La pré­ca­ri­té tou­jours à la hausse

Le Centre com­mu­nal d’ac­tion so­ciale en­re­gistre en­core une hausse de son ac­ti­vi­té

La Montagne (Brive) - - Tulle Vivre Sa Ville - Jean-louis Mer­cier jean-louis.mer­cier@cen­tre­france.com

Si re­prise éco­no­mique il y a, elle ne s’est pas fait sen­tir dans les chiffres 2015 du CCAS : plus de 300 per­sonnes sup­plé­men­taires ont de­man­dé son aide.

Sû­re­ment que dans un monde idéal, il fau­drait sou­hai­ter sa dis­pa­ri­tion, comme celle des Res­tos du coeur. Mais l’idéal semble s’éloi­gner tou­jours plus puisque l’ac­ti­vi­té du Centre com­mu­nal d’ac­tion so­ciale (CCAS) ne cesse de croître.

Le bi­lan, tel que pré­sen­té aux élus hier soir, montre que 300 per­sonnes sup­plé­men­taires l’ont ap­pe­lé à l’aide en 2015 : 1.131, contre 812 l’an­née pré­cé­dente. Et ce­la avec un bud­get re­la­ti­ve­ment stable de­puis trois ans mal­gré les sé­vères coupes su­bies par la ville en ma­tière de do­ta­tions d’etat.

Qui sont ses nou­veaux pu­blics ? « De plus en plus de re­trai­tés, note l’ad­jointe Syl­vie Ch­ris­tophe. Mais aus­si des femmes seules avec en­fant, des per­sonnes qui ar­rivent de l’ex­té­rieur et qui trouvent à Tulle cer­taines fa­ci­li­tés et des ta­rifs de loyers as­sez bas. » L’élue re­marque aus­si l’ar­ri­vée d’une nou­velle po­pu­la­tion, « des gens qui viennent du sud, de Montpellier par exemple, parce qu’ici il y a moins de pres­sion sur les per­sonnes, et l’on trouve plus fa­ci­le­ment du tra­vail ».

In­no­vant

Le CCAS tul­liste se montre in­no­vant dans le par­te­na­riat noué avec les as­so­cia­tions so­ciales, ce qui per­met d’ou­vrir le spectre des so­lu­tions pos­sibles, et de faire de la pré­ven­tion.

Mais Do­mi­nique Gra­dor a po­sé la ques­tion qui fâche : « peut­on me­su­rer ce que pèse la ges­tion ac­tuelle du RSA par le Dé­par­te­ment ? » Le­quel dé­par­te­ment, et sa nou­velle ma­jo­ri­té, ont dé­ci­dé de se mon­trer plus sour­cilleux avec les bé­né­fi­ciaires du RSA, en dé­bou­tant cer­tains de leur de­mande de re­ve­nu. « En dé­but d’an­née, cette me­sure a eu un fort im­pact, avec 80 si­tua­tions nou­velles, même si toutes ne sont pas for­cé­ment liées avec la per­cep­tion du RSA », re­con­naît Syl­vie Ch­ris­tophe.

« Ce qui est sûr, re­prend l’élue, c’est que c’est vers nous, et vers les as­so­cia­tions, que se re­tournent les gens. Nous sommes les pre­miers in­ter­lo­cu­teurs, et nous de­vons trou­ver des so­lu­tions ».

Na­tha­lie Thys­sier, pour l’op­po­si­tion, a tem­pé­ré l’ef­fet RSA en rap­pe­lant que « les per­sonnes dé­bou­tées du RSA ne sont pas ex­clues du sys­tème bru­ta­le­ment. Il y a des pro­cé­dures, des dé­marches, des convo­ca­tions, des vi­sites d’as­sis­tantes so­cia­ les… »

Tout un pro­ces­sus que Do­mi­nique Gra­dor juge, au fi­nal, un peu bru­tal car « avant, au moins, nous avions une ges­tion par­te­na­riale de ces pro­blèmes avec le Dé­par­te­ment. On es­sayait de trou­ver des so­lu­tions. Ça n’existe plus ». Et les per­sonnes dé­bou­tées de leurs droits « doivent être ac­com­pa­gnées beau­coup plus que les autres » in­siste Syl­vie Ch­ris­tophe.

Au­tant dire qu’à ce rythme, le CCAS a en­core de (beaux ?) jours de­vant lui. ■

D’ILLUS­TRA­TION FLO­RIAN SALESSE PHO­TO

DIF­FI­CUL­TÉS. La pré­ca­ri­té a pro­gres­sé entre 2014 et 2015, si l’on se fie aux sta­tis­tiques du CCAS de Tulle.

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