ton. Par­mi ces gar­çons­jouets, vic­times d’abus à ré­pé­ti­tion, cer­tains se jettent dans les bras des ta­li­bans, par dé­sir de re­vanche.

Si des mo­ti­va­tions sé­cu­ri­taires fi­nis­saient par avoir rai­son de cet es­cla­vage sexuel d’en­fants, à dé­faut d’es­pé­rer qu’un jour le droit l’em­porte, ce se­rait une belle vic­toire col­la­té­rale.

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