Dans la tem­pête po­li­tique

Les di­ri­geants du La­bour et des To­ries for­te­ment contes­tés

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

« Un car­nage », « une ca­tas­trophe » : le par­ti tra­vailliste était au bord de l’im­plo­sion hier au Royaume-uni. Les conser­va­teurs pré­parent, eux, la suc­ces­sion de Da­vid Ca­me­ron.

Fra­gi­li­sé à l’ex­trême, le lea­der du La­bour, Je­re­my Cor­byn, a su­bi hier l’af­front d’une mo­tion de dé­fiance (172 voix pour, 40 contre) après avoir per­du le sou­tien des deux tiers de sa garde rap­pro­chée. Les re­belles l’ac­cusent de ne pas avoir dé­fen­du avec suf­fi­sam­ment d’ar­deur la cause d’un main­tien de la Gran­deB­re­tagne dans l’union. Ils es­timent qu’avec lui le La­bour n’a au­cune chance de re­con­qué­rir un jour le pou­voir.

Cor­byn re­fuse obs­ti­né­ment de cé­der à ce « coup d’état de cou­loir » et a d’ores et dé­jà an­non­cé qu’il se re­pré­sen­te­rait en cas de nou­velle élec­tion à la tête du par­ti. Il se targue du sou­tien des mi­li­tants, dont près de 10.000 ont ma­ni­fes­té en sa fa­veur de­vant le par­le­ment et qui pour­raient en dé­fi­ni­tive sau­ver sa tête.

Pour être re­ce­vable, la mo­tion de dé­fiance re­ quiert le vote né­ga­tif de seule­ment 20 % des dé­pu­tés, ce qui pa­raît ac­quis vu la dé­fiance de l’ap­pa­reil du par­ti en­vers Cor­byn. Mais elle doit être va­li­dée en­suite par l’en­semble des membres du La­bour, au­près des­quels il reste très po­pu­laire.

« Ne lais­sez pas les mé­dias et ceux qui nous veulent du mal nous di­vi­ser », a lan­cé « ca­ma­rade Cor­byn » à la foule qui bran­dis­sait des af­fiches di­sant : « No Jexit ! ».

L’état­ma­jor du par­ti a, lui, de­man­dé lun­di soir à Je­re­my Cor­byn de « faire un geste ho­no­rable » pour mettre fin à une am­biance dé­lé­tère.

Le chaos au La­bour fait presque ou­blier que le par­ti conser­va­teur est lui aus­si plon­gé dans une des plus grandes crises de son his­toire.

« Tou­jours en vie ! »

Le Pre­mier mi­nistre, Da­vid Ca­me­ron, a an­non­cé sa dé­mis­sion et son lieu­te­nant, le mi­nistre des Fi­nances George Os­borne, a dé­cla­ré sans sur­prise qu’il n’al­lait pas pos­tu­ler pour sa suc­ces­sion. Ca­me­ron et Os­borne étaient les prin­ci­paux avo­cats d’un main­tien dans L’UE et es­timent qu’il re­vient à un autre qu’eux d’être le Pre­mier mi­nistre qui né­go­cie­ra avec Bruxelles la sor­tie de L’UE.

Le nou­veau chef des To­ries doit être in­ves­ti d’ici le 9 sep­tembre au plus tard. Tous les re­gards sont bra­qués sur Bo­ris John­son, le chef de file de « Vote Leave ». Mais le Times dé­signe un autre fa­vo­ri, la mi­nistre de l’in­té­rieur, Theresa May, 59 ans.

Eu­ros­cep­tique no­toire, elle avait créé la sur­prise en an­non­çant son ral­lie­ment au main­tien dans L’UE. Mais elle s’est aus­si bien gar­dée de faire cam­pagne en pre­mière ligne. Elle re­pré­sente un com­pro­mis par­fait pour ré­con­ci­lier un par­ti dé­chi­ré.

Jus­qu’ici, seul le mi­nistre du Tra­vail, Ste­phen Crabb, a of­fi­ciel­le­ment an­non­cé qu’il pos­tu­lait.

La reine Eli­za­beth II, qui « règne mais ne gou­verne pas », n’a pas en­core of­fi­ciel­le­ment com­men­té le ré­sul­tat du ré­fé­ren­dum. « En tout cas, je suis tou­jours en vie, ha ! », a­t­elle dit lun­di soir au vice­pre­mier mi­nistre d’ul­ster lors de sa pre­mière ap­pa­ri­tion pu­blique de­puis le Brexit. ■

AFP

DI­VI­SION. La gauche ra­di­cale au sein du La­bour sou­tient son lea­der Je­re­my Cor­byn lâ­ché par les dé­pu­tés du La­bour.

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