Des bo­bos soi­gnés avec ten­dresse

Les consul­ta­tions de spé­cia­li­tés ne désem­plissent pas, d’en­fants et d’as­tuces

La Montagne (Brive) - - Brive Jeunesse & Co - Ca­ro­line Gi­rard brive@cen­tre­france.com

Pe­luches, sty­los, chan­sons… A l’hô­pi­tal, les pro­fes­sion­nels mul­ti­plient les as­tuces pour al­lé­ger les an­goisses des en­fants, et par­fois des pa­rents.

«On chante ! » Lors­qu’on leur de­mande ce qu’elles font face à des en­fants, c’est à l’unis­son qu’elles ré­pondent. Et des en­fants, le Dr Fa­ti­ha Brak­bi a l’ha­bi­tude d’en voir dé­fi­ler. « On a tout un ré­per­toire de comp­tines à notre ac­tif, plai­sante la res­pon­sable du ser­vice oph­tal­mo­lo­gie. Et on de­vient in­col­lable sur les per­son­nages de des­sins ani­més ». Si le mer­cre­di est le jour des en­fants dans bien des en­droits, il l’est aus­si à l’hô­pi­tal. Alors pour ras­su­rer les plus in­quiets, toutes les tech­niques sont bonnes. « Cer­tains ont la trouille de la blouse blanche et des pi­qûres, mais ici, on ne tra­vaille qu’avec la lu­mière ».

En oph­tal­mo­lo­gie, elles sont quatre à as­su­rer les consul­ta­tions. Une in­fir­mière, une or­thop­tiste, un mé­de­cin et de­puis peu, une in­terne. Et si elles ont pour elles, l’avan­tage de ne pas uti­li­ser de ma­té­riels dou­lou­reux, elles ne sont pas de trop lors­qu’il faut ri­va­li­ser d’as­tuces pour apai­ser les plus ré­ti­cents. « Entre nous, c’est un tra­vail main dans la main, pour­suit Fa­ti­ha Brak­bi. Si vrai­ment nous ren­con­trons de grandes dif­fi­cul­tés pour pro­cé­der à l’exa­men, nous les ren­voyons vers le ser­vice mère­en­fant de Li­moges ». Mais bien sou­vent, ce n’est pas né­ces­saire. À coups de puzzle, de pe­luches, de sty­los qui s’al­lument, elles tentent de rendre plus lé­gers ces mo­ments par­fois dif­fi­ciles.

Quelques portes plus loin, au même étage, l’équipe D’ORL s’ac­tive. Si leurs voi­sines sont exemp­tées d’exa­mens dou­lou­reux, ici, c’est par­fois plus com­pli­qué. Tym­pans, la­rynx, vé­gé­ta­tions… les zones sont sen­sibles, et su­jettes aux in­flam­ma­tions. « Il faut ban­nir ce mot, “dou­leur” et ras­su­rer au­tant les pa­rents que les en­fants, en par­ti­cu­lier sur les in­ter­ven­tions en anes­thé­sie lo­cale », ex­plique So­nia Le­veaux, l’in­fir­mière du ser­vice.

Bras droit du mé­de­cin et de l’in­terne du ser­vice, c’est aus­si elle qui ef­fec­tue les tests au­di­ tifs, à l’écart de la grande salle de consul­ta­tion. « Il faut dé­tour­ner l’at­ten­tion sur autre chose. On leur dit qu’on va faire un jeu, que pa­pa et ma­man ne sont pas loin ».

Si cer­tains en­fants sont vite en âge de se po­ser des ques­tions, d’autres le sont moins. Mais tous ont cette ten­dance à la ta­qui­ne­rie. « Pour cer­tains, la son­nette qui sert au test de­vient un jeu. S’ils ap­puient alors que je n’ai pas en­voyé de sti­mu­la­tion so­nore, je com­prends vite qu’ils ont dé­cro­ché ». Les ti­roirs qua­si Spé­cia­li­tés ORL, den­taire, oph­tal­mo­lo­gie, maxil­lo-fa­cial, sto­ma­to­lo­gie. Fré­quen­ta­tion Quatre à cinq en­fants hos­pi­ta­li­sés par jour, orien­tés par la pé­dia­trie ; une tren­taine par se­maine re­çue en ORL, une ving­taine en oph­tal­mo ; en den­taire, un bloc opé­ra­toire dé­vo­lu tous les 15 jours (dents de sa­gesse ou si­tua­tion de han­di­cap) et une di­zaine de consul­ta­tions par se­maine.

pleins à cra­quer de pe­tites ré­com­penses, les anec­dotes plus heu­reuses ne manquent pas non plus. « Vous n’avez pas idée du nombre d’en­fants qui se mettent un pe­tit mor­ceau de perle, un caillou ou de la pâte à mo­de­ler dans les na­rines ! ».

D’an­née en an­née, ils re­trouvent les pe­tits bouts qu’ils voient pour des contrôles ré­gu­liers. « On vieillit avec eux », re­prend Fa­ti­ha Brak­bi. Dans son es­pace d’exa­men, as­som­brie par les stores tou­jours bais­sés, quelques feuilles de pa­piers égayent les grands murs blancs. Au feutre, à cô­té d’un chat un peu dé­for­mé et d’une mai­son, l’écri­ture d’une jeune pa­tiente : « Merci, Dr Brak­bi ». « Vous voyez, on nous offre même plein de des­sins ! » ■

PHO­TO : CG

OPH­TAL­MO. Par­mi les ou­tils uti­li­sés pour apai­ser les in­quié­tudes, il y a les puzzles, les sty­los ani­maux, et Em­ma, le nou­nours rose, mas­cote du ser­vice.

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