Les cultures ver­dissent

La Montagne (Brive) - - Vie rurale - Do­mi­nique Dio­gon do­mi­nique.dio­gon@cen­tre­france.com

Nou­velles va­rié­tés, nou­velles es­pèces pour se di­ver­si­fier, agri­cul­ture de pré­ci­sion, la co­opé­ra­tive Li­ma­grain ac­com­pagne ses ad­hé­rents pour prendre le vi­rage d’une agri­cul­ture per­for­mante et res­pec­tueuse de l’en­vi­ron­ne­ment.

Àla sor­tie de Riom, morne est la plaine de la Li­magne en ce jour plu­vieux de juin. Le puy de Dôme est ca­de­nas­sé sous une triple couche de nuages. Et le han­gar agri­cole du Gaec De­bain offre un re­fuge douillet pour dé­gus­ter une cuisse de boeuf, pa­tiem­ment rô­tie à la broche sur le bar­be­cue géant.

L’odeur qui s’en échappe se­rait même de na­ture à vous faire ou­blier la rai­son pre­mière de votre vi­site. En élèves ap­pli­qués, mal­gré une terre ren­due amou­reuse par les pré­ci­pi­ta­tions, quelque 150 ad­hé­rents de la co­opé­ra­tive Li­ma­grain suivent les dif­fé­rents ate­liers qui leur sont réservés.

« Dé­bo­bi­ner ré­gu­liè­re­ment l’azote pour évi­ter qu’il se vo­la­ti­lise »

Pour cette jour­née, in­ti­tu­lée « Ren­contres agro 2016 », la co­opé­ra­tive au­ver­gnate a mis en place, sur un seul et même lieu, l’ex­ploi­ta­tion de la fa­mille De­bain, une pla­te­forme d’ex­pé­ri­men­ta­tion créée spé­cia­le­ment pour l’évé­ne­ment. Des vi­trines blé, nou­velles es­pèces, une ex­pé­ri­men­ta­tion sur l’ir­ri­ga­tion en goutte­à­goutte ou en­core sur l’agri­cul­ture de pré­ci­sion sont pré­sen­tées et ex­pli­ci­tées aux cé­réa­liers pré­sents.

« Ces der­nières an­nées, nous or­ga­ni­sions une sorte de rallye avec une thé­ma­tique dif­fé­rente par site. Nous avons choi­si de re­nouer avec une for­mule an­cienne et de concen­trer les dif­fé­rents es­sais sur un seul site. L’idée est de mon­trer des choses tout en par­ta­geant un mo­ment de convivialité. Dans la vie de la co­opé­ra­tive, il y a d’autres ren­dez­vous dans l’an­née, mais ce­ lui­ci fait par­tie du che­mi­ne­ment de nos ad­hé­rents pour gar­der un oeil sur les tech­niques de cul­ture et l’in­no­va­tion », avance Fran­çois Clé­ment, di­rec­teur de la com­mu­ni­ca­tion ad­hé­rents chez Li­ma­grain.

Ces « Ren­contres agro 2016 » sont conçues comme un ca­ta­logue dans le­quel les agri­cul­teurs peuvent pi­co­rer de nou­velles idées et pra­tiques à ap­pli­quer sur leur exemple.

Exemple très concret avec un es­sai de fer­ti­li­sa­tion azo­tée sur du blé avec un en­grais nou­velle gé­né­ra­tion à re­tar­da­teur de ni­tri­fi­ca­tion. « Par rap­port à la pro­blé­ma­tique en­vi­ron­ne­men­tale mais aus­si pour une ques­tion d’ef­fi­ca­ci­té, l’ob­jec­tif est que la vi­tesse de mise à dis­po­si­tion de l’azote soit en phase avec les be­soins de la plante, ex­plique Jean­luc Viales, di­rec­teur in­no­va­tion et dé­ve­loppe­ ment agro­no­mique chez Li­ma­grain. Ce type d’en­grais per­met de dé­bo­bi­ner ré­gu­liè­re­ment l’azote pour évi­ter qu’il se vo­la­ti­lise sous forme am­mo­nia­cale et pour évi­ter éga­le­ment le les­si­vage azo­té sous forme de ni­trates. Ce qui est li­bé­ré est ab­sor­bé im­mé­dia­te­ment par la plante. Un peu comme une per­fu­sion. »

Au­jourd’hui, seuls 10 % des ad­hé­rents de la co­opé­ra­tive au­ver­gnate uti­lisent cette tech­no­lo­gie. Un chiffre qui de­vrait lo­gi­que­ment ex­plo­ser à l’ave­nir. « Il y a un pe­tit sur­coût pour l’agri­cul­teur mais ce­lui­ci s’y re­trouve car les en­grais sont mieux va­lo­ri­sés », com­plète Jean­luc Viales.

L’heure est à l’agri­cul­ture de pré­ci­sion à tous les ni­veaux, en par­ti­cu­lier sur l’uti­li­sa­tion des res­sources en eau. « Cette an­née, nous lan­çons deux es­sais avec un goutte­à­goutte sur les maïs se­mence. L’an der­nier, nous avons eu de très bons ré­sul­tats sur du maïs se­mou­lier. Nous avons réus­si à éco­no­mi­ser 15 % d’eau tout en aug­men­tant les ren­de­ments de 15 %, tranche le di­rec­teur in­no­va­tion et dé­ve­lop­pe­ment agro­no­mique. Non seule­ment, il y a moins de gas­pillage d’eau mais en plus, lors des grandes cha­leurs, ce­la main­tient l’hu­mi­di­té, re­froi­dit la plante, qui conti­nue à croître au­de­là du cap fa­ti­dique des 30°C à par­tir du­quel le maïs s’ar­rête nor­ma­le­ment de pous­ser. Certes, c’est un in­ves­tis­se­ment sup­plé­men­taire mais qui est uni­que­ment des­ti­né aux cultures à forte va­leur ajou­tée comme le maïs se­mence. L’avan­tage, c’est que c’est un sys­tème pé­renne, au­to­ma­tique, que tu n’as pas be­soin de dé­pla­cer. » ■

PHO­TOS RI­CHARD BRU­NEL

ÉCO­NO­MIE. Jean-luc Viales, Sé­bas­tien Vi­dal et Fran­çois Clé­ment de­vant un goutte-à-goutte qui per­met d’éco­no­mi­ser 15 % d’eau et d’aug­men­ter de 15 % les ren­de­ments du maïs consom­ma­tion.

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