Des ur­gen­tistes mieux for­més

Ap­prendre à dé­ce­ler et à gé­rer les violences faites aux femmes

La Montagne (Brive) - - Jeux -

Dé­ce­ler les si­tua­tions de violences, po­ser les bonnes ques­tions pour li­bé­rer la pa­role : sou­vent en pre­mière ligne pour ac­cueillir les femmes vic­times de violences, plus de 200 ur­gen­tistes ont par­ti­ci­pé à la pre­mière jour­née de for­ma­tion hier à Pa­ris.

«Le plus sou­vent, les vic­times de violences ne sont pas re­pé­rées comme vic­times de violences, donc elles ne sont pas prises en charge de la bonne ma­nière », dé­plore Ernestine Ro­nai, co­or­di­na­trice na­tio­nale « violences faites aux femmes » de la Mis­sion in­ter­mi­nis­té­rielle pour la pro­tec­tion des femmes vic­times de violences et la lutte contre la traite des êtres hu­mains (Mi­prof). C’est pour­quoi il est de­ve­nu es­sen­tiel de for­mer les pro­fes­sion­nels qu’elles croisent tout au long de leur par­cours.

« Les femmes doivent sa­voir qu’elles trou­ve­ront aux ur­gences des pro­fes­sion­nels for­més à qui s’adres­ser », af­firme Lau­rence Ros­si­gnol, mi­nistre des Fa­milles, de l’en­fance et des Droits des femmes. Les plus de 500 ré­fé­rents dé­jà nom­més dans les ser­vices d’ur­gences par­tout en France doivent en­suite eux­mêmes sen­si­bi­li­ser leurs col­lègues et as­su­rer une meilleure prise en charge glo­bale des vic­times. À terme, chaque ser­vice d’ur­gences de­vra ain­si dis­po­ser d’un ré­fé­rent.

En ef­fet, si les mé­de­cins sont l’un des re­cours spon­ta­nés des femmes vic­times de violences, ils es­timent ne pas tou­jours sa­voir « comment po­ser les ques­tions qui ne bru­ta­lisent pas da­van­tage, alors même que la femme qui est en face d’eux at­tend ce dé­clic, cette phrase, cette ques­tion qui va lui per­mettre de s’ex­pri­mer », a ex­pli­qué Ma­ri­sol Tou­raine, mi­nistre des Af­fai­ res so­ciales et de la San­té, de­vant les sta­giaires d’un jour. Outre la for­ma­tion dis­pen­sée dans les lo­caux du mi­nis­tère des Af­faires so­ciales et de la San­té, chaque ré­fé­rent s’est vu re­mettre un kit pra­tique, avec mé­mos, notes ex­pli­ca­tives et do­cu­men­ta­tion pour sa­voir.

200.000 femmes

De quoi les gui­der pour re­con­naître les symp­tômes des violences, for­mu­ler les bonnes ques­tions et rem­plir cor­rec­te­ment le cer­ti­fi­cat mé­di­cal. « Plus tôt on va re­pé­rer (ces vic­times), moins elles se­ront en­kys­tées dans les violences et plus il y a de chances qu’elles en sortent mieux », pour­suit Ernestine Ro­nai.

« Il faut juste qu’on ait les bonnes pra­tiques pour rendre ser­vice aux vic­times », mar­tèle Pa­trick Pel­loux, pré­sident de l’as­so­cia­tion des mé­de­cins ur­gen­tistes de France (Amuf ). « Là, à l’heure ac­tuelle, nous avons les mau­vaises pra­tiques qui rendent ser­vice aux cri­mi­nels. Il faut in­ver­ser ça. » ■

PHOTO THIERRY LINDAUER

PA­TRICK PEL­LOUX. «Rendre ser­vice aux vic­times».

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